Impopulaire et gaffeur, le Premier ministre japonais Yoshiro Mori apparaît, avant les élections législatives de dimanche, comme un «boulet» pour son propre camp, qui recherche déjà un successeur. Avant même que les 101 millions d’électeurs nippons ne s’expriment, M. Mori semble un leader en sursis. Ce passionné de rugby mène avec vigueur campagne aux quatre coins du Japon mais, en coulisse, le Parti libéral démocrate (PLD) qu’il préside spécule sur sa mise à l’écart. M. Mori, 62 ans dont plus de trente de politique, n’a pas connu d’état de grâce depuis sa soudaine arrivée au pouvoir, le 5 avril, alors que son prédécesseur Keizo Obuchi était tombé dans un coma irréversible. Plus agressive qu’à l’accoutumée, la presse l’a rapidement pris en grippe, dénonçant le manque de transparence du processus de sa nomination avant de traquer ses dérapages verbaux. Ses «gaffes» sont ainsi devenues l’un des axes de la campagne de l’opposition, pour qui elles démontrent que «M. Mori n’a pas les capacités pour diriger le pays», selon Yukio Hatoyama, le président du Parti démocratique et son principal adversaire. M. Mori a provoqué un tollé en déclarant, le 15 mai, que le Japon était «le pays des dieux, dont l’empereur est le centre». Ces propos, pour lesquels il s’est ensuite excusé, ont été perçus comme une remise en cause du principe de la séparation de la religion et de l’État officialisé après la Seconde Guerre mondiale pour éviter un retour de l’idéologie impérialiste des années 30. Cette déclaration n’a pas surpris les experts. Car, M. Mori, considéré comme un conservateur méfiant face aux réformes, «tend à exprimer les valeurs de base des communautés rurales, qui restent très ancrées» dans la culture nippone, souligne Fujio Ikado, professeur à l’université Tsukuba. L’impression de désordre créée par la polémique a aussitôt provoqué un brusque effondrement de son taux de popularité, tombé à moins de 20 % début juin contre le double un mois plus tôt. Cette chute tombait mal pour le PLD et ses deux alliés – le Komeito et le Parti conservateur – qui avaient décidé d’appeler à des élections législatives anticipées pour bénéficier, entre autre, de l’effet de sympathie provoqué par le décès de M. Obuchi. En dépit de M. Mori, le camp majoritaire pourrait toutefois réussir son pari, bénéficiant notamment de l’incapacité chronique des partis d’opposition à présenter une alternative viable. Les derniers sondages donnent en effet une majorité au PLD, qui a fixé un objectif minimal de 254 sièges (sur 480) pour la coalition contre 336 (sur 500) dans l’Assemblée sortante. Si le résultat s’avérait plus serré encore, M. Mori serait poussé vers la sortie dans les jours suivants, à moins qu’il ne survive quelques semaines afin de présider le sommet des pays du G8 que le Japon accueille fin juillet sur l’île d’Okinawa. Les noms les plus cités pour lui succéder sont ceux de MM. Kono, 63 ans, qui serait le candidat de la continuité, Hashimoto, 62 ans, qui reviendrait ainsi au premier plan après avoir démissionné en 1998 après un revers de la majorité aux élections sénatoriales, ou l’outsider Koichi Kato, considéré comme l’homme fort de l’aile réformatrice au sein du PLD.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Impopulaire et gaffeur, le Premier ministre japonais Yoshiro Mori apparaît, avant les élections législatives de dimanche, comme un «boulet» pour son propre camp, qui recherche déjà un successeur. Avant même que les 101 millions d’électeurs nippons ne s’expriment, M. Mori semble un leader en sursis. Ce passionné de rugby mène avec vigueur campagne aux quatre coins du Japon mais, en coulisse, le Parti libéral démocrate (PLD) qu’il préside spécule sur sa mise à l’écart. M. Mori, 62 ans dont plus de trente de politique, n’a pas connu d’état de grâce depuis sa soudaine arrivée au pouvoir, le 5 avril, alors que son prédécesseur Keizo Obuchi était tombé dans un coma irréversible. Plus agressive qu’à l’accoutumée, la presse l’a rapidement pris en grippe, dénonçant le manque de transparence du...