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Lieu de mémoire et lieu d'absence : le premier pèlerinage

OPINION
21/08/2000
Le premier pèlerinage est le pèlerinage à la tombe vide, disent les spécialistes de l’histoire de l’Église. «Le premier jour de la semaine» après le sabbat, Marie-Madeleine et les autres femmes qui suivaient Jésus se rendent à la tombe pour embaumer le corps de Jésus. Ils constatent qu’elle est vide. Ce fait fondateur définit une fois pour toutes le sens de tous les pèlerinages. «Pourquoi chercher, parmi les morts, celui qui est vivant ?» s’entendent dire les femmes, de la part d’anges veillant à l’entrée du tombeau. Ainsi, tout lieu de pèlerinage est à la fois lieu de mémoire et lieu d’absence. La première visite à la tombe est l’archétype de toutes les visites qui suivront, tout au long des siècles. On fait toujours route vers un lieu vide. C’est la foi qui supplée à l’absence. À côté du pèlerinage du dehors, il y a le pèlerinage du dedans, celui qu’on fait dans son cœur, et par lequel on visite en pensée celui dont les lieux rappellent à la fois la présence et l’absence. C’est lui qui donne son sens au pèlerinage extérieur. C’est à cette condition que le lieu du pèlerinage devient lieu de théophanie et de grâce, rencontre entre l’homme et le Dieu vivant. À cette condition que, comme Marie-Madeleine pleurant devant la tombe vide, l’homme peut entendre Dieu l’appeler par son prénom. «Qu’êtes-vous venus chercher ?», a demandé le pape aux jeunes, place Saint-Pierre, au premier jour de la rencontre. «Il ne peut y avoir qu’une réponse : vous êtes venus chercher Jésus-Christ. Mais c’est Jésus-Christ qui, le premier, vient vous chercher», a-t-il répondu. Le christianisme n’est pas un ensemble de belles causes, pas même celui de la justice ou de l’environnement, auxquels les jeunes sont sensibles. Le christianisme, c’est la cause du sens, la cause de l’existence d’un sens ou de son absence. Le christianisme est une question de vie ou de mort. Le Liban peut être à des lieues de ces Journées mondiales de la jeunesse, plongé dans un dilemme qu’il n’est pas en mesure de résoudre. Mais ce que les JMJ font pour le Liban apparaîtra tôt ou tard. Ce qu’ils font, c’est produire une jeunesse malléable, capable de repenser les clivages sociaux, politiques, confessionnels, capable même de revoir la manière dont tout un peuple s’exprime. On a tendance à croire que les JMJ s’adressent aux jeunes Occidentaux, troupeau sans pasteur décimé par les loups. Mais par anticipation, les JMJ sont aussi pour l’Orient. Le tour de l’Église d’Orient de douter, d’être contestée, remise en question viendra. Il est là. Un jour, les JMJ auront pour l’Orient la réponse à la question qui vient à sa rencontre comme la foudre.

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