La junte gère la pénurie sans espoir d'amélioration
le 22 juillet 2000 à 00h00
Les caisses de l’État, que la junte au pouvoir en Côte d’Ivoire depuis décembre 1999 dit avoir trouvé «vides», ne se remplissent pas. Le contexte économique est morose, sans espoir d’amélioration avant la fin de la transition. Investissements quasi néants, rentrées fiscales et douanières en baisse, dette intérieure croissante, les finances de l’État ivoiriens sont au plus mal, indiquent des sources proches du gouvernement. «On gère la pénurie. Chaque mois, c’est un arbitrage difficile qui doit être fait entre le paiement des salaires et le remboursement des dettes extérieures», reconnaît un fonctionnaire des Finances. La Côte d’Ivoire a ainsi des difficultés à honorer ses échéances vis-à-vis de l’Agence française de développement (AFD). En mai, elle a pu payer l’échéance d’octobre 1999, soit environ 40,6 milliards de F CFA (406 millions de FF, 71 millions d’euros). Les décaissements des projets engagés ont pu se poursuivre. Cependant Abidjan a jusqu’au 31 août pour payer la seconde tranche de cette dette, à nouveau 40 milliards de F CFA. À défaut de paiement, l’AFD suspendra les financements en cours portant sur quelque 100 milliards de F CFA. À ces tensions de trésorerie s’ajoute la promesse faite par le général Robert Gueï, numéro un de la junte, aux soldats, après la mutinerie des 4 et 5 juillet, de payer à chacun d’entre eux 1 million de F CFA. «On ne sait toujours pas comment on va les payer et qui exactement va bénéficier de cette prime», indique une source au ministère des Finances, précisant que la facture totale pourrait être supérieure à 20 milliards de F CFA. Dans ses arbitrages, la dette intérieure, très élevée avant le coup d’État du 24 décembre dernier, n’est pas une priorité du gouvernement. La Fédération nationale des industries et services de Côte d’Ivoire (FNISCI), qui regroupe quelque 300 entreprises, estime que l’État doit à ses membres quelque 500 milliards de F CFA. Une enquête diligentée en mars par la FNISCI révélait que 74 % des chefs d’entreprises étaient «pessimistes». «Dans le bâtiment et les travaux publics, la baisse de l’activité est de 60 %, elle est de 25 % dans l’assurance et de près de 50 % dans le tourisme», indiquait mi-juillet le secrétariat général de cette fédération. «Nous nous inquiétons également de la sécurité des biens et des personnes», ajoute cette source.
Les caisses de l’État, que la junte au pouvoir en Côte d’Ivoire depuis décembre 1999 dit avoir trouvé «vides», ne se remplissent pas. Le contexte économique est morose, sans espoir d’amélioration avant la fin de la transition. Investissements quasi néants, rentrées fiscales et douanières en baisse, dette intérieure croissante, les finances de l’État ivoiriens sont au plus mal, indiquent des sources proches du gouvernement. «On gère la pénurie. Chaque mois, c’est un arbitrage difficile qui doit être fait entre le paiement des salaires et le remboursement des dettes extérieures», reconnaît un fonctionnaire des Finances. La Côte d’Ivoire a ainsi des difficultés à honorer ses échéances vis-à-vis de l’Agence française de développement (AFD). En mai, elle a pu payer l’échéance d’octobre 1999,...
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