La grand-messe de la politique américaine Comme tous les quatre ans, les deux grands partis américains vont désigner leur candidat à la présidence des États-Unis lors d’une convention nationale, dans un rituel vieux de plus d’un siècle et demi mais adapté aux exigences de la télévision et aujourd’hui de l’Internet. En dépit de profonds changements, les conventions républicaine et démocrate ont conservé les mêmes fonctions essentielles : désigner le «ticket» du parti (les candidats à la présidence et à la vice-présidence), adopter un programme politique et rassembler les militants du parti autour de leur leader. Les républicains sont les premiers à se réunir, du 31 juillet au 3 août, à Philadelphie (nord-est), pour la sixième convention de cette ville, tandis que les démocrates se retrouvent du 14 au 17 août à Los Angeles, qui accueille une convention pour la première fois en 40 ans. Pour sa part, le petit parti de la Réforme a prévu sa convention nationale, également en Californie, à Long Beach, à partir du 10 août. Les Verts ont déjà investi leur candidat, Ralph Nader, le mois dernier à Denver (Colorado). Le Parti démocrate a tenu sa première convention en 1832 et le Parti républicain en 1856, deux ans après sa création. À l’époque, quelques centaines de délégués se réunissaient tranquillement dans une salle enfumée. Aujourd’hui, des milliers de délégués, ces représentants qui ont été élus lors des primaires et qui voteront pour les candidats, côtoient autant de journalistes et de lobbystes, sous le regard de millions de téléspectateurs. Le suspense a largement disparu des conventions. Jusqu’à une époque récente, il fallait attendre leur tenue pour connaître le nom du candidat à la Maison-Blanche. Les délégués le choisissaient à l’issue de longs débats et de multiples tours de scrutin, État par État. Mais depuis les années 60 et le système des élections primaires, la convention ne fait qu’entériner le choix déjà opéré par les militants. Les conventions peuvent produire des débats houleux, mais un tel spectacle de division se fait de plus en plus rare. Et le cru 2000 ne devrait pas déroger à la règle, ces conventions s’annonçant même très consensuelles. À défaut de réel enjeu, les conventions se sont ainsi transformées au fil des ans en de véritables «spectacles politiques», faisant appel à des personnalités de renom et organisant en marge toute une panoplie d’activités.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La grand-messe de la politique américaine Comme tous les quatre ans, les deux grands partis américains vont désigner leur candidat à la présidence des États-Unis lors d’une convention nationale, dans un rituel vieux de plus d’un siècle et demi mais adapté aux exigences de la télévision et aujourd’hui de l’Internet. En dépit de profonds changements, les conventions républicaine et démocrate ont conservé les mêmes fonctions essentielles : désigner le «ticket» du parti (les candidats à la présidence et à la vice-présidence), adopter un programme politique et rassembler les militants du parti autour de leur leader. Les républicains sont les premiers à se réunir, du 31 juillet au 3 août, à Philadelphie (nord-est), pour la sixième convention de cette ville, tandis que les démocrates se retrouvent du 14...