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Actualités - Chronologie

Une présidence difficile pour la France, sans garantie de succès

La France prend le 1er juillet la présidence de l’Union européenne avec la volonté affichée de conclure en décembre, à Nice, un traité «ambitieux» la dotant des instruments lui permettant de fonctionner avec douze nouveaux membres. La tâche ne sera pas facile et un succès n’est pas garanti, reconnaissent les dirigeants français. Les chances d’aboutir «sont réelles, si chacun y met du sien», a précisé, prudent, le chef de la diplomatie française Hubert Védrine. «Néanmoins l’accord final n’est pas encore en vue», a-t-il insisté. Le président Jacques Chirac a affiché l’objectif de la présidence française : «Un accord ambitieux qui permette à la construction européenne de poursuivre son chemin et de s’adapter aux évolutions de notre temps». Quatre réformes institutionnelles «indispensables» pour permettre l’adhésion de nouveaux membres sont sur la table : l’extension des votes à la majorité qualifiée, une nouvelle pondération des voix accordées à chaque État membre pour mieux tenir compte des réalités démographiques, la limitation de la taille de la Commission de Bruxelles et l’assouplissement du mécanisme des «coopérations renforcées» permettant à un groupe de pays d’aller plus loin sur un projet. La France a au moins deux atouts. Le premier est une très large convergence de vues avec l’Allemagne, même si les deux pays n’en font pas trop état pour éviter de fâcher la Grande-Bretagne et l’Espagne, inquiètes d’être marginalisées. Le second est la conviction des dirigeants européens «qu’on ne peut pas échouer une deuxième fois» après l’échec de la réforme institutionnelle négociée pour le Traité d’Amsterdam. Il lui faudra néanmoins convaincre. Bien que d’une ampleur limitée et très fonctionnelles, les réformes cristallisent l’opposition entre les pays prêts à avancer vers une Europe politique et ceux qui refusent tout nouvel abandon de souveraineté ou toute perte du bénéfice des politiques communes. Dans le premier groupe se retrouvent les pays fondateurs de la construction européenne – Allemagne, pays du Benelux, France et Italie – et dans le second, la Grande-Bretagne, les pays nordiques, l’Espagne et le Portugal. La négociation n’a pas encore vraiment commencé, soulignent les Français. «Chacun campe sur ses positions et veille à la défense de ses intérêts», expliquent-ils. «Si un accord est trouvé, il le sera dans la dernière ligne droite, avant le sommet de Nice», estiment-ils. L’accord sera nécessairement un compromis. Il devra faire l’unanimité, avec le risque de ne la trouver que sur le plus petit dénominateur commun. Le Traité devra en outre être ratifié dans tous les États membres, d’où la nécessité de régler le problème des sanctions contre l’Autriche, Vienne ayant démontré sa capacité de blocage pendant la présidence portugaise. Pour l’instant, les dirigeants français se montrent fermes. «Pas question d’avoir un accord modeste, un accord aux rabais», a assuré M. Chirac. «Plutôt qu’un mauvais traité, mieux vaut pas de traité du tout», a soutenu pour sa part le ministre délégué aux Affaires européennes Pierre Moscovici. Les réformes institutionnelles ne seront pas le seul objectif de la présidence française. Plusieurs questions «très importantes» et plus parlantes pour les citoyens, comme la sécurité alimentaire, la sécurité maritime, l’harmonisation des diplômes ou la lutte contre le dopage sont à l’ordre du jour. «Toutefois, le sujet le plus compliqué, qui s’impose à nous, c’est la réforme des institutions, parce que l’Europe a du mal à fonctionner et qu’avec l’élargissement, cela va aller de mal en pis», a affirmé Hubert Védrine.
La France prend le 1er juillet la présidence de l’Union européenne avec la volonté affichée de conclure en décembre, à Nice, un traité «ambitieux» la dotant des instruments lui permettant de fonctionner avec douze nouveaux membres. La tâche ne sera pas facile et un succès n’est pas garanti, reconnaissent les dirigeants français. Les chances d’aboutir «sont réelles, si chacun y met du sien», a précisé, prudent, le chef de la diplomatie française Hubert Védrine. «Néanmoins l’accord final n’est pas encore en vue», a-t-il insisté. Le président Jacques Chirac a affiché l’objectif de la présidence française : «Un accord ambitieux qui permette à la construction européenne de poursuivre son chemin et de s’adapter aux évolutions de notre temps». Quatre réformes institutionnelles «indispensables»...