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Actualités - Chronologie

L'ombre des troupes américaines plane sur la rencontre

Rizicultrice, Park Sun-Bun vit au quotidien le dilemme que constitue la présence militaire américaine dans son pays à quelques jours du sommet historique entre les deux Corées. Depuis un demi-siècle, cette femme de 64 ans ne s’est pas fait faute d’être reconnaissante au rôle joué par l’armée américaine pour repousser les Nord-Coréens au cours du conflit de 1950 mais elle ne veut plus de troupes US à côté de son exploitation agricole. Mme Park s’est retrouvée mardi au nombre des quelque 4 000 personnes qui ont affronté la police au cours d’une manifestation réclamant la fermeture d’une base aérienne américaine voisine. À une semaine à peine du sommet qui doit se tenir à Pyongyang du 12 au 14 juin entre le président du Sud Kim Dae-Jung et le leader du Nord Kim Jong-Il, cette manifestation ne pouvait pas plus mal tomber à la fois pour Séoul et pour Washington. À coup sûr, la Corée du Nord va en profiter pour réclamer une fois de plus le retrait des quelque 37 000 soldats américains toujours cantonnés au sud de la zone démilitarisée qui partage la péninsule coréenne en deux. Pour les gens de Maehyangri, comme Mme Park, il n’est pas du tout question «d’agresseurs impérialistes» – ainsi que le Nord aime bien qualifier les troupes américaines – mais plutôt de la nuisance causée par le vacarme des appareils américains qui passent au-dessus de leurs têtes. Mme Park brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire «Pas de troupes US dans ma ville». Les manifestants ont détruit les protections de fils de fer barbelés délimitant le terrain de plusieurs hectares situés à quelque 80 kilomètres au sud de Séoul en criant «Yankee Go Home». «Je ne peux plus supporter les entraînements des bombardiers américains, fulminait-elle. Les fenêtres de ma maison ont volé en éclats, les murs sont lézardés et le toit s’affaisse». La présence des troupes américaines en Corée du Sud est l’un des principaux obstacles au rapprochement entre les deux pays. Une vingtaine de bases américaines, dont la plupart ont été ouvertes au cours de la guerre (juin 1950 - juillet 1953 qui fit des milliers de morts, dont 33 000 soldats américains), sont encore en activité en Corée du Sud. Régulièrement les médias officiels de Pyongyang réclament le départ de cette présence militaire étrangère mais Washington estime que l’équilibre de la péninsule coréenne serait mise en danger au cas où ses troupes devraient partir. Selon des analystes de Séoul, la Corée du Nord doit vraisemblablement réitérer cette demande du départ de l’armée US au cours du sommet. «C’est une question essentielle pour le Nord», souligne Paik Haksoon, spécialiste des questions nord-coréennes à l’institut d’études Sejong. «Kim Jong-Il va avoir besoin d’attaquer cette question pendant ce sommet afin de se poser comme le “grand leader” qui œuvre assidûment à la réunification des deux Corées». Pyongyang a affirmé très clairement que le départ des forces américaines constituait un élément-clé pour établir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne. «Si les Nords-coréens restent arc-boutés sur cette exigence durant le sommet, cela pourrait conduire à son naufrage», affirme Kim Chang-Su de l’institut coréen d’études stratégiques à Séoul. Cependant, Kim Sung-Han de l’institut des affaires étrangères dépendant du ministère et de la prévision en matière de sécurité nationale estime que la Corée du Nord ne devrait pas persister dans des exigences «irréalistes». «Pyongyang va vraisemblablement plutôt insister sur une “réunification indépendante”, ce qui suggère au préalable un retrait des troupes américaines», estime-t-il. Le secrétaire américain à la Défense William Cohen avait déclaré juste après l’annonce du sommet en avril que la présence des troupes US en Corée serait «nécessaire dans le futur».
Rizicultrice, Park Sun-Bun vit au quotidien le dilemme que constitue la présence militaire américaine dans son pays à quelques jours du sommet historique entre les deux Corées. Depuis un demi-siècle, cette femme de 64 ans ne s’est pas fait faute d’être reconnaissante au rôle joué par l’armée américaine pour repousser les Nord-Coréens au cours du conflit de 1950 mais elle ne veut plus de troupes US à côté de son exploitation agricole. Mme Park s’est retrouvée mardi au nombre des quelque 4 000 personnes qui ont affronté la police au cours d’une manifestation réclamant la fermeture d’une base aérienne américaine voisine. À une semaine à peine du sommet qui doit se tenir à Pyongyang du 12 au 14 juin entre le président du Sud Kim Dae-Jung et le leader du Nord Kim Jong-Il, cette manifestation ne pouvait pas...