Bill Clinton doit être moins «remuant» et garder la presse à distance s’il veut réussir le sommet de «Camp David II» comme son prédécesseur Jimmy Carter y était parvenu pour «Camp David I», estime un des négociateurs de 1978. Les styles respectifs des deux hommes peuvent constituer une des différences marquantes de ces deux négociations, malgré l’unité du cadre et la volonté de retrouver une atmosphère similaire, a souligné lundi l’ambassadeur Samuel Lewis, l’un des négociateurs de l’équipe Carter. Les négociations israélo-égyptiennes de 1978 «ont pris treize jours et treize nuits, et par deux fois nous avons été près d’échouer. Si Carter n’avait pas été aussi constant, tenace et si persuasif, cela n’aurait pas marché», a déclaré M. Lewis lors d’une conférence organisée par le Israel Policy Forum (IPF), un centre d’analyse américain. Durant tout ce temps, Carter est resté cloîtré avec l’Égyptien Anouar el-Sadate et l’Israélien Menahem Begin «et n’est jamais sorti de Camp David ne serait-ce qu’une minute», a souligné M. Lewis. «Dans le même temps une crise a éclaté en Iran. Carter l’a traitée depuis là-haut, au téléphone. Il n’a pas fait d’allers-retours. C’est en étant aussi discipliné qu’il a montré à Begin et Sadate qu’il était engagé à 100 % avec eux», a-t-il ajouté. Tout comme son prédécesseur, le président Clinton «est convaincant», et les deux hommes témoignent d’une «obsession» pour parvenir à un accord de paix, couronnement de leurs présidences respectives. «Ils sont connus pour l’attention qu’ils portent aux détails et leur capacité à maîtriser les dossiers», a souligné M. Lewis. Mais le talon d’Achille de Clinton, c’est «qu’il n’est pas réputé pour son autodiscipline, au sens professionnel. Il est remuant», a-t-il ajouté, provoquant des sourires dans l’assistance. Il a souligné que contrairement à Carter, Clinton avait prévu de faire des navettes entre Camp David et Washington, distants d’une centaine de kilomètres, pour s’occuper d’autres affaires, laissant le soin à sa secrétaire d’État Madeleine Albright d’être «à plein temps» avec l’Israélien Ehud Barak et le Palestinien Yasser Arafat. Le fait d’avoir fixé de facto une date-butoir aux négociations, en se rendant le 19 juillet à un sommet du G-8 au Japon, risque également de le gêner, alors que Carter, à l’inverse, ne s’était donné aucune limite de temps. Les progrès techniques risquent également d’enlever à Camp David II le caractère de retraite coupée du monde qui fit le succès de Camp David I. Faute de pouvoir alimenter les journalistes en «fuites», «l’isolement par rapport à la presse fut un élément crucial» des discussions de 1978, affirme M. Lewis, évoquant avec nostalgie «un temps sans téléphones, cellulaires ni ordinateurs portables reliés à l’Internet». Bien que les journalistes n’aient pas accès direct au site et soient confinés dans un centre de presse à plusieurs dizaines kilomètres, «je doute fort que l’on puisse recréer le même isolement», a ajouté l’ambassadeur Lewis.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bill Clinton doit être moins «remuant» et garder la presse à distance s’il veut réussir le sommet de «Camp David II» comme son prédécesseur Jimmy Carter y était parvenu pour «Camp David I», estime un des négociateurs de 1978. Les styles respectifs des deux hommes peuvent constituer une des différences marquantes de ces deux négociations, malgré l’unité du cadre et la volonté de retrouver une atmosphère similaire, a souligné lundi l’ambassadeur Samuel Lewis, l’un des négociateurs de l’équipe Carter. Les négociations israélo-égyptiennes de 1978 «ont pris treize jours et treize nuits, et par deux fois nous avons été près d’échouer. Si Carter n’avait pas été aussi constant, tenace et si persuasif, cela n’aurait pas marché», a déclaré M. Lewis lors d’une conférence organisée par le...