Japon L'économie, sujet principal de la campagne électorale
le 20 juin 2000 à 00h00
Le Japon connaîtra dimanche 25 juin ses premières élections générales depuis la crise asiatique, la déroute du système bancaire national, l’envolée de la dette et du chômage, autant de chocs qui ont ébranlé la deuxième économie mondiale mais restent quasiment absents de la campagne électorale. Le Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir a beau répéter sur tous les tons que la reprise est en vue, rien n’est moins sûr. L’économie n’a progressé que de 0,5 % sur l’exercice budgétaire 1999-2000 achevé en mars. Certes, c’est mieux que les deux années précédentes (-0,1 % en 1997-98 et -1,9 % en 1998-99), déprimées par la tourmente financière dans toute l’Asie et la débâcle du système bancaire national. Entre-temps, les quinze plus grandes banques nippones ont été sauvées in extremis fin 1998 par un plan de recapitalisation gouvernemental massif (7 500 mds yens). Et l’économie a commencé à s’internationaliser (alliance Nissan-Renault) et à se libéraliser avec l’arrivée de nouveaux acteurs dans la banque et la téléphonie. Mais ces ouvertures se font à reculons et la sortie de la récession est surtout à mettre au crédit des 40 000 milliards de yens (392 mds EUR, 380 mds USD) de fonds publics injectés ces deux dernières années, au prix d’un gonflement excessif de la dette. Celle-ci culminera à 645 000 milliards de yens et 132,9 % du PIB à la fin mars 2001. L’autre souci majeur des électeurs japonais est le chômage qui plafonne à ses plus hauts historiques (4,8 % en avril), en dépit d’un redémarrage de la production industrielle et des investissements des entreprises. Inquiets pour leur emploi, leurs retraites et le financement très coûteux des études de leurs enfants, ils épargnent plus qu’ils ne l’ont jamais fait et achètent peu, mis à part des téléphones portables et des technologies liées à l’Internet. Dans un contexte aussi maussade, le centre-droit majoritaire et l’opposition social-démocrate en campagne ne pouvaient pas ignorer ces problèmes mais se sont gardés de se lancer dans un débat approfondi. Au terme de la «décennie perdue» – les années de stagnation qui ont suivi l’explosion de la bulle spéculative au début des années 90 – les recettes des uns ou des autres ne semblent pas à la hauteur du défi. Le PLD se contente de proposer un cocktail déjà vu de relance par les grands chantiers (trains à grande vitesse, enterrement des fils électriques) et les aides aux petites et moyennes entreprises. Avec l’objectif d’atteindre 2 % de croissance dans deux ans. Dans le camp adverse, le Parti démocrate promet une cure d’austérité combinée à des mesures de relance, sans dire comment il compte s’y prendre. Après avoir laissé entendre qu’il voulait alourdir la fiscalité, son leader Yukio Hatoyama ne parle plus que d’élargir la base d’imposition en abaissant le seuil des exemptions. Et s’il affirme qu’il veut réduire les dépenses publiques, il souligne que cela doit se faire progressivement : 20 % sur cinq ans et 30 % sur 10 ans. Les plus idéalistes qui rêvaient d’une troisième période de réformes après l’ère Meiji (fin du 19e) et le boom de l’après-guerre en sont pour leurs frais : la campagne semble singulièrement dépourvue d’un projet mobilisateur capable d’épouser la révolution technologique en cours.
Le Japon connaîtra dimanche 25 juin ses premières élections générales depuis la crise asiatique, la déroute du système bancaire national, l’envolée de la dette et du chômage, autant de chocs qui ont ébranlé la deuxième économie mondiale mais restent quasiment absents de la campagne électorale. Le Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir a beau répéter sur tous les tons que la reprise est en vue, rien n’est moins sûr. L’économie n’a progressé que de 0,5 % sur l’exercice budgétaire 1999-2000 achevé en mars. Certes, c’est mieux que les deux années précédentes (-0,1 % en 1997-98 et -1,9 % en 1998-99), déprimées par la tourmente financière dans toute l’Asie et la débâcle du système bancaire national. Entre-temps, les quinze plus grandes banques nippones ont été sauvées in extremis fin 1998 par...
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