Le premier tour de l’Euro2000 de football aura été marqué par le faux pas de trois grands d’Europe, le tenant du titre, l’Allemagne, tenu en échec, mais surtout par les défaites du dernier organisateur, l’Angleterre, et de la première nation à l’indice UEFA, l’Espagne. Les faux pas anglais et allemand donnent un caractère encore plus dramatique au rendez-vous du 17 juin à Charleroi, où les deux candidats à l’organisation de la Coupe du monde 2006 joueront leur avenir à quitte ou double. L’Espagne, quant à elle, dont les clubs dominent le football européen, a toujours eu beaucoup de difficultés à confirmer au niveau de son équipe nationale. Elle s’est logiquement inclinée (1-0) devant une formation norvégienne courageuse, mais loin cependant d’être irrésistible. Mais ce premier tour a également mis en lumière la facilité des champions du monde français, auteurs du plus grand écart (3-0), et la hargne des Portugais qui ont réalisé le plus spectaculaire renversement de situation (de 0-2 à 3-2 contre l’Angleterre). Par ailleurs, le niveau du jeu a été correct, sans plus, avec un engagement très raisonnable (3 cartons rouges en huit matches) devant des stades pratiquement pleins, mais sans déchaîner pour autant la passion redoutée. Une sorte de début en douceur, préfigurant sans doute une montée en puissance au fil des matches. Le bonjour de Figo Déçu par sa saison à Barcelone, le Portugais Luis Figo avait promis de se mettre en évidence lors de l’Euro. Son but, sur un tir «canon» chronométré à 113 km/h, restera comme un des moments forts de ce début de tournoi. Il est vrai que sa tâche a été facilitée par la trajectoire prise par le ballon de cet Euro, «tout juste bon pour la plage», selon le gardien français Fabien Barthez. Les Anglais, sans doute trop rapidement en tête, ont péché par orgueil devant une génération portugaise avide de consécration, même si elle est d’ores et déjà qualifiée pour le prochain Euro2004, comme pays organisateur. Dans ce groupe A, les représentants de la fière Albion devront donc jouer leur qualification le 17 juin à Charleroi face à des Allemands, eux aussi en proie au doute, après leur nul peu glorieux (1-1) contre une formation roumaine aussi vieillissante qu’eux. On attendait avec impatience ce premier rendez-vous entre Allemands et Anglais, qui se retrouveront dès septembre pour les qualifications du Mondial-2002. En fait, ce match à sensation de Charleroi pourrait très bien n’être qu’une finale... pour la troisième place de la poule. La poisse Le sélectionneur espagnol José Antonio Camacho, pour sa part, redoutait ce premier rendez-vous contre des Norvégiens puissants, sans être géniaux, au jeu typiquement britannique. Les Espagnols avaient déjà été battus en 1998 par le Nigeria (3-2) pour leurs débuts dans le Mondial français. Déjà un 13 juin. La poisse. Mais, leur défaite ne doit rien à la superstition. Leur petit prodige, Raul, a été étrangement absent, comme orphelin de son compère habituel du Real Madrid, Fernando Morientes, non retenu par un Camacho têtu, qui s’obstine en revanche à titulariser un Fernando Hierro, souvent remplaçant au Real. Dans ce même groupe, la Yougoslavie et la Slovénie ont livré un match fou, fou... Menés 3 à 0 à la 57e minute, réduits à dix à la 59e après l’exclusion de Sinisa Mihajlovic, les Yougoslaves sont parvenus à refaire leur retard pour arracher un match nul inespéré (3-3). Le Slovène Zlatko Zahovic et le Yougoslave Savo Milosevic ont réussi pour l’occasion les deux premiers doublés de la compétition. Les Néerlandais à l’arraché L’autre sensation de ce premier tour a failli venir d’Amsterdam, où les Pays-Bas, placés largement favoris par les bookmakers anglais, ont éprouvé toutes les peines du monde à venir à bout des finalistes de 1996, la République tchèque, sur un penalty inespéré à la fin du match (1-0). Les Tchèques ont touché du bois à deux reprises. Mais, cette fois, cela ne leur a pas porté chance, et ils devront désormais réaliser un exploit, le 16 juin à Bruges, contre une équipe de France sûre de sa force, pour conserver un espoir de qualification. Champions du monde grâce à leur défense, les Français peuvent raisonnablement viser un titre européen grâce à leur trio magique Zidane-Henry-Anelka qui a fait exploser le Danemark (3-0). Enfin, dans le groupe B, l’Italie a sans doute fait le plus dur, en venant (difficilement) à bout d’une agressive équipe turque (2-1) et de la Belgique. Les Azzurri restent des bêtes de compétition. Les Diables rouges, leur récents adversaires hier à Bruxelles, en ont déjà fait les frais.
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