Les capitales arabes sceptiques sur les chances de succès
le 11 juillet 2000 à 00h00
Le scepticisme prévalait hier dans les capitales arabes du Proche-Orient sur les chances de succès du sommet de Camp David en raison du refus d’Israël de céder sur le fond du conflit israélo-palestinien, aggravé par la crise politique dans ce pays. «Le sommet de Camp David se soldera par un échec sauf si l’administration américaine contraint Ehud Barak à avancer sur la voie de la paix d’une façon sérieuse et à renoncer à ses tergiversations», écrit le quotidien séoudien al-Nadwa qui, comme l’ensemble de la presse séoudienne, reflète le point de vue officiel. Le sommet n’a suscité depuis son annonce mercredi dernier par le président américain Bill Clinton aucun enthousiasme dans le monde arabe. La raison en est les cinq «lignes rouges» que M. Barak s’est fixé pour ses négociations avec M. Arafat pour refuser tout compromis notamment sur Jérusalem, les réfugiés et les colonies juives. «J’espère qu’un miracle surviendra pour que les Américains jouent un rôle équilibré amenant les Israéliens à accepter les résolutions internationales et leur faire comprendre que l’existence d’Israël dépend de l’échange de la terre contre la paix», écrit l’éditorialiste du quotidien gouvernemental égyptien al-Akhbar. Moins pessimiste, le quotidien jordanien al-Arab al-Youm estime que «le général Barak ne sera pas en mesure de forcer Arafat à faire des compromis, en dépit des événements dramatiques» secouant sa coalition. «Le président palestinien se rend à la table des négociations, fort du soutien de la Jordanie et de l’Égypte», ajoute-t-il. Amman et Le Caire, liés par des traités de paix avec Israël et des alliés indéfectibles de Washington, ont assuré ces derniers jours M. Arafat de leur soutien dans ses efforts à recouvrer les droits du peuple palestinien, notamment à Jérusalem-Est, occupé depuis 1967. L’Égypte propose que Jérusalem-Est soit placé sous contrôle palestinien et que l’ensemble de la Ville sainte, dont Israël fait sa capitale «indivisible», soit unifié sous une administration mixte israélo-palestinienne, selon des diplomates égyptiens. «Le fossé qui sépare l’Autorité palestinienne et Israël est tellement grand (...) que Clinton ne sera pas en mesure de réaliser une percée même s’il exerce de fortes pressions» sur les négociateurs, note cependant le quotidien syrien al-Baas. «L’une des deux parties sera amenée à faire des concessions et ce sera dans ce cas l’Autorité palestinienne, comme l’ont démontré les accords d’Oslo de 1993», poursuit le journal de Damas qui, vivement opposé à ces accords, a refusé de renoncer à un seul pouce du Golan syrien occupé en contrepartie d’un accord de paix avec Israël.
Le scepticisme prévalait hier dans les capitales arabes du Proche-Orient sur les chances de succès du sommet de Camp David en raison du refus d’Israël de céder sur le fond du conflit israélo-palestinien, aggravé par la crise politique dans ce pays. «Le sommet de Camp David se soldera par un échec sauf si l’administration américaine contraint Ehud Barak à avancer sur la voie de la paix d’une façon sérieuse et à renoncer à ses tergiversations», écrit le quotidien séoudien al-Nadwa qui, comme l’ensemble de la presse séoudienne, reflète le point de vue officiel. Le sommet n’a suscité depuis son annonce mercredi dernier par le président américain Bill Clinton aucun enthousiasme dans le monde arabe. La raison en est les cinq «lignes rouges» que M. Barak s’est fixé pour ses négociations avec M. Arafat pour...
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