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Actualités - Chronologie

La crise pèse sur l'économie et le moral de l'Afrique australe

La tension agraire et politique au Zimbabwe qui a affaibli le rand sud-africain, inquiété les investisseurs, fait craindre une contagion en Afrique du Sud et en Namibie pèse depuis trois mois sur l’économie et le moral de l’Afrique australe. Et quelle que soit l’issue des élections ou des occupations de fermes, elle a d’ores et déjà relancé le débat sur la redistribution des terres dans la région, rappelant la profonde inégalité qui voit, en Afrique du Sud par exemple, la minorité blanche (12 %) détenir 80 % des terres arables. Les économistes s’accordent à dire que l’incertitude au Zimbabwe, deuxième puissance économique d’Afrique australe et premier partenaire de Pretoria, a joué un rôle certain, au même titre que des facteurs extérieurs comme la force du dollar, dans la baisse record du rand, tombé en mai à 7,20 pour un dollar, même s’il s’est depuis redressé. «Au début de la crise, il y a eu une réaction épidermique qui a renforcé l’afro-pessimisme latent existant déjà dans la psychologie du milieu d’affaires sud-africain et des investisseurs étrangers», reconnaît Kevin Wakeford, président de la Chambre de commerce sud-africaine. Et en dépit d’un impact encore difficile à chiffrer, «la confiance de l’étranger dans la région a été entamée, car les investisseurs étrangers considèrent l’Afrique normalement comme une seule entité», souligne l’économiste Magan Mistry. Une étude auprès d’un millier d’exportateurs sud-africains, publiée par un institut économique indépendant au Cap, a révélé que 46% ont vu leurs exportations vers le Zimbabwe se réduire depuis le début des troubles. Plus de 50 % entendent revoir leurs investissements à la baisse en Afrique du Sud, même sur le court et moyen terme, à la fois en raison d’incertitudes sur les recettes, et plus globalement sur une éventuelle contagion. «Le rétablissement du droit est très important pour le Zimbabwe et pour la région», a lancé la semaine dernière le secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, rencontrant à Pretoria des ministres d’Afrique australe. Faute de quoi, le monde «pourrait avoir l’impression que ce qui s’est passé dans un pays pourrait se produire dans un autre», a-t-il prévenu. Les chefs d’État voisins, le sud-africain Thabo Mbeki en tête, ont insisté qu’un scénario zimbabwéen d’occupation de fermes ne pourrait se reproduire ailleurs, et en tout état de cause n’y serait pas toléré. «Ce n’est pas un problème, ce n’est pas un enjeu», a assuré le président Mbeki. M. Mbeki a aussi sans doute rassuré en partie marchés et dirigeants étrangers sur ce point, lors de ses récentes tournées américaine et européennes. Mais la question de la réforme agraire a irrévocablement pris le devant de la scène chez les voisins du Zimbabwe. Elle a poussé la Namibie à accélérer le lancement d’un fonds de compensations pour fermiers blancs dont les terres seront rachetées sur base d’une «juste compensation». À Pretoria, le gouvernement a dû reconnaître la «lenteur» de sa réforme agraire, qui a vu 2 % à peine des terres privées et publiques redistribuées depuis le démarrage du processus en 1998-99. Et vient d’annoncer que l’objectif initial de 15 % de terres de l’État, destinées à 70 000 fermiers noirs sans terres, sera porté à 30%. Enfin, dans une Afrique du Sud aux relations raciales encore convalescentes, la crise au Zimbabwe n’a aidé en rien, exacerbant les peurs d’une fraction de la minorité blanche et attisant l’impatience de groupuscules ou partis africanistes. Sans compter l’exploitation sans relâche, par le premier parti d’opposition à l’électorat majoritairement blanc, le Parti démocrate (DP), du cas zimbabwéen pour illustrer les dangers d’un parti dominant. «ANC sans opposition = Zimbabwe» clament ses affiches.
La tension agraire et politique au Zimbabwe qui a affaibli le rand sud-africain, inquiété les investisseurs, fait craindre une contagion en Afrique du Sud et en Namibie pèse depuis trois mois sur l’économie et le moral de l’Afrique australe. Et quelle que soit l’issue des élections ou des occupations de fermes, elle a d’ores et déjà relancé le débat sur la redistribution des terres dans la région, rappelant la profonde inégalité qui voit, en Afrique du Sud par exemple, la minorité blanche (12 %) détenir 80 % des terres arables. Les économistes s’accordent à dire que l’incertitude au Zimbabwe, deuxième puissance économique d’Afrique australe et premier partenaire de Pretoria, a joué un rôle certain, au même titre que des facteurs extérieurs comme la force du dollar, dans la baisse record du rand, tombé...