L’été 2000 est celui du renversement radical de l’ordre vestimentaire. Dîner officiel très collet monté? La nudité est de rigueur. Les dames «in» se déshabillent... somptueusement à grands frais. Car ces feuilles de vigne, supposées mettre en valeur, coûtent autant que les créations traditionnelles. Il y a une année, entre les sous-vêtements et les habits «à sortir», la distinction était encore aisée... D’ailleurs, ces deux versions constituaient deux secteurs distincts dans l’empire de la mode. La seule mixité admise était celle des maillots de bain et du linge fin. En changeant de siècle, la lingerie apparait, de fait, comme une intarissable fontaine d’inspiration pour les visionnaires du chiffon. Les créateurs créent de nouveaux basiques qui, en réalité, ne sont que les empreintes fidèles des dessous d’hier. «Légéreté et charme», proclament les stylistes en faisant descendre dans la rue des femmes en chemise, même pas de nuit, ou en robe nuisette. Pour faire du neuf avec du vieux, ils puisent dans les anciennes malles les souvenirs de famille, les photos des aïeux. Ils inventent ainsi des joyaux tellement spectaculaires qu’ils rivalisent avec des œuvres maîtresses du passé. Sur le terrain, des dames respectables sortent en «parure», comme on qualifiait dans le temps «les effets de dessous»... Embijoutées, parfumées, maquillées elles étrennent leurs «combines» comme des robes de cour. Elles coûtent d’ailleurs autant... et les grandes maisons s’appliquent à créer d’innombrables variétés sur ce thème connu, de manière à alimenter la tendance... Résultat: les catalogues de mode de cet été ressemblent étonnamment aux carnets de dessin de Toulouse-Lautrec. La tendance «Tartuffe» Face à ces réminiscences galantes, une autre tendance réclame droit de cité dans l’empire de la mode: celle de l’extrême simplification. S’inspirant elle aussi de la lingerie, elle bannit toute fioriture, tout jeu de dentelles et de broderies, pour proposer des modèles épurés à l’extrême, d’une rigoureuse simplicité. Mais un savant jeu de transparences, mutin et audacieux, révèle l’objectif ultime de cette inspiration, soi-disant anodine, taillée dans la légéreté vaporeuse des matières suggestives. La vraie lingerie, elle, se défait de ses chichiteux froufrous, appliquant à la lettre les principes minimalistes: sobriété, efficacité, légèreté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’été 2000 est celui du renversement radical de l’ordre vestimentaire. Dîner officiel très collet monté? La nudité est de rigueur. Les dames «in» se déshabillent... somptueusement à grands frais. Car ces feuilles de vigne, supposées mettre en valeur, coûtent autant que les créations traditionnelles. Il y a une année, entre les sous-vêtements et les habits «à sortir», la distinction était encore aisée... D’ailleurs, ces deux versions constituaient deux secteurs distincts dans l’empire de la mode. La seule mixité admise était celle des maillots de bain et du linge fin. En changeant de siècle, la lingerie apparait, de fait, comme une intarissable fontaine d’inspiration pour les visionnaires du chiffon. Les créateurs créent de nouveaux basiques qui, en réalité, ne sont que les empreintes fidèles des...