L’offre du dollar s’est sensiblement contractée hier, à Beyrouth, dans un marché très calme sur lequel la demande ne devait pas se développer, se limitant toujours aux besoins commerciaux des opérateurs. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à vendre le dollar à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL simultanément, il a dû se maintenir finalement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier à des cours légèrement supérieurs à ce taux indicatif quoique au-dessous du haut de la fourchette d’intervention de la BDL, se dispensant ainsi de le vendre grâce à la présence d’une contrepartie valable à l’offre en dehors d’elle. En effet, le billet vert s’est négocié durant toute la journée d’hier entre 1 510,00 et 1 511,00 LL, dans un volume d’affaires très mince, ne dépassant pas quelque six millions de dollars entièrement traités à l’achat et à la vente par les banques de la place. La fermeté de l’euro a pesé sur le dollar À l’étranger, l’euro est resté en meilleure forme sur des marchés des changes internationaux étroits, profitant de la première opération de refinancement de la Banque centrale européenne (BCE) à taux variable et de l’anticipation d’un maintien des taux d’intérêt en l’état par la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue de la réunion aujourd’hui de son comité de politique monétaire. L’annonce que la BCE a alloué 99 milliards d’euros dans le cadre d’une opération de refinancement à taux variables entre 4,29 % et 4,32 % sur 14 jours, soit à des niveaux supérieurs au taux plancher de 4,25 % fixé par elle aux banques pour faire leurs propositions, est venue donc donner un coup de pouce à la monnaie européenne, qui a profité également des anticipations du marché selon lesquelles il n’y aura pas de hausse des taux de la Fed aujourd’hui. Ce sentiment a été renforcé par l’annonce du Conference Board que l’indice de confiance des consommateurs américains aurait diminué contre toute attente de 144,70 points en mai à 138,90 points en juin, confirmant le net ralentissement de l’économie américaine qui ne justifierait plus le moindre durcissement monétaire. En outre, la monnaie unique européenne a bénéficié aussi de la hausse surprise de 2,6 % le mois dernier par rapport à avril et de 7,6 % en glissement annuel de la consommation des ménages en France qui, couplée avec la récente remontée des tensions inflationnistes en Allemagne, a poussé les investisseurs à tabler sur de nouveaux relèvements des taux d’intérêt dans la zone euro d’ici deux mois. En outre, le dollar a souffert du coup d’arrêt donné à la baisse du yen par les opérateurs à la suite du démenti des rumeurs concernant une possible dégradation de la note financière du Japon. Cela étant, le billet vert s’est montré vulnérable hier, face à toutes les autres grandes monnaies, se négociant à New York sur un ton faible comme suit : – 0,9435 pour un euro contre 0,9370, la veille – 1,5045 pour un sterling contre 1,4970 – 2,0730 DM contre 2,0875 – 6,9525 FF contre 7,0015 – 1,6405 FS contre 1,6520 – 2 052,25 lires contre 2 066,70 – 105,35 yens contre 105,70. Bourse de Beyrouth : marché étoffé par une application sur Solidere À la Bourse de Beyrouth, le ton restait toujours à la stabilité dans un marché très déprimé en l’absence d’initiatives pour les valeurs qui y sont cotées, si l’on exclut la négociation hors-Bourse de 162 913 actions A de Solidere à 8 dollars chacune. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 65,20 points ainsi que l’indice LIBX des valeurs bancaires à 139,29 points. Sur l’ensemble de la cote officielle, 23 350 actions d’une valeur globale de 46 584 dollars ont changé de main hier, avec en hors-Bourse 162 913 actions A de Solidere d’une valeur de 1 303 304 dollars, soit au total 186 263 actions d’une valeur de 1 349 888 dollars. Prudence et expectative à Wall Street Sur les places boursières internationales, les investisseurs se sont montrés prudents sur les marchés américains en raison de la réunion de la Fed qui a débuté hier et qui sera conclue aujourd’hui. Un maintien des taux directeurs est attendu, face au ralentissement de la croissance économique américaine illustré hier par la forte baisse de l’indice de confiance des consommateurs en juin. Mais il n’en demeure pas moins que les opérateurs sont restés en coulisses dans l’attente non seulement de la décision de la Fed mais du communiqué qu’elle publiera à l’issue de cette réunion, pour tenter d’évaluer la durée de la pause qu’elle observera après avoir relevé ses taux à six reprises depuis l’été dernier. Dans l’actualité boursière, les titres des groupes de télécommunications WorldCom et Sprint ont été en hausse, après le dépôt par le gouvernement américain d’une plainte en justice pour bloquer leur fusion. Pourtant, la haute technologie était déprimée ainsi que la biotechnologie avec Celera Genomics, après l’annonce la veille du décryptage du génome humain par cette société et l’organisme public Projet du génome humain. Quant au secteur de l’Internet, il s’est montré plutôt mitigé après deux séances difficiles. En effet, l’indice Nasdaq est revenu au-dessous de la barre des 3 900 points, alors que l’indice Dow Jones des industrielles a fluctué entre un plus bas à 10 514,35 points et un plus haut à 10 615,83 points, avant d’afficher en préclôture 10 566,09 points, en hausse de 23,10 points sur la veille. Irrégularité de Bourses européennes Les places boursières européennes se sont montrées irrégulières mardi en fin d’après-midi, à la veille de la décision de la Fed sur les taux américains. Ce sont les replis qui l’ont emporté le plus souvent, avec en particulier de nouveaux et forts reculs aux technologiques, sur le fabricant de téléphones mobiles Nokia et la société de services Internet Freeserve. En fin d’après-midi, l’indice paneuropéen Eurotop 300, a perdu 0,57 %, tandis que l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a reculé de 0,52 %, et ce malgré le coup de pouce donné aux places européennes par l’assez bonne tenue de Wall Street en matinée. À la clôture de la plupart des places européennes, Londres a perdu 0,47 %, Paris 0,28 %, Milan 0,41 % et Amsterdam 0,38 %, mais Francfort, qui ferme plus tard, a progressé de 0,31 %, Madrid gagnant 0,37 %, Bruxelles 0,69 % et Zurich 0,07 %. Ce sont une nouvelle fois les technologiques qui ont été le plus durement touchées, le secteur dans son ensemble perdant 1,59 %. Affectée par de vagues rumeurs sur ses perspectives de résultats, le finlandais Nokia a terminé sur un recul de 3,19 %, après avoir abandonné quelque 4 % dans le courant de l’après-midi. Des analystes ayant participé à une conférence organisée à Londres par la société ont dit ne rien avoir appris de négatif sur ses futurs résultats de la bouche de ses représentants. Nokia elle-même n’a fait aucun commentaire. Pour la deuxième journée consécutive, le britannique Freeserve a reculé de plus de 10 %, abandonnant 11,8 % à la suite de la rupture des négociations sur une fusion avec son concurrent T. Online. Outre les technologiques, la baisse a aussi pesé sur les compartiments des télécommunications, des médias, des valeurs cycliques de consommation, de l’énergie et des services publics. L’opérateur espagnol de télécoms Telefonica constitue l’une des rares exceptions notables à la tendance baissière, avec un bond en avant de 4,7 %. Cette valeur se reprend après les pertes subies dernièrement et liées à des soupçons de délit d’initié qui ont pesé sur son président, Juan Villalonga. Ce dernier devra s’expliquer mercredi devant le conseil d’administration, mais il semble qu’il ne soit pas menacé dans ses fonctions. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse mardi, après trois séances consécutives de pertes, les valeurs de la technologie comme Toshiba Corp faisant progresser l’indice Nikkei de 2,09 %. Il a gagné 353,66 points à 17 279,06 et l’indice TOPIX 27,36 points, soit 1,77 %, à 1 574,34. La crainte suscitée par l’approche du début de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine a toutefois freiné la hausse du marché pendant une grande partie de la journée, mais le mouvement s’est accéléré en fin de séance, les investisseurs tenant davantage compte de la progression de 1,74 % de l’indice composite Nasdaq lundi. Le contrat septembre sur indice s’est adjugé 410 points à 17 360. «Les particuliers qui traitent à la marge ont montré un regain d’intérêt pour les valeurs de technologie de l’information. C’est un gros plus pour le marché», a estimé Tetsuya Ishijima, d’Okasan Securities. Les achats de ce type de valeurs pourraient avoir été encouragés par la perspective que le nouveau gouvernement de coalition placera les questions liées à la technologie de l’information en bonne place dans son programme. Si le Premier ministre Yoshiro Mori tient ses promesses électorales, le nouveau gouvernement, qui sera formé au début du moins prochain, comprendra un ministre d’État chargé des Stratégies de la technologie de l’information. Des valeurs liées à la biotechnologie ont également attiré les acheteurs, après l’annonce que des chercheurs ont réalisé l’ébauche de la séquence du génome humain. Le volume des transactions a totalité 666,75 millions de titres, contre 477,75 millions lundi, avec 924 valeurs en progression pour 340 en repli et 125 inchangées.
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