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Actualités - Chronologie

Une organisation tentatculaire qui défie les forces de sécurité

Minutieusement organisée et aguerrie par trois décennies de «lutte armée», l’ETA, qui mène ces dernières semaines une des plus dures offensives de son histoire, est un perpétuel défi pour la police. Son arsenal disséminé dans des caches en France et en Espagne, ses réseaux internationaux et son organisation très cloisonnée pour limiter les dégâts en cas d’arrestation font que l’organisation séparatiste basque est particulièrement difficile à combattre. Elle s’est, de fait, toujours relevée des coups parfois très sévères que lui ont infligés les polices espagnole et française. Depuis sa première grande action armée, le spectaculaire attentat à la bombe en plein Madrid, qui avait coûté la vie le 20 décembre 1973 à l’amiral Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement du dictateur Francisco Franco, l’ETA a intensifié sa lutte armée après le rétablissement de la démocratie en Espagne, affinant sans cesse ses méthodes et ses structures internes. Selon les forces de sécurité, sa direction est tricéphale et comporte un chef militaire, habituellement considéré comme le numéro un de l’organisation, un chef politique et un chef logistique. Chacun de ces chefs chapeaute une organisation pyramidale, dans laquelle chaque militant en sait le moins possible sur les activités et les identités des autres. Les militants se répartissent en deux catégories : les «légaux», non fichés par la police et menant une activité clandestine en marge de leurs activités normales, et les «illégaux» ou «liberados», repérés par la police pour des attentats antérieurs et astreints à une vie totalement clandestine. Le sud-ouest de la France a longtemps constitué une base arrière pour les commandos de l’ETA, qui s’y repliaient quasi impunément lorsque la pression policière devenait trop forte pour eux en Espagne. L’intensification de la coopération antiterroriste franco-espagnole à partir du milieu des années 80 a mis fin à l’existence du «sanctuaire français». Mais l’ETA possède toujours des réseaux d’appui dans le sud-ouest de la France et en Bretagne où elle a commis en septembre 1999 un important vol d’explosifs avec l’aide d’indépendantistes locaux. Selon les forces de sécurité, l’ETA compterait actuellement un noyau dur de 200 activistes, appuyés par une importante organisation logistique (caches d’explosifs, voleurs de voitures, faussaires...) en France et en Espagne, et un réseau d’informateurs. Adoptant un comportement trompeur, parfois déguisés, les membres des commandos armés de l’ETA sont difficilement repérables. Les militants qui louent des appartements pour se constituer une base dans les villes où ils comptent frapper «payent rubis sur l’ongle, signent rapidement le contrat, ne discutent jamais les prix, sont discrets et mènent une vie apparemment normale», reconnaissait récemment le directeur de la police, Juan Cotino. Les forces de sécurité ont néanmoins réussi à infiltrer l’ETA avec succès à plusieurs reprises ces dernières années. Selon la presse, une «taupe» des services secrets militaires aurait ainsi réussi à devenir en 1998 le chauffeur particulier du numéro deux de l’ETA Mikel Albizu, alias «Antza», avant d’être démasqué et de devoir s’enfuir. L’an dernier, c’est un agent infiltré par la police depuis plusieurs années, qui avait été à l’origine du démantèlement du «commando Donosti» de l’ETA à Saint-Sébastien. Cet agent, une jeune femme, a été placé sous haute protection depuis qu’un magazine indépendantiste basque a publié sa photo.
Minutieusement organisée et aguerrie par trois décennies de «lutte armée», l’ETA, qui mène ces dernières semaines une des plus dures offensives de son histoire, est un perpétuel défi pour la police. Son arsenal disséminé dans des caches en France et en Espagne, ses réseaux internationaux et son organisation très cloisonnée pour limiter les dégâts en cas d’arrestation font que l’organisation séparatiste basque est particulièrement difficile à combattre. Elle s’est, de fait, toujours relevée des coups parfois très sévères que lui ont infligés les polices espagnole et française. Depuis sa première grande action armée, le spectaculaire attentat à la bombe en plein Madrid, qui avait coûté la vie le 20 décembre 1973 à l’amiral Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement du dictateur Francisco Franco,...