40 acres et une mule : les descendants des esclaves exigent réparation
le 19 juin 2000 à 00h00
Les descendants des esclaves noirs exigent que les États-Unis réparent ce qui est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire de l’humanité. Une action judiciaire en nom collectif est actuellement en préparation afin de dédommager les héritiers des Africains qui furent réduits à l’esclavage par les colons américains, il y a près de quatre siècles. «Nous en sommes au stade préparatoire», explique Adjoa Aiyetoro, une juriste travaillant pour «The National Coalition of Blacks for Reparations in America» (N’COBRA), qui tient à Washington sa conférence annuelle, commencée le week-end et qui durera jusqu’au 20 juin. Les efforts des descendants des esclaves remontent à la fin de la guerre de Sécession, lorsque les forces victorieuses du Nord émirent une promesse – jamais tenue – de leur concéder «une mule et quarante acres» de terre (16 hectares). Aucune estimation n’est encore disponible sur le montant d’éventuelles indemnités. Selon des juristes, elles pourraient cependant s’élever à plusieurs milliards de dollars, au vu des souffrances endurées et de l’exploitation à outrance de cette main-d’œuvre asservie. «Comme nos ancêtres qui se sont battus pour mettre fin à l’esclavage, il est de notre devoir d’exiger ces réparations puisqu’il est peu probable que le gouvernement nous les accorde», estime-t-elle. Selon elle, «la préparation de cette action judiciaire en nom collectif, qui concerne des dizaines de milliers de personnes, voire des millions, sera achevée dans les deux prochains mois». Pour les membres de cette association, il s’agit bien de réparer ce qu’ils considèrent comme correspondant pleinement à la définition du «crime contre l’humanité». Beaucoup d’entre eux prennent également pour référence les indemnités perçues par les juifs ayant survécu au génocide nazi, ou par leur famille. «Le fait qu’aucune procédure légale n’ait été lancée à l’époque des faits ne veut pas dire que ce n’est pas un crime contre l’humanité», poursuit Mlle Aiyetoro. Entre 1619 et 1808, environ 620 000 Noirs furent convoyés à fond de cales par des négriers vers les États-Unis. Ce n’est qu’en 1862 qu’ils furent émancipés par le président Abraham Lincoln.
Les descendants des esclaves noirs exigent que les États-Unis réparent ce qui est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire de l’humanité. Une action judiciaire en nom collectif est actuellement en préparation afin de dédommager les héritiers des Africains qui furent réduits à l’esclavage par les colons américains, il y a près de quatre siècles. «Nous en sommes au stade préparatoire», explique Adjoa Aiyetoro, une juriste travaillant pour «The National Coalition of Blacks for Reparations in America» (N’COBRA), qui tient à Washington sa conférence annuelle, commencée le week-end et qui durera jusqu’au 20 juin. Les efforts des descendants des esclaves remontent à la fin de la guerre de Sécession, lorsque les forces victorieuses du Nord émirent une promesse – jamais...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.