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Actualités - Chronologie

"L'Empire des Anges" (Bernard Werber, Ed. Albin Michel)

Écœurement, incompréhension, colère... la décision du Conseil des ministres concernant le téléphone cellulaire suscite des sentiments extrêmes jusque dans les sphères du pouvoir. Car, si le ministre des Télécommunications Issam Naaman affirme qu’il agit dans l’intérêt de l’État, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a du mal à convaincre du bien-fondé de sa stratégie dont les contours sont flous au possible. «Pour l’instant, les sociétés n’ont rien payé et le Trésor n’a rien gagné», constate simplement une personnalité proche du pouvoir. Appuyant M. Naaman, le Conseil des ministres a publié jeudi soir un communiqué ambigu comprenant un rejet implicite de l’offre des deux opérateurs de téléphonie mobile d’acheter deux licences GSM, pour 1,35 milliard de dollars chacune. «Nous avons compris que le gouvernement refuse notre offre», a déclaré à l’AFP le PDG de Cellis, Salah Bouraad, prenant acte de la nouvelle. Le gouvernement semble vouloir par ailleurs réclamer 600 millions de dollars de pénalités pour les violations du contrat de BOT qu’il accuse Cellis et LibanCell d’avoir commises. Or, à moins qu’il ne résilie les contrats et se saisisse des actifs des deux sociétés, rien ne garantit qu’il obtiendra cette somme car les deux compagnies démentent toute action frauduleuse et sont décidées à recourir à l’arbitrage international pour trancher le litige. Les deux opérateurs reprochent au ministre de n’avoir jamais expliqué comment il parvient à la somme de 300 millions de dollars. «Les allégations de Naaman sont en partie fondées, par exemple les deux compagnies utilisent les micro-ondes sans les payer, mais cela ne représente certainement pas 300 millions de dollars. Le ministre n’a en tout cas pas encore présenté à ce jour de facture détaillée pour justifier ses accusations», dit un économiste proche du dossier. Illogique «Je ne vois aucune logique dans tout ça», renchérit un autre économiste, également haut placé. En termes économiques, techniques et financiers, les offres sont très intéressantes, «le prix est inespéré et à partir de maintenant, plus le temps court, plus la valeur des licences va se déprécier», ajoute-t-il. Le système GSM va devenir obsolète d’ici à quelques années pour être remplacé par une technologie nouvelle. Cela ne signifie pas que les offres de Cellis et de Libancell sont à prendre telles quelles. Certains points auraient dû être négociés, comme la clause de préemption pour l’appel d’offres à venir concernant la troisième génération de cellulaire, connue sous le nom d’UMTS. Mais pour les caisses de l’État, refuser ces recettes est absurde, poursuit-il. «Un pays endetté, dans une situation aussi fragile que le nôtre, ne peut vraiment pas se permettre d’agir ainsi». Beaucoup s’interrogent sur les motivations réelles de ce bras de fer qui dure depuis un an. «Les logiques politiques éventuelles ne sont jamais explicites. En l’absence d’explication économique, on peut laisser libre cours à l’analyse», dit un observateur qui préfère ne pas donner corps à ces «scénarios du pire» si préjudiciables selon lui à l’image du Liban. Quant à la deuxième partie de la décision du Conseil des ministres, elle suscite tout autant de perplexité. Il s’agit de la décision de lancer un appel d’offres international pour l’octroi d’une licence UMTS. «Elle témoigne d’une méconnaissance évidente du marché, affirme-t-on au sein de l’une des sociétés, sous couvert d’anonymat. Le réseau libanais n’est pas du tout mûr pour permettre une évaluation sérieuse d’une telle licence. Les abonnés libanais qui utilisent les techniques de transfert de données sont encore très rares». Dans le monde, à peine plus de deux pays dont l’Angleterre et l’Allemagne ont commencé à vendre des licences UMTS, une technologie qui ne sera pas au point avant trois ans.
Écœurement, incompréhension, colère... la décision du Conseil des ministres concernant le téléphone cellulaire suscite des sentiments extrêmes jusque dans les sphères du pouvoir. Car, si le ministre des Télécommunications Issam Naaman affirme qu’il agit dans l’intérêt de l’État, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a du mal à convaincre du bien-fondé de sa stratégie dont les contours sont flous au possible. «Pour l’instant, les sociétés n’ont rien payé et le Trésor n’a rien gagné», constate simplement une personnalité proche du pouvoir. Appuyant M. Naaman, le Conseil des ministres a publié jeudi soir un communiqué ambigu comprenant un rejet implicite de l’offre des deux opérateurs de téléphonie mobile d’acheter deux licences GSM, pour 1,35 milliard de dollars chacune. «Nous avons...