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Actualités - Reportages

L'exclusion économique des palestiniens (photo)

Ils sont près de 367 000 réfugiés palestiniens répartis sur douze camps vivant dans un dénuement total depuis des années. Pour le moment, ils n’ont qu’un seul souci, l’amélioration de leurs conditions de vie, l’obtention de leurs droits, et une obsession, la reconnaissance de leur droit au retour. Le 21 mai 1987, l’Assemblée nationale libanaise a abrogé unilatéralement les accords du Caire (par lesquels les autorités libanaises reconnaissaient l’autonomie de gestion des camps et accordaient aux Palestiniens des droits civiques, économiques, et sociaux). Cette abrogation est venue «à un moment très difficile des relations entre les Libanais et les Palestiniens, ce qui n’a pas permis de trouver une solution de remplacement adéquate» écrit Souheil Natour dans son ouvrage Les Palestiniens du Liban. En juillet 1991, le gouvernement libanais décide de former une commission composée de deux ministres pour examiner cette question. Les différentes composantes du mouvement national palestinien ont alors constitué une délégation qui a présenté un mémoire commun. «Depuis lors, le gouvernement libanais tergiverse et multiplie les atermoiements pour ne pas avoir à répondre favorablement à la demande des Palestiniens de bénéficier des droits civiques, politiques et sociaux», poursuit Souheil Natour. Cette politique vise, selon lui à «vider le Liban de ses Palestiniens», en les encourageant à quitter. Pour le responsable du FDLP, les réfugiés dans les camps du Liban ne seraient plus en réalité, que quelque 200 000, un chiffre qui a été confirmé par le responsable du Fateh au Liban, Sultan Abou el Aynaïn. Ce dernier estime lui aussi qu’il existe une volonté délibérée de la part du gouvernement libanais de rendre la vie difficile aux Palestiniens pour les pousser à l’émigration. «Le Palestinien, qui n’est pas en mesure de travailler au Liban, est acculé à partir. Lorsqu’il émigre, les autorités libanaises ne le reconnaissent plus comme Palestinien à son retour. Elles éliminent des registres sa nationalité d’origine, dit-il. L’administration libanaise traite avec des chiffres, et ignore le fait que le Palestinien qui a obtenu une nationalité européenne par exemple, reste dans l’âme, un Palestinien, même si son identité a été rayée des registres» affirme le responsable du Fateh. Souheil Natour évoque pour sa part les mesures prises par l’ancien gouvernement Hariri, à savoir l’interdiction faite au Palestinien qui émigre de retourner au Liban. «On quittait alors sans espoir de retour». Le nouveau gouvernement a annulé cette mesure en facilitant le retour d’un certain nombre de Palestiniens séparés de leurs familles, sans pour autant avoir réglé le problème de leur situation sociale et économique. Le droit de travailler et de bénéficier de la Sécurité sociale leur est toujours refusé. Souheil Natour relève qu’il existe des centaines de milliers d’étrangers, principalement des ouvriers syriens, qui travaillent au Liban et envoient leurs revenus dans leurs pays d’origine, «alors que les Palestiniens peuvent travailler et dépenser leur argent au Liban». Jusqu’à ce jour, les responsables libanais refusent l’intégration des réfugiés, mais pour des raisons différentes. «Certains parce qu’ils défendent les droits nationaux des Palestiniens, et leur existence en tant que peuple souverain. D’autres parce qu’ils considèrent que leur maintien au Liban risque de rompre l’équilibre communautaire», écrit le responsable du FDLP. Ce dernier parle» d’exclusion économique des Palestiniens» et de «tentatives de les marginaliser par tous les moyens» aussi bien socialement qu’économiquement, tant et si bien «qu’ils sont devenus une minorité soumise à des lois et à des mesures qui diminuent leurs possibilités de contacts avec le reste de la société libanaise». Abou el-Aynaïn raconte pour sa part qu’avant sa condamnation par la justice libanaise, et du temps où il entretenait encore «de bonnes relations» avec les autorités libanaises, il répétait inlassablement aux responsables politiques libanais que les réfugiés palestiniens n’avaient aucune visée ou projet au Liban. De même qu’il les exhortait sans cesse à «bannir le mot implantation de leur dictionnaire». «Cela ne signifie pas pour autant qu’il faudra renoncer à la réclamation de nos droits». «Nous ne sommes pas une marchandise que l’on vend ou que l’on éparpille dans le monde» affirme le responsable du Fateh». Nous ne sommes pas ici de notre plein gré. Le Liban est évidemment très beau pour les Libanais mais la Palestine est encore plus belle pour les Palestiniens».
Ils sont près de 367 000 réfugiés palestiniens répartis sur douze camps vivant dans un dénuement total depuis des années. Pour le moment, ils n’ont qu’un seul souci, l’amélioration de leurs conditions de vie, l’obtention de leurs droits, et une obsession, la reconnaissance de leur droit au retour. Le 21 mai 1987, l’Assemblée nationale libanaise a abrogé unilatéralement les accords du Caire (par lesquels les autorités libanaises reconnaissaient l’autonomie de gestion des camps et accordaient aux Palestiniens des droits civiques, économiques, et sociaux). Cette abrogation est venue «à un moment très difficile des relations entre les Libanais et les Palestiniens, ce qui n’a pas permis de trouver une solution de remplacement adéquate» écrit Souheil Natour dans son ouvrage Les Palestiniens du Liban. En juillet...