Le gouvernement de New Delhi, arguant de l’unité et de l’intégrité du pays, a rejeté hier un projet d’autonomie pour le Cachemire, État du nord de l’Inde à majorité musulmane où se poursuit une rébellion séparatiste. «Si nous l’avions accepté, cela aurait mis en branle certaines choses qui n’auraient pas été bonnes pour l’unité nationale», a déclaré à la presse le ministre indien de l’Intérieur, L.K. Advani, ajoutant que le projet ne serait donc pas présenté au Parlement. Ce projet avait été adopté le 26 juin par l’Assemblée législative de l’État du Jammu et du Cachemire sous la forme d’une résolution sur l’autonomie. Elle prévoyait une large autonomie du Cachemire indien, sauf dans les domaines des finances, de la défense et des communications. Elle était soutenue par la Conférence nationale de M. Farooq Abdullah, parti majoritaire au Cachemire indien, qui dispose des deux tiers des sièges à l’Assemblée législative locale. «Toutes les composantes (du gouvernement de coalition de New Delhi) ont été unanimes dans leur rejet de la résolution», a dit M. Advani, à l’issue d’une réunion spéciale du cabinet indien sur le sujet. Le projet aurait «bouleversé le processus naturel d’harmonisation des aspirations de la population cachemirie avec l’intégrité de la nation», précise une déclaration officielle. M. Abdullah, chef du gouvernement local cachemiri, avait été reçu par le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee juste avant la réunion du Cabinet, qui aura duré deux heures. Le parti nationaliste hindou BJP – duquel sont issus MM. Vajpayee et Advani – était totalement opposé au projet, comme l’étaient les communautés hindoue et bouddhiste du Cachemire, qui y voyaient une première étape vers la sécession. Le parti de M. Abdullah estime que l’autonomie est le seul moyen de régler le conflit du Cachemire, qui a fait plus de 25 000 morts depuis 1989. L’Inde accuse régulièrement le Pakistan d’alimenter la guérilla séparatiste musulmane. Les deux pays se sont affrontés à plusieurs reprises depuis la partition de l’Inde, en 1947, en liaison avec le Cachemire. Lundi, M. Abdullah avait affirmé qu’il poursuivrait sa campagne pour l’autonomie. Cela «ne sera pas fini», même si le gouvernement central de New Delhi rejette le projet, avait-il déclaré. Selon certains opposants au projet d’autonomie, le parti de M. Abdullah tentait d’obtenir de New Delhi des fonds pour le développement du Cachemire, alors que d’autres jugeaient qu’il s’agissait d’un moyen de torpiller d’éventuelles négociations entre le gouvernement indien et les partis séparatistes cachemiris. La Conférence de la liberté, qui regroupe une vingtaine de partis séparatistes, estimait que le projet d’autonomie n’allait pas assez loin en vue de satisfaire les aspirations des Cachemiris à l’autodétermination. Dans la partie du Cachemire contrôlée par le Pakistan, des groupes militants musulmans avaient fait part de leur opposition totale au projet dès le 26 juin, affirmant vouloir poursuivre leur «guerre sainte jusqu’au bout» contre New Delhi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement de New Delhi, arguant de l’unité et de l’intégrité du pays, a rejeté hier un projet d’autonomie pour le Cachemire, État du nord de l’Inde à majorité musulmane où se poursuit une rébellion séparatiste. «Si nous l’avions accepté, cela aurait mis en branle certaines choses qui n’auraient pas été bonnes pour l’unité nationale», a déclaré à la presse le ministre indien de l’Intérieur, L.K. Advani, ajoutant que le projet ne serait donc pas présenté au Parlement. Ce projet avait été adopté le 26 juin par l’Assemblée législative de l’État du Jammu et du Cachemire sous la forme d’une résolution sur l’autonomie. Elle prévoyait une large autonomie du Cachemire indien, sauf dans les domaines des finances, de la défense et des communications. Elle était soutenue par la...