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Actualités - Chronologie

Espionnage La France enquête sur les grandes oreilles d'Echelon

Soupçonné de faire de l’espionnage économique, le système Echelon d’interception des communications, exploité par les États-Unis au niveau mondial, est au centre d’une enquête menée par la justice française. Le parquet de Paris a ouvert fin mai une enquête préliminaire sur Echelon et l’a confiée à la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), a indiqué hier une source judiciaire. Comme l’indique le journal français Le Figaro, l’ouverture de cette enquête par le parquet de Paris fait suite à un courrier adressé par le député européen Thierry Jean-Pierre, qui dénonce ces interceptions de communications, au procureur de Paris. Dans sa réponse au parlementaire, le procureur estime que les faits dénoncés peuvent «comporter les qualifications d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et d’atteinte au secret des correspondances émises par voie de communication». Ce n’est qu’à l’issue de l’enquête préliminaire, et au vu des éléments recueillis, qu’une information judiciaire pourrait être ouverte et un juge chargé de l’instruction. Ce programme, qui permet d’intercepter les transmissions militaires et civiles des appels téléphoniques, télécopies ou courrier électronique envoyés via satellite, câbles sous-marins ou Internet, suscite de plus en plus d’inquiétudes. Ainsi, fin février, la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement français, avait décidé la création d’une mission d’information parlementaire sur les «systèmes de surveillance et d’interception électronique pouvant mettre en cause la sécurité nationale», principalement Echelon. Mercredi à Strasbourg, les députés du Parlement européen doivent en outre se prononcer sur l’éventuelle création d’une commission d’enquête sur ce vaste système mondial. Echelon avait déjà été mis en cause en septembre 1998 par le Parlement européen qui lui reprochait de violer «le caractère privé des communications de non-Américains, dont des gouvernements, des sociétés et des citoyens européens». Pour l’eurodéputé français Thierry Jean-Pierre (droite) «il est indispensable que l’Europe ait un contrôle sur le système. Il va falloir qu’il y ait un débat au niveau européen, avec nos amis britanniques qui abritent le centre européen d’écoutes», a-t-il déclaré hier. «Il y a deux solutions. Ou Echelon disparaît, ou il est contrôlé par la communauté internationale. Il peut servir pour combattre le terrorisme ou le crime organisé. Mais il doit y avoir un contrôle international pour ne pas qu’il y ait d’espionnage politique ou économique», a-t-il insisté. «Aujourd’hui, il est évident que le système a servi pour espionner des firmes européennes, dont françaises, et a fait perdre des marchés. Ce n’est pas admissible», a indiqué le député européen et ancien juge d’instruction. Le 23 février, la ministre française de la Justice Élisabeth Guigou avait indiqué que les entreprises françaises avaient été autorisées en 1999 à coder leurs informations sensibles, car le réseau Echelon avait été «détourné à des fins d’espionnage économique».
Soupçonné de faire de l’espionnage économique, le système Echelon d’interception des communications, exploité par les États-Unis au niveau mondial, est au centre d’une enquête menée par la justice française. Le parquet de Paris a ouvert fin mai une enquête préliminaire sur Echelon et l’a confiée à la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), a indiqué hier une source judiciaire. Comme l’indique le journal français Le Figaro, l’ouverture de cette enquête par le parquet de Paris fait suite à un courrier adressé par le député européen Thierry Jean-Pierre, qui dénonce ces interceptions de communications, au procureur de Paris. Dans sa réponse au parlementaire, le procureur estime que les faits dénoncés peuvent «comporter les qualifications d’atteinte aux intérêts...