Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

"Ritbat al-Ghiyab", d'Antoine Doueihy

On avait déjà repéré sa voix grave et tendre depuis l’avant-dernier de ses écrits et qui s’intitulait avec infiniment de poésie (donnant d’emblée le ton de la narration) Hadikat al-fajer (le jardin de l’aurore) – Édition Dar an-Nahar. Aujourd’hui, Antoine Doueihy – puisque c’est de lui qu’il s’agit – récidive son «exploit» littéraire en publiant, toujours à Dar an-Nahar, Ritbat al-Ghiyab – 143 pages – qui pourrait se traduire librement par de l’indicible absence… Une plume inspirée qui se confie en douceur au lecteur et – qui sait ? – peut-être au narrateur même... Confidence teintée d’une grande mélancolie avec parfois les marques indélébiles des couleurs de l’enfance où sont abordés les thèmes majeurs d’une vie. À l’écoute de soi et des autres, l’auteur restitue par bribes le puzzle et l’énigme d’une vie et tente de reproduire les cheminements secrets et parfois inexplicables des battements d’un cœur… L’amour bien entendu, mais aussi les reflets de la mémoire, la lumière des souvenirs, la tristesse des chagrins que rien ne saurait consoler, le sens d’une existence souvent vouée à «effleurer» l’essence des choses et des êtres. Tout cela, Antoine Doueihy le dit sur un ton au lyrisme maîtrisé et avec un romantisme presque vaporeux. Plaisir de décrire la nature et ses émerveillements, le murmure des arbres, la chaleur des cafés, le chant des rivières, la nostalgie des lieux fréquentés, mais aussi plaisir de brosser de beaux portraits de femmes tels celui de Laura et, plus émouvant encore mais concis, celui de Rosa. Moments intenses et fugaces, émotions vives mais continues, nostalgie lancinante mais vécue sur un tempo de méditation et d’analyse introspective, voilà les propos de cet ouvrage qui oscille entre les aveux discrets et la quête des instants que rien n’endigue. Contemplation lucide d’une vie qui fuit et, qu’en vain, tente de retenir cette plume qui crisse sur le papier avec ses images éblouissantes et éblouies, avec cette musicalité des mots qui s’égrènent comme le chapelet des jours que rien ne ramène… Pas même la force d’une mémoire qui garde tout, comme l’œil vigilant d’une caméra amoureuse de l’objet qu’elle traque. Livre secret et récit pudique où la langue arabe est d’une grande clarté dans son élégante et sereine formulation chatiée et pure. Une prose qui se savoure tel un somptueux poème longuement mûri.
On avait déjà repéré sa voix grave et tendre depuis l’avant-dernier de ses écrits et qui s’intitulait avec infiniment de poésie (donnant d’emblée le ton de la narration) Hadikat al-fajer (le jardin de l’aurore) – Édition Dar an-Nahar. Aujourd’hui, Antoine Doueihy – puisque c’est de lui qu’il s’agit – récidive son «exploit» littéraire en publiant, toujours à Dar an-Nahar, Ritbat al-Ghiyab – 143 pages – qui pourrait se traduire librement par de l’indicible absence… Une plume inspirée qui se confie en douceur au lecteur et – qui sait ? – peut-être au narrateur même... Confidence teintée d’une grande mélancolie avec parfois les marques indélébiles des couleurs de l’enfance où sont abordés les thèmes majeurs d’une vie. À l’écoute de soi et des autres, l’auteur restitue par...