Encore une autre semaine pour rien sur le marché des changes de Beyrouth qui a été marqué par un calme plat en l’absence d’initiatives à l’achat et à la vente de devises en dehors des besoins courants des agents financiers. L’attente fébrile de l’élimination des violations israéliennes de la frontière internationale avec le Liban et les craintes liées à cette situation semblent expliquer la réticence des opérateurs pour les placements en actifs libanais à un moment où le différentiel des taux d’intérêt reste en faveur de la livre. De ce fait, l’offre en dollar continuait de ralentir pendant que sa demande se limitait toujours aux besoins commerciaux de la clientèle. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a continué de proposer le billet à 1 501,00 LL à l’achat et à 1 514,00 LL à la vente, est venue le maintenir régulièrement tous les jours, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà dix mois. Mais, compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande, les établissements de crédit parvenaient le plus souvent à trouver de contreparties valables à la vente du dollar en dehors de la BDL, à des cours supérieurs à son taux indicatif et légèrement inférieurs au haut de sa fourchette d’intervention. Il s’est, en effet, finalement négocié dans une marge étroite comprise entre 1 512,00 et 1 513,00 LL contre 1 508,75 et 1 509,25 LL, à la fin de la semaine dernière, en légère hausse de 0,23 % en moyenne, soit l’équivalent du taux de dépréciation de la livre libanaise d’une huitaine à l’autre. Mais eu égard au climat d’expectative régnant sur le marché et de la réticence des opérateurs à l’offre comme à la demande en devises étrangères, l’activité s’est encore contractée pour ne pas dépasser sur toute la semaine quelque 30 millions de dollars, entièrement négociés par les banques de la place à l’achat et à la vente sans aucune intervention de la BDL. Accès de faiblesse du yen À l’étranger, le yen a souffert cette semaine des interrogations du marché concernant la santé économique du Japon tandis que le billet vert regagnait des couleurs, alors que le ralentissement de l’économie aux États-Unis n’est pas encore très net. Attendu avec impatience par les marchés, le rapport «Tankan» sur le climat des affaires au Japon n’a pas été aussi bon que prévu. Même si cette enquête trimestrielle de la Banque du Japon, publiée mardi dernier, a souligné une nette amélioration de la confiance des patrons des grandes entreprises, le moral des patrons des petites et moyennes entreprises est nettement moins rose. De quoi effacer dès le début de la semaine les espoirs des investisseurs concernant une remonté des taux d’intérêt au Japon ou l’abandon de la politique de taux zéro. Le marché jouait également la prudence hier, à la veille de la réunion aujourd’hui à Fukuoka (sud du Japon) des ministres des Finances et des gouverneurs de Banques centrales du groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) où les partenaires du Japon lui redemanderont d’assurer une croissance durable de son économie et de ne pas toucher à sa politique de taux zéro. Dans ces conditions, rares ont été les opérateurs qui tablaient sur un changement de la politique monétaire au Japon le 17 juillet lors du prochain comité de politique monétaire de la Banque du Japon. La devise nippone, affaiblie, a du coup repassé dès mercredi la barre de 107 yens pour un dollar qui a frôlé hier le seuil des 108,00 yens. Le billet vert, lui, a été en meilleur forme, profitant d’interprétations diverses sur le ralentissement de l’économie américaine et des bonnes performances des marchés boursiers. Et ce malgré une diminution plus importante que prévue du nombre de création d’emplois aux États-Unis (11 000 emplois créés en juin au lieu des 263 000 généralement attendus par les analystes contre 171 000 en mai, consécutivement à la diminution du taux de chômage à 4,00 % de la population active contre 4,1 % pendant la même période). Dans ce contexte, l’euro a eu du mal à capter l’attention du marché, d’autant qu’il évoluait dans des marges étroites autour de 0,95 dollar et que les analystes estiment qu’il devrait continuer à jouer au yo-yo tout le mois de juillet car il n’a pas réussi à briser cette semaine le seuil de 0,96 dollar. Par ailleurs, ni la monnaie unique ni la livre sterling n’ont réellement été affectées par les décisions simultanées de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre d’opter la veille pour un statu quo monétaire. Une décision qui avait été largement anticipée par les marchés. La BCE a laissé inchangés ses principaux taux d’intérêt, à l’issue de son conseil des gouverneurs, avec un taux de refinancement (le REFI) à 4,25 %. Cette décision était largement attendue par les économistes, qui font valoir que la BCE a fortement relevé ses taux (d’un demi-point en pourcentage) lors de sa dernière réunion, le 8 juin dernier, et ne devrait pas faire de nouveau mouvement avant septembre prochain. Il en est de même pour la Banque d’Angleterre qui a conservé son principal taux d’intérêt à 6 % pour le cinquième mois consécutif. Un choix sans surprise pour les analystes en raison des signes de ralentissement de l’économie britannique au mois de juin. Toutefois, cela ne signifie pas que le cycle de hausse des taux soit terminé au Royaume-Uni. Le moindre signe d’affaiblissement de la livre sterling ou de relance des pressions inflationnistes dans les mois à venir pourrait inciter l’institut d’émission britannique à remonter ses taux. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est parvenu à regagner davantage du terrain face au yen et à recouvrer une bonne partie de ses pertes contre l’euro et les monnaies qui lui sont attachées, se négociant à la fin de cette semaine à New York comme suit : – 0,9470 pour un euro contre 0,9530, à la fin de la semaine dernière – 1,5125 pour un sterling contre 1,5145 – 2,0655 DM contre 2,0525 – 6,9270 FF contre 6,8830 – 1,6285 FS contre 1,6340 – 2 044,65 lires contre 2 031,75 – 107,90 yens contre 106,15. Les Bourses revigorées par la pause des taux et les chiffres du chômage américain Sur les places boursières internationales, Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq ont connu une semaine faste avec une hausse de leurs principaux indices dans un climat plus rassurant au sujet de la maîtrise de l’inflation. Les marchés financiers ont ainsi profité de la publication hier d’un rapport sur l’emploi aux États-Unis qui ne change pas la perception des analystes sur un ralentissement de l’économie américaine qui devrait encourager la Réserve fédérale (Fed) à prolonger sa pause dans le processus de relèvement de ses taux directeurs. À cet égard, les investisseurs ont été fort impressionnés par une économie qui n’a pas pu créer le mois dernier que 11 000 emplois nets seulement malgré la baisse du taux de chômage à 4 % en juin contre 4,1 % le mois précédent. Toutefois, ces chiffres doivent être appréhendés en fonction de la fin de contrat de travail pour 190 000 salariés chargés par le gouvernement de procéder aux opérations de recensement national. Sans la prise en compte de ces 190 000 personnes, les créations nettes d’emplois auraient été de 206 000 en juin. En outre, le salaire horaire a augmenté en juin comme prévu de 0,4 % à 13,71 dollars, rassurant les investisseurs sur l’absence des tensions inflationnistes. Ce rapport sur l’emploi et les salaires concorde donc avec une modération de l’économie, laissant penser que la Fed va observer une pause lors de la réunion de son comité de politique monétaire le 22 août prochain. Cela d’autant que d’ici là, les indicateurs économiques attendus resteront bénins. Dans cette perspective, l’indice Nasdaq est parvenu à franchir le seuil des 4 000 points, pendant que le Dow Jones des 30 vedettes industrielles renouaient lui aussi avec la hausse, affichant en préclôture hier 10 651,40 points contre 10 447,89 points à la fin de la semaine dernière (+1,95 %) dans un marché généralement soutenu. De leur côté, les Bourses européennes ont été satisfaites aussi bien de la pause des taux dans la zone euro et au Royaume-Uni que du reflux des craintes sur les taux américains après les chiffres de l’emploi aux États-Unis. Des rachats de valeurs de la haute technologie et des télécommunications sont venus donc redonner beaucoup de couleurs aux marchés européens qui ont largement gagné du terrain à la veille du week-end. En effet, l’indice Footsie de la Bourse de Londres a progressé de 2,93 % à 6 497,50 points à la fin de cette semaine contre 6 312,70 points à la fin de la semaine dernière, de même que l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui s’est adjugé 1,85 % à 6 565,97 points contre 6 446,54 points et l’Extra Dax de la Bourse de Francfort qui a pris 2,23 % à 7 052,22 points contre 6 898,21 points. Pour ce qui est de la Bourse de Tokyo, les investisseurs n’ont guère été rassurés par le «Tankan», l’indice Nikkei devant abandonner 0,28 % à 17 398,24 points hier, contre 17 447,89 points à la fin de la semaine dernière. Tout cela s’est produit des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique dans des échanges limités durant toute cette semaine, en raison de la fermeture mardi des marchés américains pour l’Independance Day qui a privé les autres grandes Bourses de leur boussole habituelle, ainsi que du début des vacances estivales.
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