Les mafias contrôlent le trafic entre le Maroc et l'Espagne
le 22 juin 2000 à 00h00
Entre quinze et vingt organisations mafieuses se partagent le trafic de l’immigration clandestine entre le nord du Maroc et le sud de l’Espagne, estime le sous-délégué du gouvernement à Cadix, Miguel Osuna, chargé de coordonner la chasse aux sans-papiers dans le sud de l’Andalousie. «Ce ne sont pas des grandes mafias, mais des petites organisations. Il peut y en avoir entre 15 et 20, chacune constituée de 10 à 15 personnes», a déclaré M. Osuna, spécialiste du gouvernement espagnol dans la répression de l’immigration clandestine pour le sud de la péninsule. Les mafias, explique-t-il, commencent à «capter des clients» à l’aide de rabatteurs, dans le nord du Maroc, à la fin de la saison agricole. Les jeunes ont alors suffisamment d’argent pour pouvoir payer les quelque 200 à 400 000 pesetas (1 200 à 2 400 euros) demandées pour le passage en Europe. D’autres intermédiaires interviennent ensuite pour les cacher, à Tanger ou dans d’autres villes du Maroc, dans l’attente des conditions les plus favorables pour effectuer la traversée du détroit de Gibraltar. Cette attente peut durer plusieurs semaines. Le pilote de l’embarcation à moteur, le «paterista», entre alors en scène pour assurer la phase la plus délicate: la traversée du détroit généralement par une nuit sans lune, pour déjouer la surveillance de la garde civile, et sans vent, pour éviter les naufrages. Une fois débarqués sur les côtes andalouses, entre Barbate et Algesiras, le plus souvent près de Tarifa, les sans-papiers sont pris en charge par un «comité d’accueil». Il organise la suite de leur voyage clandestin, généralement pour la France, l’Italie, la Belgique où le relais est pris par des Marocains qui jouissent d’un permis de résidence communautaire. Il faut compter entre 8 000 et 30 000 dirhams (800 et 3 000 euros) pour passer en Europe, explique Mustafa el-Hor, attaché social au consulat du Maroc d’Algésiras, qui détaille les divers «contrats» offerts. «Pour 30 000 dirhams, dit-il, on a un service complet qui permet d’aller jusqu’au pays de destination en Europe, l’Italie surtout». La destination Madrid ou Barcelone coûte autour de 20 000 dirhams. Enfin, «le service le plus simple» consiste à traverser juste le détroit: 8 000 dirhams au mieux. Il précise que 30 à 40 % des sans-papiers restent en Espagne car ils n’ont pas les moyens financiers d’aller plus loin. Leur âge se situe généralement entre 24 et 35 ans et 70 à 75 % d’entre eux proviennent du centre du Maroc (Beni Mellal) ou de l’est (Oujda) mais que 70% des embarquements se font à Ceuta, l’enclave espagnole sur la côte marocaine.
Entre quinze et vingt organisations mafieuses se partagent le trafic de l’immigration clandestine entre le nord du Maroc et le sud de l’Espagne, estime le sous-délégué du gouvernement à Cadix, Miguel Osuna, chargé de coordonner la chasse aux sans-papiers dans le sud de l’Andalousie. «Ce ne sont pas des grandes mafias, mais des petites organisations. Il peut y en avoir entre 15 et 20, chacune constituée de 10 à 15 personnes», a déclaré M. Osuna, spécialiste du gouvernement espagnol dans la répression de l’immigration clandestine pour le sud de la péninsule. Les mafias, explique-t-il, commencent à «capter des clients» à l’aide de rabatteurs, dans le nord du Maroc, à la fin de la saison agricole. Les jeunes ont alors suffisamment d’argent pour pouvoir payer les quelque 200 à 400 000 pesetas (1 200 à 2 400...
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