Pour gagner la reconnaissance de la reine, de l’Église et de l’opinion, Camilla Parker Bowles a emprunté un chemin de rédemption soigneusement balisé par des conseillers en communication. Résultat, une majorité de Britanniques, après l’avoir rendue responsable de l’échec de l’idylle entre Charles et Diana – et donc largement détestée – admet et même souhaite son remariage avec l’héritier du trône. «L’opinion a effectué une volte-face complète sur la question», a reconnu Lord Blake, un expert interrogé par la BBC, ajoutant à titre personnel : «Je ne crois pas qu’ils vont se marier». L’opération de relations publiques magistralement maîtrisée a culminé le week-end dernier quand, après des années d’ostracisme, Sa Majesté Elizabeth II a accepté de rencontrer la compagne et ex-maîtresse de son fils. Même si les deux femmes ne se sont que croisées lors d’un barbecue, réunissant une centaine de convives à Highgrove, la maison de campagne de Charles, il a fallu un long travail souterrain pour arriver à ce résultat faussement anodin. Les experts et courtisans des Windsor ont unanimement salué les talents d’un homme de l’ombre, le secrétaire particulier du prince Charles, Mark Bolland. Cet homme brillant a débuté dans le privé (il a travaillé pour IBM), avant de rejoindre le monde de la publicité puis d’être nommé à l’âge de 30 ans directeur de la Commission régulatrice de la presse, chargée notamment des litiges sur le respect de la vie privée. Sa carte de visite en faisait dès lors le conseiller en communication idéal. C’est logiquement qu’il a été chargé par le cabinet du prince de Galles d’une mission a priori impossible : favoriser le rapprochement de Camilla et Charles, sans empiéter sur la période de deuil de Diana, brutalement tuée fin août 1997. « Opération Ritz » Une fois gagnée l’amitié de Camilla, le conseiller l’introduit, de façon privée, auprès de son réseau politico-médiatique. L’ex-amour de jeunesse de Charles, partageant le goût du prince pour la campagne, les chevaux et le polo, confesse en retour son «immense admiration» pour Mark Bolland. L’image du prince de Galles subit en même temps quelques retouches, afin qu’il soit perçu comme davantage «relax», laissant même un jour une Spice Girl lui pincer le postérieur. Celle que Diana avait appelée le «rottweiler» apparaît peu à peu comme ayant bonne influence sur l’héritier. En janvier 1998, l’étape suivante est une «fuite» suscitée : la rencontre de Camilla et du prince William. L’ex-ennemie parvient, condition absolue, à se faire accepter par les fils de Charles et Diana. En janvier 1999, la première photo du couple en public, une sortie de l’hôtel Ritz à Londres, est soigneusement préparée par l’équipe de Mark Boland. En fait, c’est un modèle de communication, arrivant à point, bien reçue et maintenant connue sous le nom d’«Opération Ritz». Anniversaire du prince à Highgrove, croisière en Grèce, concerts, théâtre, dîners de charité : Camilla est de plus en plus visible les mois suivants. De leur côté, les conseillers de Buckingham Palace gardent un œil sur le couple et l’autre sur... les sondages. Quand Camilla accompagne Charles dans son récent voyage officiel à Édimbourg, la reine se déplace secrètement dans son domaine écossais de Balmoral pour suivre de près les faits et gestes du couple. Ce déplacement réussi emportera sa conviction : après dix-huit ans de refus, elle verra la compagne de son fils. Aujourd’hui, la réhabilitation semble en bonne voie alors que la presse vient de révéler que l’archevêque de Cantorbery, primat de l’Église d’Angleterre, a accepté de recevoir à plusieurs reprises Camilla.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour gagner la reconnaissance de la reine, de l’Église et de l’opinion, Camilla Parker Bowles a emprunté un chemin de rédemption soigneusement balisé par des conseillers en communication. Résultat, une majorité de Britanniques, après l’avoir rendue responsable de l’échec de l’idylle entre Charles et Diana – et donc largement détestée – admet et même souhaite son remariage avec l’héritier du trône. «L’opinion a effectué une volte-face complète sur la question», a reconnu Lord Blake, un expert interrogé par la BBC, ajoutant à titre personnel : «Je ne crois pas qu’ils vont se marier». L’opération de relations publiques magistralement maîtrisée a culminé le week-end dernier quand, après des années d’ostracisme, Sa Majesté Elizabeth II a accepté de rencontrer la compagne et ex-maîtresse...