Les Palestiniens ont déploré hier le peu de soutien arabe et musulman aux négociateurs palestiniens à Camp David, alors que les médias arabes ont pressé leurs dirigeants de se mobiliser derrière Yasser Arafat pour sauver Jérusalem. Le monde arabe s’est cantonné jusqu’à présent dans un rôle de spectateur des négociations menées depuis 14 jours par M. Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak, sous l’égide du président Bill Clinton. Pourtant, les questions négociées à Camp David telles que le statut de la Ville sainte de Jérusalem et le sort de quelque 3,5 millions de réfugiés palestiniens ne peuvent laisser les dirigeants arabes indifférents. «Si les Palestiniens avaient faibli dans la défense de Jérusalem, ils auraient été attaqués de toutes parts. Mais alors que Yasser Arafat se dresse avec force pour défendre Jérusalem et les réfugiés, seules quelques voix faibles se sont élevées pour le soutenir», a déploré le président du Conseil national palestinien (CNP - Parlement en exil), Salim Zaanoun. «Il est regrettable que nous soyons seuls», a-t-il ajouté dans une déclaration à la presse, estimant que parmi les pays arabes et musulmans «seules l’Égypte et l’Arabie séoudite constituent une exception». Dans un télégramme de vœux adressé à l’occasion du 48e anniversaire de la révolution égyptienne, M. Arafat a appelé le président Hosni Moubarak à le soutenir face aux «positions intransigeantes et sclérosées du gouvernement d’Israël». «Nous nous tournons vers vous et vers l’Égypte pour appuyer nos positions dans les négociations», a-t-il ajouté. Auparavant, M. Moubarak a effectué une brève visite en Arabie séoudite où il a évoqué avec le roi Fahd les moyens de soutenir les Palestiniens. «Les deux parties ont déclaré leur soutien absolu aux Palestiniens dans leur détermination (à recouvrer) leur souveraineté totale sur Jérusalem-Est, sa vieille ville qui regroupe la mosquée d’al-Aqsa, la mosquée d’Omar et l’église de la Nativité, et d’autres lieux saints islamiques et chrétiens», a rapporté hier le quotidien gouvernemental égyptien al Ahram, citant des sources proches des entretiens. Mais au-delà des déclarations de principe, rien de concret n’a été entrepris. La presse du Golfe déplore cet état de fait, soulignant que les Arabes doivent aussi se réunir d’urgence et définir à leur tour leurs «lignes rouges». Les pays arabes doivent «entreprendre une action urgente, de préférence un sommet au complet, avec une seule question à l’ordre du jour “sauver Jérusalem des griffes de l’occupation”» israélienne, a écrit le quotidien al-Khaleej des Émirats arabes unis. «Faute d’un sommet, les chefs de diplomatie des pays arabes et islamiques doivent se réunir pour définir des “lignes rouges” que personne ne doit transgresser afin de soutenir les négociateurs palestiniens», a poursuivi le journal. Le journal qatariote al-Raya a déploré de son côté que les dirigeants arabes «attendent en spectateurs la fin du sommet de Camp David alors que Jérusalem est au cœur du conflit arabo-sioniste». Le quotidien gouvernemental syrien Techrine a relevé que «la situation est grave dans les territoires occupés où des idées circulent pour mettre fin au conflit israélo-arabe et indemniser les déplacés et réfugiés palestiniens, d’où la nécessité d’une position arabe unifiée». Le journal Jordanien al-Rai a affirmé de son côté en une que «Jérusalem doit rester au-dessus des clivages politiques et personnels» entre les dirigeants arabes et a appelé à soutenir les négociateurs palestiniens. Le Fateh, principale composante de l’OLP, dirigé par M. Arafat, a appelé les Palestiniens à observer une grève générale mercredi et à manifester pour demander aux négociateurs de Camp David de ne pas céder notamment sur Jérusalem. «La délégation palestinienne à Camp David est soumise à d’importantes pressions pour faire des concessions sur Jérusalem. C’est pour cette raison que nous menons ces actions afin de leur apporter notre soutien», a déclaré Marwan Bargouthi, un haut responsable du Fateh.
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