L’Espagne attend avec intérêt le mont Ventoux avec le sentiment que l’Américain Lance Armstrong pourrait se faire corriger sur la face pelée qu’il n’apprécie guère. Du côté des Kelme, d’Once et de Festina, on sort les pièges. Chez Banesto, on prépare José Maria Jimenez. Son manager général, José Miguel Echavarri (52 ans), sait combien il sera psychiquement en phase avec le géant de Provence au sommet duquel il a triomphé sur le critérium du Dauphiné Libéré, en 1998. L’ancien équipier de Jacques Anquetil et partenaire de Jean-Marie Leblanc chez Bic connaît l’aversion du leader pour ce mont sur le crâne duquel plus rien ne pousse. Rien selon lui ne sera ainsi joué d’avance demain. Echavarri place le coureur de l’US Postal sur une autre planète. «Mais, concernant le Ventoux, c’est peut-être le divorce de l’astronaute avec la lune», explique-t-il en plaisantant. «Le Ventoux n’aime pas Armstrong, alors Armstrong n’aime pas le Ventoux». Echavarri a entendu cette phrase. Il peut quant à lui préciser que les Espagnols l’apprécieront par sa noblesse, son aridité et sa légende parfois entâchée de drames comme la mort du Britannique Tom Simpson (1967). «Jimenez mais également Roberto Heras et Fernando Escartin peuvent profiter de l’aubaine, souligne-t-il. En revanche, je ne vois pas bien Javier Ochoa refaire un coup comme à Hautacam». Le plus sain Qu’est ce qui fait s’envoler aussi dignement les coureurs ibériques ? Pourquoi ce pays recèle-t-il d’autant de grimpeurs de qualité ? José Maria Echavarri se contente d’une interrogation en guise de réponse : «Et pourquoi y a-t-il autant de toreros en Espagne ?» «Exception faite pour Miguel Indurain lequel en avait une autre, le phènomène est essentiellement une question de religion, explique le Navarrais. La montagne c’est la philosophie d’un Espagnol. Elle entre dans nos traditions. Federico Bahamontes n’est pas resté détenteur des victoires en montagne pour rien». L’homme se targuant de six victoires dans le Tour (cinq d’Indurain et une de Pedro Delgado) évoque également l’éducation et l’organisation. «Le cyclisme espagnol est le plus régulier parce qu’il s’appuie sur les amateurs. Il est aussi le plus sain, insiste-t-il. En Espagne, on est davantage intéressé par la façon dont un palmarès s’est fait que par celui-ci proprement dit». Il n’en reste pas moins que le meilleur atout sur les Champs-Elysées n’est pas un enfant de la muleta mais un Suisse qui a pris un sérieux coup de vent sur le pont de Saint-Nazaire au cours du contre-la-montre par équipes. Le coureur de Wil s’était d’ailleurs insurgé sur la manière dont le «chrono» avait été préparé en éclaboussant tout le monde. École de préparation «Ses propos ont dû être mal traduits, intervient Echavarri. Le parcours a été reconnu le mercredi. Le travail a été fait comme pour les autres équipes. Il est vrai que ce jour-là nous perdons deux minutes de plus que nos révisions. Mais, je pense que Zuelle peut encore figurer sur le podium». Ce sera l’objectif de son leader dans la mesure où le maillot à pois trouvera d’autres épaules : celles de Richard Virenque. «Je le vois terminer meilleur français, explique-t-il. Il va faire le maximun pour gagner une étape mais le classement de la montagne lui reviendra. C’est une question de fidélité». Le Varois aura en tous les cas la bénédiction des Banesto. Un podium suffirait au bonheur de cet homme de formules qui nourrit un rêve : «monter un centre de formation professionnel, une véritable école de préparation à l’après-carrière». «À quoi servirait de gagner un Tour de France si la reconversion n’est pas réussie, observe-t-il. Il faut également savoir gagner un Tour de la vie». Echavarri en connaît trop qui ont tout perdu. Pudique, il ne donnera pas de noms ayant embrassé la cause de la petite reine. Mais, malicieux, il évoquera une personnalité d’un autre monde : «Maradona».
L’Espagne attend avec intérêt le mont Ventoux avec le sentiment que l’Américain Lance Armstrong pourrait se faire corriger sur la face pelée qu’il n’apprécie guère. Du côté des Kelme, d’Once et de Festina, on sort les pièges. Chez Banesto, on prépare José Maria Jimenez. Son manager général, José Miguel Echavarri (52 ans), sait combien il sera psychiquement en phase avec le géant de Provence au sommet duquel il a triomphé sur le critérium du Dauphiné Libéré, en 1998. L’ancien équipier de Jacques Anquetil et partenaire de Jean-Marie Leblanc chez Bic connaît l’aversion du leader pour ce mont sur le crâne duquel plus rien ne pousse. Rien selon lui ne sera ainsi joué d’avance demain. Echavarri place le coureur de l’US Postal sur une autre planète. «Mais, concernant le Ventoux, c’est peut-être le...
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