De très légères pressions ont été exercées sur la livre libanaise cette semaine, à Beyrouth, sur un marché des changes autrement calme et marqué aussi bien par la contraction de l’offre que par la demande du dollar. À cela auraient vraisemblablement contribué les incertitudes planant sur le pays depuis les tergiversations d’Israël pour éliminer ses violations de la frontière internationale avec le Liban. De fait, les craintes liées à ces développements ainsi qu’à l’installation par le Hezbollah d’une vingtaine de postes d’observation tout au long de la frontière avec Israël cette semaine semblent inciter les détenteurs de fonds à une prudente expectative. Il en a résulté, comme la semaine dernière, une réticence à l’offre du dollar dont la demande se limitait toujours aux besoins commerciaux quotidiens du marché. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois maintenir les fluctuations du dollar au sein de sa fourchette d’intervention, entre un plus bas à 1 501,00 LL et un plus haut à 1 514,00 LL, afin de préserver la stabilité monétaire dans le pays. Mais, compte tenu de la contraction de l’offre, le billet vert devait se négocier de lundi à vendredi à des cours nettement au-dessus du taux moyen indicatif fixé invariablement à 1 507,50 LL par la BDL, comme depuis le 9 septembre dernier, et tout près de son point supérieur d’intervention. Il a été, en effet, traité durant toute cette période dans une marge étroite comprise entre 1 513,00 et 1 514,00 LL, et parfois en dehors de la BDL, contre 1 512,00 et 1 513,00 LL à la fin de la semaine dernière. Pourtant, ce phénomène ne s’est guère accompagné d’activité, comme en témoignent les volumes d’affaires quotidiens assez minces, ne dépassant pas sur la semaine quelque 30 millions de dollars dont une partie a été vendue par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre partie placée à l’achat et à la vente par les banques de la place. Le billet vert a enfoncé l’euro sous le seuil de 0,94 dollar À l’étranger, le billet vert, en grande forme dans le sillage des performances boursières américaines et de nouvelles spéculations sur un resserrement des taux d’intérêt aux États-Unis, n’a guère laissé de chance à l’euro cette semaine qui se repliait sous le seuil de 0,94 dollar. Il était donc difficile de résister au billet vert cette semaine, après le retour en force de Wall Street et notamment des valeurs de la haute technologie sur le Nasdaq. Même si les opérateurs ont été partagés sur l’interprétation à donner aux derniers indicateurs économiques, avec une augmentation plus forte que prévu des ventes de détail de 0,5 % le mois dernier contre 0,3 % en mai, et une hausse de la production industrielle de 0,2 % après 0,5 % pendant la même période, montrant que la croissance américaine reste vive, un nouveau tour de vis n’a guère été certain. Cela d’autant qu’ils apprenaient que l’inflation au niveau des prix à la production a été maîtrisée le mois dernier, avec une baisse de 0,1 % de l’indice des prix de base, soit celui hors alimentation et énergie, contre une progression de 0,2 % en mai, malgré un bond de 0,6 % de cet indice dans son ensemble. Pourtant, les investisseurs ont été influencés par un rapport du Fonds monétaire international (FMI), estimant dans sa dernière analyse de la situation économique américaine qu’un resserrement supplémentaire de la politique monétaire aux États-Unis sera nécessaire pour assurer que l’inflation reste sous contrôle. Cela étant, les opérateurs ont néanmoins préféré attendre la publication des chiffres sur les prix à la consommation aux États-Unis en juin, devant paraître mardi prochain, et le discours du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, jeudi, devant le Sénat, avant de bouger. Quoi qu’il en soit, le billet vert a été aussi soutenu par des spéculations sur un accroissement des investissements européens aux États-Unis après le rachat du courtier américain PaineWebber par la troisième banque européenne UBS (Union de banques suisses). Les bonnes nouvelles pour le billet vert ont été donc de mauvaises nouvelles pour l’euro. Celui-ci est repassé ainsi sous le seuil de 0,94 dollar, pour la première fois depuis le début du mois, malgré les signes de bonne santé économique dans la zone euro et sans que les économistes ne trouvent de raisons fondamentales à sa faiblesse chronique. Certains analystes liaient toutefois ce repli au redressement du yen sur des déclarations de responsables japonais au sujet de l’abandon de la politique de taux zéro pratiquée depuis 17 mois par la Banque du Japon. Donc, après un début de semaine en forme, à la suite des déclarations du gouverneur de la Banque du Japon à Bâle selon lesquelles les conditions économiques sont suffisamment fortes au Japon pour adopter des taux d’intérêt plus élevés, le yen s’est par la suite replié. Le Premier ministre japonais, Yoshiro Mori, a pressé hier la Banque du Japon de maintenir sa politique monétaire du taux zéro pour éviter un nouveau choc financier après la faillite de la chaîne de grands magasins Sogo. En effet, les opérateurs, tablant sur un nouveau statu quo monétaire au japon après demain, se sont délestés rapidement du yen pour racheter du dollar aux dépens de l’euro et des autres monnaies européennes dont le franc suisse mais aussi le sterling. Ce dernier s’est affaibli, sans avoir réussi à profiter des chiffres sur l’inflation plus élevés que prévu le mois dernier. Alors que les opérateurs estiment qu’il est encore trop tôt pour pouvoir anticiper un nouveau resserrement monétaire de la Banque d’Angleterre, le sterling est revenu à moins de 1,50 dollar, permettant au billet vert d’achever hier la semaine en hausse face à toutes les autres grandes monnaies par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,9375 pour un euro contre 0,9485, vendredi dernier – 1,4980 pour un sterling contre 1,5140 – 2,0865 DM contre 2,0620 – 6,9970 FF contre 6,9165 – 1,6510 FS contre 1,6275 – 2 065,35 lires contre 2 041,60 – 107,95 yens contre 107,90. Une bonne semaine pour Wall Street et Francfort Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont été partagés cette semaine entre confiance et inquiétude. Ils ont été d’un côté soutenus par la publication de bons résultats trimestriels dans le secteur de la haute technologie ainsi que par des statistiques rassurantes sur l’indice de base des prix à la production, calmant les craintes inflationnistes. Mais d’un autre côté, ils se sont montrés sous pression en raison d’une hausse supérieure aux attentes des ventes de détail aux États-Unis en juin, entretenant le débat sur l’éventualité d’un nouveau relèvement des taux directeurs par la Fed, le 22 août prochain. C’est ainsi qu’après un départ très lent au début de la semaine, à la veille de l’Independance Day, mardi, jour férié aux États-Unis, les marchés américains ont retrouvé donc leur rythme de croisière dès mercredi avec la publication des résultats trimestriels de Yahoo, International Paper, Alcoa, Pepsico... Cela d’autant que les derniers chiffres sur les demandes d’allocations chômage pour la semaine se terminant le 7 juillet suggéraient en pointillés l’atterrissage en douceur tant espéré de l’économie américaine. À cet égard, les investisseurs ont été sensibilisés par l’augmentation de 27 000 dossiers d’allocations chômage, soit leur niveau le plus élevé depuis un an. Nombre d’investisseurs ont commencé à penser après ces chiffres et ceux sur les prix à la production en juin publiés hier, que la Fed a réussi à provoquer un ralentissement de la croissance et qu’elle devrait observer une pause, au moins durant l’été, dans ses hausses de taux directeurs. Mais, il n’en demeure pas moins que la plupart des analystes estimaient devoir attendre la publication des prix à la consommation mardi prochain, ce qui a eu pour effet de tempérer un peu les spéculations à la hausse des valeurs américaines à la fin de la semaine. En effet, le Nasdaq a continué de courir derrière son record du 10 mars sans parvenir à le frôler même après avoir franchi le seuil des 4 200 points. Quant à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, il est parvenu à franchir difficilement la barre des 10 800 points, affichant en préclôture hier 10 800,38 points contre 10 635,98 points à la fin de la semaine dernière, en hausse de 1,55 % d’une huitaine à l’autre. Pour ce qui est des Bourses européennes, leur tendance a été mitigée cette semaine avec le repli de l’indice Footsie de la Bourse de Londres de 0,33 % à 6 475,40 points à la fin de cette semaine contre 6 497,50 points à la fin de la semaine dernière, et la hausse de l’indice Dax de la Bourse de Francfort de 3,8 % à 7 318,38 points contre 7 052,22 points, pendant que le CAC 40 de la Bourse de Paris ne bougeait pas en affichant finalement 6 570,36 points contre 6 565,97 points durant la même période. Enfin, la Bourse de Tokyo a été la grande perdante de la semaine, l’indice Nikkei-225 ayant perdu 1,5 % à 17 142,90 points contre 17 398,24 points à la fin de la semaine dernière.
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