Le chef d’état-major de l’armée éthiopienne a affirmé hier que «la machine militaire en Érythrée avait été cassée» par les offensives éthiopiennes depuis le 12 mai dernier. Asmara a reconnu l’existence de «camp de déplacés» abritant des Éthiopiens résidant en Érythrée tandis qu’à Alger les pourparlers indirects entre les représentants des deux pays, engagés depuis le 30 mai, se sont poursuivis dans la discrétion. Selon le lieutenant-général Tsadkan Gebre-Tensae, cité hier par le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald, d’Addis Abeba, «14 des 24 divisions de l’armée érythréenne ont été mises hors combat par les forces éthiopiennes au cours des récents engagements militaires». «Les 10 divisions restantes de l’ennemi ont également subi de lourdes pertes humaines et en matériel», a-t-il ajouté. Mardi, l’Érythrée avait cependant affirmé avoir remporté une bataille à Tesseney, dans le sud-ouest, infligeant de lourdes pertes à Addis-Abeba. Asmara avait expliqué que, devant l’avancée éthiopienne, elle avait conservé l’essentiel de ses troupes en effectuant un repli tactique, notamment sur des positions stratégiques, situées sur le front central et occidental. Le même jour, sur le front est d’Assab, l’Éthiopie avait affirmé avoir repoussé une attaque de soldats érythréens. Selon les observateurs étrangers à Addis Abeba, il est encore trop tôt «à ce stade» pour clairement se prononcer sur les pertes des deux belligérants. Le chef d’état-major éthiopien a, par ailleurs, jugé «appropriées et justifiées» les garanties internationales exigées par l’Éthiopie dans le cadre d’un redéploiement de son armée du territoire érythréen. Toutefois, il a insisté sur le fait que «la sécurité de l’Éthiopie était basée sur ses efforts à consolider sa puissance militaire». Le 29 mai, ce même officier avait déclaré aux journalistes de la presse internationale à Addis Abeba que l’armée d’Addis-Abeba voulait «rendre inefficaces» les forces érythréennes. Au drame humanitaire des civils érythréens, déplacés par centaines de milliers par les combats, s’est ajouté celui des Éthiopiens vivant encore en Érythrée. Près de 2 000 Éthiopiens vivant en Érythrée ont ainsi été regroupés depuis environ dix jours par les autorités érythréennes qui ont reconnu officiellement hier l’existence de «camps de déplacés». Ces Éthiopiens, vivant pour la plupart en Érythrée depuis plusieurs années, ont été installés près de la localité de Shikati, à 20 kilomètres au sud d’Asmara, dans un sous-bois d’eucalyptus et sous la surveillance de miliciens armés. Selon certains Éthiopiens interrogés par les journalistes, des milliers de leurs concitoyens ont été regroupés et placés sous surveillance dans d’autres camps, notamment à Massawa (nord-est d’Asmara), sur les bords de la mer Rouge, et en périphérie de la capitale. À Alger, les négociations indirectes entre les deux pays, entamées le 30 mai, se sont poursuivies dans la discrétion. Le 4 juin, les négociateurs érythréens et éthiopiens avaient eu en main de nouvelles propositions du médiateur, en vue d’un règlement global du conflit. À ce jour, aucune des deux parties n’a répondu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef d’état-major de l’armée éthiopienne a affirmé hier que «la machine militaire en Érythrée avait été cassée» par les offensives éthiopiennes depuis le 12 mai dernier. Asmara a reconnu l’existence de «camp de déplacés» abritant des Éthiopiens résidant en Érythrée tandis qu’à Alger les pourparlers indirects entre les représentants des deux pays, engagés depuis le 30 mai, se sont poursuivis dans la discrétion. Selon le lieutenant-général Tsadkan Gebre-Tensae, cité hier par le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald, d’Addis Abeba, «14 des 24 divisions de l’armée érythréenne ont été mises hors combat par les forces éthiopiennes au cours des récents engagements militaires». «Les 10 divisions restantes de l’ennemi ont également subi de lourdes pertes humaines et en matériel», a-t-il...