Le Congrès américain examine cette semaine une possible ouverture en direction de La Havane, y compris une levée partielle de l’embargo contre l’île, témoignant d’un regain d’intérêt pour Cuba. Le Sénat a rejeté mardi soir à une confortable majorité une proposition démocrate visant à créer une commission chargée d’évaluer les relations entre les États-Unis et Cuba, après 40 ans de guerre froide. Malgré cet échec, l’initiative traduit une volonté de changement de politique à l’égard de Cuba, ont estimé ses défenseurs. «Si nous pouvons le faire avec la Chine, si nous pouvons le faire avec d’autres pays à travers le monde, nous pouvons certainement le faire avec un pays à quelque 150 km de nos côtes», avait indiqué à la presse, juste avant le vote, le chef de la minorité démocrate, Thomas Daschle, en appelant en particulier à une levée partielle de l’embargo contre Cuba. Lors d’un débat mardi, partisans et adversaires d’une plus grande ouverture en direction de Cuba s’étaient opposés sur les effets de l’embargo économique, les premiers insistant sur son inefficacité, les seconds accusant le président cubain Fidel Castro d’être seul responsable de la détérioration économique dans son pays. «Nous avons une politique de deux poids deux mesures en ce qui concerne Cuba», a déclaré le sénateur démocrate du Connecticut, Christopher Dodd. «Un certain nombre d’autres pays représentent une menace bien plus sérieuse pour la sécurité nationale des États-Unis (...) et pourtant les sanctions contre Cuba sont parmi les plus sévères», a-t-il indiqué, en insistant sur le rapprochement opéré par Washington avec des pays communistes comme la Chine et la Corée du Nord. «La différence, a répliqué le sénateur républicain de Floride, Connie Mack, c’est qu’il n’y a aucune indication que Fidel Castro entend changer» de politique. La commission spéciale aurait été composée de douze représentants du secteur public et privé : six nommés par le Congrès et six par le président. Elle aurait eu pour mission d’évaluer d’ici le printemps prochain les relations à long terme entre Washington et La Havane en matière de sécurité nationale, de relations commerciales et de droits de l’homme. De son côté, la Chambre des représentants pourrait prochainement avaliser, et pour la première fois, une levée partielle de l’embargo économique américain imposé à Cuba depuis 1962 et renforcé par les lois dites Torricelli (1992) et Helms-Burton (1996). Après des semaines de blocage, les dirigeants républicains à la Chambre, opposés à la levée de l’embargo, ont engagé mardi des négociations avec le représentant républicain George Nethercutt, auteur d’un projet de loi excluant l’aide humanitaire des sanctions américaines contre Cuba, pour trouver un compromis, a-t-on appris auprès de son bureau. Des commissions de la Chambre des représentants et du Sénat ont déjà approuvé l’idée d’exclure l’aide humanitaire des sanctions contre certains pays comme Cuba, ce qui autoriserait par exemple la vente directe à La Havane de vivres et de médicaments.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Congrès américain examine cette semaine une possible ouverture en direction de La Havane, y compris une levée partielle de l’embargo contre l’île, témoignant d’un regain d’intérêt pour Cuba. Le Sénat a rejeté mardi soir à une confortable majorité une proposition démocrate visant à créer une commission chargée d’évaluer les relations entre les États-Unis et Cuba, après 40 ans de guerre froide. Malgré cet échec, l’initiative traduit une volonté de changement de politique à l’égard de Cuba, ont estimé ses défenseurs. «Si nous pouvons le faire avec la Chine, si nous pouvons le faire avec d’autres pays à travers le monde, nous pouvons certainement le faire avec un pays à quelque 150 km de nos côtes», avait indiqué à la presse, juste avant le vote, le chef de la minorité démocrate, Thomas...