Le Premier ministre jordanien Ali Abou el-Ragheb, 53 ans, a formé un nouveau gouvernement que le roi Abdallah II a appelé à renforcer l’unité nationale et à accélérer les réformes économiques. Les 29 membres du nouveau gouvernement ont prêté serment devant le roi. Le souverain jordanien les a appelés à œuvrer à «maintenir l’unité nationale» et à «respecter le principe de l’égalité entre tous les citoyens quelle que soit leur origine». Dans une longue lettre rendue publique, le souverain a pressé le nouveau gouvernement de «renforcer la démocratie, la liberté d’expression et de la presse» et d’«œuvrer rapidement avec le Parlement pour l’adoption de lois économiques bénéfiques pour l’accroissement des investissements». Le tiers des membres du gouvernement sont d’origine palestinienne, dans ce qui est perçu comme une tentative de renforcer l’unité nationale entre Jordaniens de souche et Jordaniens d’origine palestinienne. Depuis 1988, date de la rupture des liens entre la Jordanie et la Cisjordanie, aucun gouvernement ne comptait un si grand nombre de Jordaniens d’origine palestinienne. Dans son message qui constitue le programme d’action du gouvernement, le roi a appelé à «moderniser l’administration» et «lutter contre toute forme de corruption, de népotisme et de négligence». Le nouveau Premier ministre devra en premier faire passer des lois économiques, actuellement soumises au Parlement. Il s’agit en particulier de la loi sur la taxe sur les ventes, demandée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), organisme au sein duquel la Jordanie a fait son entrée au début de l’année. La loi, très controversée, accroît le nombre des services et des produits concernés par cette taxe. Elle prévoit également une augmentation du taux de 13 % actuellement appliqué. En outre, M. Abou el-Ragheb, qui dirige une équipe ayant élaboré un projet visant à faire de la ville portuaire d’Akaba, seul débouché maritime sur le mer Rouge, une zone économique spéciale, devra œuvrer à faire passer une loi pour la création de cette zone. Dans son message, le souverain hachémite a par ailleurs incité le gouvernement à «renforcer les relations de la Jordanie avec les pays arabes» et souligné la «nécessité de lever l’embargo injuste qui frappe l’Irak afin de mettre un terme aux souffrances de ce pays». Le nouveau cabinet est plus important en nombre que les précédents gouvernements afin de rallier le maximum de tendances : libéraux, islamistes, gauchistes, technocrates et ceux de la vieille garde. Il est en outre largement perçu comme un gouvernement de transition, qui devra élaborer une nouvelle loi électorale et préparer les prochaines élections prévues au deuxième semestre 2001. À ce sujet le roi Abdallah II a demandé au gouvernement d’«élaborer une nouvelle loi électorale moderne». M. Abou el-Ragheb, ancien ministre et chef de la commission économique et financière à la Chambre des députés, est le deuxième Premier ministre sous le règne de Abdallah II, entamé en février 1999. Il détient aussi le portefeuille de la Défense. Il sera secondé par quatre vice-Premiers ministres. Une femme, Mme Tamam al-Ghoul a été nommée ministre du Développement social et dix membres du gouvernement sortant ont été maintenus, notamment les ministres des Affaires étrangères, des Finances, du Tourisme, du Travail et des Travaux publics. M. Mohamad Halayka, qui était ministre du Commerce et de l’Industrie dans le gouvernement sortant, a été promu au rang de vice-Premier ministre et ministre d’État pour les Affaires économiques, dans un développement de dernière minute. Les trois autres vice-Premiers ministres sont : Awad Khleifat (Intérieur), Saleh Rcheidat (Affaires du Conseil des ministres) et Farés Naboulsi (Justice). Deux nouveaux visages ont été inclus en dernière minute, il s’agit de Dayfallah Masaadeh (ministre d’État pour les Affaires juridiques) et Adel Chreideh (ministre d’État). Le gouvernement compte un nationaliste (Fares Naboulsi) et deux islamistes Abdel Rahim Akour et Mohamad Zouneibat. Né en 1946, le nouveau Premier ministre a fait des études de génie civil aux États-Unis (1967). Il a été ministre du Commerce et de l’Industrie de 1991 à 1997. Député de la ville d’Amman depuis 1993, il s’est vu confier en février par le roi Abdallah II le dossier de l’établissement d’une zone économique spéciale à Akaba à partir de 2001 pour attirer les investissements étrangers. M. Abou el-Ragheb est marié et père de cinq enfants.
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