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Actualités - Chronologie

La glace rompue, après un demi-siècle, grâce à l'Asean

La Corée du Nord a rompu cette semaine à Bangkok un demi-siècle de glaciation diplomatique, grâce à l’initiative de ses voisins du Sud-Est asiatique (Asean), mais sans rien dire de ses intentions. «Les pays qui avaient des relations gelées avec la Corée du Nord sont venus ici ensemble et ils ont brisé le rideau de glace», s’est réjoui le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surin Pitsuwan, l’hôte des réunions annuelles entre l’Asean et ses partenaires de dialogue. Condamné il y a peu aux oubliettes, comme une «organisation crépusculaire», l’Asean a permis à l’État nord-coréen de faire ses grands débuts diplomatiques en l’accueillant jeudi dans son Forum régional (FRA). Le FRA est un forum fourre-tout, relativement obscur, mais qui a le mérite d’être le seul sur la sécurité dans la région Asie-Pacifique. Ironiquement, l’Association des nations du Sud-Est asiatique est à son origine, en 1967, en pleine guerre du Vietnam, une alliance anticommuniste. Aujourd’hui, elle compte deux des derniers régimes communistes de la planète : le Vietnam et le Laos. Au nom de la présidence européenne, le ministre français délégué à la Coopération, Charles Josselin, a estimé que «le mouvement (du dégel) a commencé». «Je ne préjuge pas de sa rapidité mais je le crois irréversible», a-t-il dit. Lors de la première rencontre ministérielle entre la France et la Corée du Nord, à Bangkok, M. Josselin a évoqué les droits de l’homme : «Le ministre nord-coréen a fait observer que son pays offrait des droits à la santé, à l’éducation, aux vacances». Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères poursuivait hier dimanche ses contacts diplomatiques régionaux au Cambodge, un pays ami en raison des liens passés entre le roi Norodom Sihanouk et le maréchal Kim Il-Sung. Paradoxalement, l’Asean – par laquelle Pyongyang intègre la communauté internationale – est elle-même en danger de marginalisation diplomatique et économique si «elle ne regagne pas le terrain perdu» depuis la crise de 1997, a averti un des ministres. De fait, l’Asean est une association disparate, surtout à but commercial, qui allie des démocraties (la Thaïlande et les Philippines) et des régimes plus ou moins autocratiques. L’Asean regroupe la Birmanie, Brunei, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam et depuis l’an dernier le Cambodge, soit les dix pays de la région désormais au complet.
La Corée du Nord a rompu cette semaine à Bangkok un demi-siècle de glaciation diplomatique, grâce à l’initiative de ses voisins du Sud-Est asiatique (Asean), mais sans rien dire de ses intentions. «Les pays qui avaient des relations gelées avec la Corée du Nord sont venus ici ensemble et ils ont brisé le rideau de glace», s’est réjoui le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surin Pitsuwan, l’hôte des réunions annuelles entre l’Asean et ses partenaires de dialogue. Condamné il y a peu aux oubliettes, comme une «organisation crépusculaire», l’Asean a permis à l’État nord-coréen de faire ses grands débuts diplomatiques en l’accueillant jeudi dans son Forum régional (FRA). Le FRA est un forum fourre-tout, relativement obscur, mais qui a le mérite d’être le seul sur la sécurité dans la...