Standard Oil et AT&T, deux cas spectaculaires de démantèlement
le 09 juin 2000 à 00h00
Le démantèlement de Microsoft, s’il se concrétise, viendra s’ajouter à deux précédents spectaculaires, ceux de la Standard Oil en 1911 et d’AT&T en 1984, qui offrent néanmoins peu de points de comparaison. Le monopole pétrolier de la Standard Oil, bâti en quelques années par John Rockefeller, fut morcelé en 39 sociétés qui existent encore aujourd’hui sous les noms de ExxonMobil, Amoco ou Chevron. Ces entités séparées ont augmenté néanmoins la valeur boursière de l’ensemble, étoffant d’autant la fortune de John Rockefeller qui en restait actionnaire. En 1974, le gouvernement américain réclama cette fois le démantèlement du monopole d’American Telephone and Telegraph, omniprésent aux États-Unis depuis les appels locaux aux services longue distance, en passant par la fabrication de téléphones et la réparation de lignes. Le géant AT&T, qui était alors la plus grande compagnie au monde et le seul opérateur téléphonique américain, cumulait des actifs de 150 milliards de dollars et des effectifs impressionnants d’un million de salariés. À l’issue de huit ans de litiges, les deux parties tombent finalement d’accord en 1982 sur un plan de démantèlement en sept compagnies régionales, Bell pour les appels locaux et une société pour les communications longue distance. À partir de là, AT&T va travailler activement à son démantèlement, qui sera consigné en détails dans un document de 471 pages et mis en œuvre par une armée de 30 000 personnes. Microsoft, bien que leader mondial des logiciels, ne représente comparativement que 50 milliards de dollars d’actifs et 35 000 salariés. Il est néanmoins beaucoup plus difficile de tracer une ligne de partage entre ses différentes activités, qui s’avèrent plus imbriquées les unes aux autres que ne pouvaient l’être celles d’AT and T ou de la Standard Oil.
Le démantèlement de Microsoft, s’il se concrétise, viendra s’ajouter à deux précédents spectaculaires, ceux de la Standard Oil en 1911 et d’AT&T en 1984, qui offrent néanmoins peu de points de comparaison. Le monopole pétrolier de la Standard Oil, bâti en quelques années par John Rockefeller, fut morcelé en 39 sociétés qui existent encore aujourd’hui sous les noms de ExxonMobil, Amoco ou Chevron. Ces entités séparées ont augmenté néanmoins la valeur boursière de l’ensemble, étoffant d’autant la fortune de John Rockefeller qui en restait actionnaire. En 1974, le gouvernement américain réclama cette fois le démantèlement du monopole d’American Telephone and Telegraph, omniprésent aux États-Unis depuis les appels locaux aux services longue distance, en passant par la fabrication de téléphones et la...
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