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Actualités - Chronologie

Evolution Une iranienne, prix spécial du jury de Cannes (photo)

La nouvelle femme iranienne existe et elle s’est révélée à Cannes, au cours du récent Festival 2000. Samira Makhmalbaf a obtenu le prix spécial du jury pour son film Tableau Noir. «Nous sommes une dizaine de réalisatrices faisant partie de cette génération d’hommes et de femmes qui créent dans divers domaines. Depuis les élections émerge une vague de jeunes qui osent maintenant s’exprimer...». Samira Makhmalbaf n’est pas une cinéaste débutante. Avant Tableau Noir, inspiré d’un fait divers, elle avait réalisé La Pomme, en 1998, où deux fillettes se trouvaient séquestrées par leur père dans un quartier pauvre de Téhéran. Présentée dans une cinquantaine de festivals internationaux, l’œuvre avait frôlé la Caméra d’Or et reçu une critique dithyrambique d’une presse très avare d’éloges. À présent, Le tableau noir vient confirmer l’incontestable talent de cette jeune réalisatrice iranienne. Fille du cinéaste Mohsen Makhmalbaf, Samira n’opte pas pour la facilité. Cette seconde expérience relate l’aventure de deux instituteurs partis à la recherche d’élèves dans les régions montagneuses du Kurdistan, leur tableau noir sur le dos. Interprétée par des acteurs non professionnels, recrutés sur place, à l’exception d’une jeune comédienne, l’intrigue se déroule durant la guerre Iran-Irak dans une ville frontalière dont les alentours étaient encore parsemés de mines. Le tournage, dans des conditions extraordinairement difficiles, a duré trois mois. Au milieu de vieux Kurdes-Irakiens, réfugiés en Iran, des enfants contrebandiers, des gens rêvant revenir un jour mourir sur leur terre, Samira réussit à garder un regard lucide. «J’ai essayé de rester objective», commente-t-elle aujourd’hui. La question à poser devait laisser le spectateur libre de trouver lui-même la réponse... Pour elle-même, c’est le profond fossé qui sépare les jeunes des plus âgés... Dans un pays comme l’Iran où la moitié de la population a moins de vingt ans, le problème est crucial... La presse européenne ne tarit pas d’éloges à son égard. Figaro Madame lui a consacré un long article, relatant le parcours de cette réalisatrice dont «le style est un mélange de poésie à la lisière du réel et du rêve» (n° 824). Le jour de l’attribution du prix, Samira a été seule face à la presse. «C’est formidable pour le cinéma iranien, dira-t-elle, mais un prix, ce n’est qu’un moment. Une œuvre reste à bâtir. Mon père m’aide, mais il respecte mes choix». De l’humour, de la curiosité, de l’assurance... Samira Makhmalbaf annonce-t-elle l’avènement d’une nouvelle femme iranienne ?
La nouvelle femme iranienne existe et elle s’est révélée à Cannes, au cours du récent Festival 2000. Samira Makhmalbaf a obtenu le prix spécial du jury pour son film Tableau Noir. «Nous sommes une dizaine de réalisatrices faisant partie de cette génération d’hommes et de femmes qui créent dans divers domaines. Depuis les élections émerge une vague de jeunes qui osent maintenant s’exprimer...». Samira Makhmalbaf n’est pas une cinéaste débutante. Avant Tableau Noir, inspiré d’un fait divers, elle avait réalisé La Pomme, en 1998, où deux fillettes se trouvaient séquestrées par leur père dans un quartier pauvre de Téhéran. Présentée dans une cinquantaine de festivals internationaux, l’œuvre avait frôlé la Caméra d’Or et reçu une critique dithyrambique d’une presse très avare d’éloges. À...