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Actualités - Chronologie

Allemagne UMTS : les enchères commencent à s'enflammer

Les enchères allemandes pour l’octroi des licences UMTS commencent à approcher les sommes folles atteintes en Grande-Bretagne, suscitant des inquiétudes quant à la rentabilité à terme de ces sésames du téléphone portable du 21e siècle. Hier en milieu de journée, le montant total de la vente atteignait 27,034 milliards d’euros, soit plus de deux fois et demie ce qu’attendait au départ le gouvernement allemand. Le niveau vertigineux atteint en avril au Royaume-Uni – 38,5 milliards d’euros, une somme jugée alors largement excessive par les professionnels du secteur – semble désormais à portée des sept candidats en lice depuis le 31 juillet à Mayence (ouest) dans une ancienne caserne américaine reconvertie. L’heure de vérité a en tout cas sonné pour les firmes qui se disputent âprement une place sur le marché de la téléphonie mobile du futur car les montants progressent à une vitesse exponentielle. La règle veut en effet que les surenchères dépassent d’au moins 10 % la mise précédente. L’organisateur de la vente, le président de l’autorité de régulation des télécoms, Klaus-Dieter Scheurle a estimé hier que la «phase finale» s’approchait, même si l’issue ne lui semblait pas imminente. La plupart des analystes tablent sur une clôture en début ou milieu de la semaine prochaine. De jour en jour, les rumeurs sur un abandon des candidats jugés financièrement les moins solides, Debitel (Swisscom) et le consortium 3G (Sonera/Telefonica) ne cessent d’enfler. Mais les intéressés, pour l’heure, refusent de jeter l’éponge. «Je pense qu’on en a pas encore fini», souligne un analyste d’une grande banque à Londres, sous couvert de l’anonymat. «Selon nos calculs effectués après les enchères britanniques, on pourrait aller jusqu’à 12 milliards d’euros pour une licence à trois blocs de fréquence et 8 milliards d’euros pour une licence à deux blocs», soit une cagnotte d’environ 50 milliards d’euros, dit-il. «J’espère qu’on n’en arrivera pas là», ajoute-t-il. L’investissement pourrait en effet s’avérer très difficile à rentabiliser pour les vainqueurs. Selon certains analystes, une vingtaine d’années pourraient leur être nécessaire pour rentrer dans leurs frais. «Le problème c’est qu’on ne sait pas encore très bien comment les UMTS seront utilisés, quels produits seront disponibles», ajoute Petra Heist de HypoVereinsbank. La fièvre des licences UMTS en Europe a déjà poussé à la baisse les cours des groupes télécoms ces derniers mois, en raison de la facture attendue. Fait notable, le titre Deutsche Telekom s’est subitement redressé cette semaine lorsque le géant allemand s’est retiré de la course en Italie, les investisseurs saluant ainsi les économies qui seront réalisées. Même si les contours du marché restent flous, l’essentiel reste néanmoins pour les géants du secteur d’être présents dans un maximum de pays. La technologie UMTS promet en effet de propulser pour de bon le téléphone mobile dans l’univers de l’Internet et du multimédia avec, à la clé, une explosion escomptée de son utilisation. Les experts prévoient qu’une grande partie du commerce électronique se fera sur ces terminaux, qui offriront un accès rapide à la «toile» et d’autres services multimédia comme la visioconférence. Dans cette perspective, Deutsche Telekom a étoffé son trésor de guerre en lançant en juin le plus grand emprunt obligataire de l’histoire (14,6 milliards de dollars). Et selon l’édition d’hier du quotidien Sueddeutsche Zeitung, France Télécom et British Telecom s’apprêtent à le suivre dans cette voie en levant jusqu’à 18 milliards d’euros à eux deux.
Les enchères allemandes pour l’octroi des licences UMTS commencent à approcher les sommes folles atteintes en Grande-Bretagne, suscitant des inquiétudes quant à la rentabilité à terme de ces sésames du téléphone portable du 21e siècle. Hier en milieu de journée, le montant total de la vente atteignait 27,034 milliards d’euros, soit plus de deux fois et demie ce qu’attendait au départ le gouvernement allemand. Le niveau vertigineux atteint en avril au Royaume-Uni – 38,5 milliards d’euros, une somme jugée alors largement excessive par les professionnels du secteur – semble désormais à portée des sept candidats en lice depuis le 31 juillet à Mayence (ouest) dans une ancienne caserne américaine reconvertie. L’heure de vérité a en tout cas sonné pour les firmes qui se disputent âprement une place sur le...