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Actualités - Chronologie

Zimbabwé Pressions accrues sur les fermiers, la réforme agraire va s'accélérer

Les fermiers blancs du Zimbabwe subissent des pressions accrues d’anciens combattants qui les poussent à quitter leurs terres au moment où le nouveau ministre de l’Agriculture s’est engagé lundi à accélérer la réforme agraire. Le gouvernement avait annoncé que la redistribution des terres avait commencé. Le soir même, le président Robert Mugabe rendait publique la composition de son gouvernement marqué par l’entrée de dix nouveaux venus et de technocrates. Lundi, les «vétérans» de la guerre d’indépendance, qui ont mené depuis février le mouvement d’occupation de plus de 1 600 fermes de blancs, ont accru les pressions et mesures d’intimidation contre les fermiers. Un fermier blanc, Alan Jack, a annoncé que sa maison à Guruve, dans le nord du Zimbabwe, était encerclée depuis hier matin par une douzaine d’anciens combattants. Ces derniers lui avaient donné samedi 24 heures pour abandonner sa plantation de tabac. M. Jack a refusé de céder à l’ultimatum. «Je me suis barricadé dans ma maison», a-t-il dit au téléphone. Alan McCormick, autre fermier de Guruve qui a quitté sa ferme temporairement, a déclaré à Harare «qu’il avait été candidat (aux législatives) du Mouvement pour le changement démocratique (MDC - opposition) à Guruve-Nord et qu’il y avait des vengeances en cours» dans la région. M. Jack avait activement soutenu la campagne électorale de ce candidat, avait alors constaté les journalistes. Une responsable du syndicat des fermiers blancs (CFU) a déclaré sous couvert de l’anonymat que 50 fermiers blancs avaient reçu l’ordre d’anciens combattants de quitter leurs fermes depuis les élections des 24 et 25 juin. Aucun des fermiers n’a accepté de partir. Entre-temps, le nouveau ministre zimbabwéen des Terres et de l’Agriculture, Joseph Made, s’est engagé lundi à accélérer la réforme agraire. «Nous devons avancer avec rapidité et régler le problème du déséquilibre agraire une bonne fois pour toutes». Quelque 4 500 fermiers blancs possèdent 70 % des meilleures terres du Zimbabwe. Le vice-président Joseph Msika avait annoncé le début samedi de la redistribution avec 200 premières fermes identifiées. Il avait précisé que les anciens combattants devaient quitter les fermes non expropriables pour être réinstallés dans celles inscrites sur la liste des 804 propriétés à redistribuer. Mais leur chef, Chenjerai Hitler Hunzvi, a annoncé leur refus de quitter les fermes occupées, défiant le vice-président Msika. «La prochaine étape sera de vérifier la liste des propriétés (à redistribuer) ainsi que celles des bénéficiaires», a annoncé M. Made. Le nouveau ministre, qui dirige l’Autorité du développement agricole et rural, organisme gouvernemental chargé de développer les techniques agricoles sur les terres étatiques, est l’un des technocrates entrés au gouvernement. Les analystes font preuve de prudence. L’économiste John Robertson déclare qu’il faudra voir si les ministres pourront agir sans interférence. «Il faut qu’on leur permette de faire leur travail et d’avoir l’autorité pour exercer leur jugement», a-t-il dit. L’historienne Diana Mitchell s’est félicitée de la nomination de M. Simba Makoni comme nouveau ministre des Finances. «C’est un homme de qualité, a-t-elle estimé. Les qualités intrinsèques de son caractère ont prévalu». La nomination de l’ancien banquier Nkosana Moyo à l’Industrie et au Commerce international constitue «la meilleure nouvelle de la liste, à condition qu’il soit aussi bon qu’il en a l’air», a ajouté Mme Mitchell. L’historienne estime cependant que les membres du gouvernement «sont collectivement responsables de la destruction du pays».
Les fermiers blancs du Zimbabwe subissent des pressions accrues d’anciens combattants qui les poussent à quitter leurs terres au moment où le nouveau ministre de l’Agriculture s’est engagé lundi à accélérer la réforme agraire. Le gouvernement avait annoncé que la redistribution des terres avait commencé. Le soir même, le président Robert Mugabe rendait publique la composition de son gouvernement marqué par l’entrée de dix nouveaux venus et de technocrates. Lundi, les «vétérans» de la guerre d’indépendance, qui ont mené depuis février le mouvement d’occupation de plus de 1 600 fermes de blancs, ont accru les pressions et mesures d’intimidation contre les fermiers. Un fermier blanc, Alan Jack, a annoncé que sa maison à Guruve, dans le nord du Zimbabwe, était encerclée depuis hier matin par une douzaine...