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Actualités - Conferences De Presse

Allemagne - Les Verts obtiennent gain de cause Berlin renonce au nucléaire

L’Allemagne devient la première grande puissance industrielle à renoncer au nucléaire civil, à la suite «d’un accord» intervenu à Berlin entre le gouvernement et les industriels de ce secteur, a annoncé le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder au cours d’une conférence de presse. Aux termes de cet accord historique qui, a indiqué le chancelier, prévoit une durée de vie moyenne de 32 ans pour chacune des 19 centrales nucléaires allemandes, à compter de la date de son entrée en service, la dernière centrale nucléaire en activité devrait en principe mettre la clé sous la porte en 2021: ce sera celle de Neckarwestheim-II, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), d’une puissance de 1 269 mégawatts et mise en service en janvier 1989. Dans le texte de l’accord rendu public par les deux parties, la plus ancienne des centrales et la première à devoir fermer, celle d’Obrigheim (340 mégawatts), également dans le Bade-Wurtemberg, entrée en service en octobre 1968, bénéficie d’une dérogation et pourra poursuivre son activité jusqu’au 31 décembre 2002. Cela signifie que l’une des revendications essentielles des Verts, partenaire gouvernemental des sociaux-démocrates, soit l’arrêt d’au moins une centrale dans la législature en cours, laquelle va jusqu’en octobre 2002, ne devrait pas être satisfaite. À moins que l’exploitant, le groupe Energie Baden-Wuerttemberg, dans lequel Électricité de France (EDF), principal producteur européen d’énergie nucléaire, a une participation, décide d’arrêter le réacteur avant la date limite. À part pour Obrigheim, aucune date fixe n’a été couchée sur le papier pour l’arrêt de tel ou tel réacteur. Ces 32 années de durée de vie moyenne correspondent à une production globale d’énergie nucléaire de 2 613 terawatts/heure (twh, milliards de kilowatts/heure), qui a été calculée sur la base des cinq années de plus forte production de chaque réacteur. Chaque centrale se voit assignée un quota de production en twh. Quand elle l’aura atteint, elle devra fermer. Toutefois, une clause de flexibilité a été prévue : si un groupe énergétique arrête un réacteur avant d’avoir atteint son quota de production, il pourra reporter les twh non produits sur une autre de ses centrales et ainsi prolonger sa durée de vie. En ce qui concerne les déchets nucléaires, le chef du gouvernement a annoncé l’interdiction de leur retraitement à partir du 1er juillet 2005. Celui-ci était effectué jusqu’à présent dans l’usine française de la Cogema à La Hague et dans l’établissement britannique de British Nuclear Fuels à Sellafield, sur la base d’accords gouvernementaux et de contrats industriels. Mais, il était interrompu depuis le printemps 1998 à la suite d’un défaut d’étanchéité constaté sur des conteneurs de transport des déchets entre l’Allemagne et ces deux usines. Berlin doit en conséquence rechercher dès maintenant des solutions de stockage à très long terme des déchets. En attendant, les industriels doivent mettre en place auprès de leurs réacteurs des centres provisoires de stockage. En contrepartie de l’abandon à terme du nucléaire, le chancelier a garanti aux industriels «l’exploitation sans entrave» des centrales jusqu’à leur fermeture. De même le gouvernement avait déjà renoncé auparavant, en cas d’accord, à leur imposer des règlements de sécurité plus rigoureux ou à lever un impôt sur l’énergie nucléaire, comme l’avaient un temps réclamé les Verts. Enfin, si, sur la base de l’accord, le gouvernement va faire adopter par le Parlement une loi sur le processus d’arrêt des réacteurs et dans laquelle figurera explicitement l’interdiction de la construction de centrales atomiques, la recherche nucléaire, notamment dans les centres universitaires spécialisés et équipés d’un réacteur de recherche, comme à Munich-Garching (Sud), restera libre. Visiblement satisfait, après environ 4h30 de discussions, Gerhard Schröder s’est déclaré «heureux» de cet accord : «Il était de l’intérêt commun du monde économique et du gouvernement de trouver une solution qui corresponde aussi bien aux intérêts des entreprises qu’à celui de la société». De son côté, le patron de l’un des principaux exploitants allemands de centrales nucléaires, Ulrich Hartmann (VEBA), a déclaré «regretter» cette décision, tout en la qualifiant de «compromis loyal». Au cours de la conférence de presse, il a rappelé que les industriels, avant d’entrer en négociations, «avaient accepté la primauté du politique». Quant au patron d’un autre grand groupe, Dietmar Kuhnt (RWE), il a souligné que cet accord devrait encore être approuvé par les conseils de surveillance des différents groupes. Les patrons de RWE, VIAG, VEBA et Energie Baden-Wuerttemberg, ainsi que les ministres de l’Environnement et de l’Economie, Juergen Trittin (Verts) et Werner Mueller (sans parti), ont participé à la réunion décisive. Le renoncement à l’énergie nucléaire, qui fournit aujourd’hui à l’Allemagne près d’un tiers de son électricité, était la clé de voûte de l’accord de gouvernement conclu entre les sociaux-démocrates (SPD) menés par Gerhard Schröder et les Verts dirigés par Joschka Fischer et Juergen Trittin lors de leur arrivée au pouvoir à l’automne 1998, tournant ainsi le dos à la politique pronucléaire du gouvernement conservateur d’Helmut Kohl. Les négociations ont été plus que laborieuses : commencées par des conversations exploratoires le 14 décembre 1998, elles ont duré un an et demi. Il est vrai que le chancelier avait imposé aux écologistes de tenter d’aboutir à un consensus avec les industriels – dans un délai fixé alors à un an et qui n’a donc pas été tenu – et de ne recourir à une loi contraignante qu’en cas d’échec des négociations. Quant au lobby du nucléaire, qui s’était fait fort d’obtenir en justice des indemnités colossales – plusieurs centaines de milliards de marks de dédommagements – le chef du gouvernement l’a lui aussi mis sous pression en soulignant encore peu avant l’ultime réunion qu’il n’hésiterait pas à recourir à la voie législative si nécessaire.
L’Allemagne devient la première grande puissance industrielle à renoncer au nucléaire civil, à la suite «d’un accord» intervenu à Berlin entre le gouvernement et les industriels de ce secteur, a annoncé le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder au cours d’une conférence de presse. Aux termes de cet accord historique qui, a indiqué le chancelier, prévoit une durée de vie moyenne de 32 ans pour chacune des 19 centrales nucléaires allemandes, à compter de la date de son entrée en service, la dernière centrale nucléaire en activité devrait en principe mettre la clé sous la porte en 2021: ce sera celle de Neckarwestheim-II, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), d’une puissance de 1 269 mégawatts et mise en service en janvier 1989. Dans le texte de l’accord rendu public par les deux parties, la plus...