Les marchés financiers libanais sont restés fermés hier, en signe de deuil à la suite du décès du président syrien Hafez el-Assad. Il est à rappeler que le dollar s’était inscrit en dernière cotation, à la veille du week-end, au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Mais, en raison de la rareté de l’offre en cette monnaie, les établissements de crédit de la place ont été amenés à la négocier effectivement au haut de cette fourchette, entre 1 513,50 et 1 514,00 LL. Hausse de l’euro après les chiffres américains À l’étranger, l’euro a grimpé hier au-dessus de 0,96 dollar sur les marchés des changes internationaux, après l’annonce d’une baisse inattendue des ventes de détail aux États-Unis le mois dernier, alimentant des spéculations sur un ralentissement de l’économie américaine. Contrairement aux anticipations de plusieurs analystes tablant sur une progression de 0,1 % de ces ventes, la baisse de 0,3 % de cet indicateur est venue confirmer le ralentissement de l’économie américaine et exclure toute perspective d’un nouveau resserrement du crédit, redonnant par ricochet des forces à l’euro face au dollar. Selon les cambistes, nombre d’investisseurs, mettant à profit ces chiffres, se sont empressés pour racheter de l’euro dans la mesure que le ralentissement de l’économie américaine est censé réduire le différentiel de taux d’intérêt entre les États-Unis (6,50 %) et la zone euro (4,25 %). De plus, les propos attribués hier à Tommaso Padoa-Schioppa, membre italien du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), n’excluant pas la possibilité d’interventions concertées de la part des banques centrales en faveur de l’euro au besoin, ont eu également un impact positif sur le tenue de cette monnaie. Et d’ajouter que la récente hausse d’un demi-point en pourcentage du principal taux directeur de la BCE (le Refi) n’écarte pas d’autres hausses plus radicales car le taux reste toujours très bas. Pourtant, les attaques à la baisse du dollar contre l’euro devaient se relâcher un peu après que le président de la banque de réserve de New York, William Mcdonough, eut estimé hier que la Réserve fédérale américaine (Fed) devait rester vigilante sur le front de l’inflation. «Les prix des matières premières, et pas seulement ceux du pétrole, ont augmenté rapidement ces derniers mois alors que l’économie rebondissait fortement», a-t-il dit. Et d’ajouter qu’aux États-Unis particulièrement, «la hausse des coûts de plusieurs services montre clairement que nous devons être vigilants maintenant sur le front de l’inflation». Cela étant, le marché paraissait hier attendre la publication aujourd’hui des dernières données sur l’inflation aux États-Unis, un indicateur-clé pour la Fed afin de déterminer sa politique monétaire. Les analystes estimaient toutefois qu’à moins d’une évolution très marquée de l’inflation aux États-Unis, l’euro aurait des difficultés à reprendre vraiment de la hauteur. Ailleurs, la livre sterling a reculé face au billet vert, l’annonce d’une légère hausse de l’inflation en Grande-Bretagne n’ayant pas pu avoir d’impact positif sur son marché. La hausse des prix à la consommation au Royaume-Uni a atteint 0,4 % en mai par rapport à avril et 3,1 % en glissement annuel selon l’Office des statistiques nationales (ONS), alors qu’on s’attendait à une hausse de 0,3 % sur un mois et de 3 % en rythme annuel. Il en est de même du yen qui était en léger recul face au dollar, les exportateurs japonais ayant vendu de la devise nippone pour limiter son appréciation. Compte tenu de toutes ces considérations, le billet vert s’est négocié sur un ton partagé à New York, comme suit : – 0,9605 pour un euro contre 0,9540, la veille – 1,5085 pour un sterling contre 1,5130 – 2,0360 DM contre 2,0505 – 6,8295 FF contre 6,8765 – 1,6270 FS contre 1,6375 – 2 015,90 lires contre 2 029,85 – 106,90 yens contre 106,85. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont fait montre de volatilité hier, après la publication des ventes de détail aux États-Unis, en baisse de 0,3 % le mois dernier, et la mise en garde lancée par le président de la Réserve de New York sur le front de l’inflation américaine. Bien que ces statistiques soient venues confirmer le ralentissement de l’économie américaine à la suite des hausses de taux directeurs décidées par la Fed depuis un an, il n’en demeure pas moins qu’elles risquent également de freiner la progression des bénéfices des entreprises, indique-t-on dans les milieux professionnels. Mais après que les investisseurs eurent appris que le rythme des dépenses de consommation se modère et la progression de cet indicateur sur le deuxième trimestre pourrait ralentir à 3,5 %, on a commencé à miser sur un statu quo monétaire de la Fed lors de la réunion de son comité de l’open market prévue les 27 et 28 juin. En plus, les péripéties de Hewlett-Packard après la révision à la baisse de ses bénéfices trimestriels par une société de conseils devaient peser passagèrement sur la tendance, sans pour autant parvenir à entraver finalement la hausse des marchés américains soutenue par le répit envisagé sur le front des taux d’intérêt. C’est ainsi que l’indice Nasdaq repassait à la hausse le seuil des 3 800 points et le Dow Jones des industrielles de Wall Street parvenait lui aussi à remonter la pente d’un plus bas à 10 492,79 points à un plus haut à 10 614,06 points, avant d’afficher en préclôture 10 601,99 points, en hausse de 37,78 points sur la veille. Les Bourses européennes ont clôturé en ordre dispersé Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé, mardi, à l’instar des marchés d’actions américains apparaissant déstabilisés après l’annonce d’une baisse des ventes au détail aux États-Unis en mai. À Paris, l’indice Cac 40 a fini dans le rouge, sur un repli de 0,25 %, tandis qu’à Londres, le FTSE 100 réussissait à terminer en hausse de 0,25 %. À la Bourse de Francfort, qui clôt désormais à 18h00 GMT, l’indice Dax gagnait 0,49 %. Milan a gagné 0,46 % et Zurich 0,26 %, tandis que Bruxelles prenait 1,33 % et qu’Amsterdam s’octroyait 0,29 %. Après avoir reculé, Madrid a fini par gagner 0,14 % tandis qu’Helsinki terminait sur un repli de 1,94 %. Le indices multipays reflétaient la tendance. L’indice Eurotop 300 a perdu 0,22 % mais l’EuroStoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro s’est apprécié de 0,27 %. La statistique des ventes au détail de mai aux États-Unis – en baisse de 0,3 % alors qu’on les attendait inchangées – est apparue à double-tranchant au yeux des investisseurs américains. C’est d’un côté la dernière preuve en date que la croissance économique semble se ralentir aux États-Unis, ce qui peut donner à penser que les taux d’intérêt ne seront sans doute plus (beaucoup) relevés par la Réserve fédérale. Mais un tel recul des ventes, qui intervient après une baisse de 0,6 % en avril et après plusieurs statistiques négatives ces dernières semaines, fait craindre en parallèle aux investisseurs que la croissance économique américaine ne ralentisse pas trop brutalement. Si tel était le cas, cela devrait se ressentir dans les résultats des sociétés, ce que la Bourse n’apprécierait pas. Dans ce climat d’hésitations, certaines valeurs de télécoms étaient bien orientées. Et avant tout Équant, société de droit néerlandais cotée à Paris, dopée par des informations du Wal Street Journal sur un rachat par France Télécom ou Global Crossing. Équant a gagné 9,78 %. France Télécom a en revanche cédé 1,9 %. À Francfort, Deutsche Telekom gagnait 0,92 % en fin d’après-midi, tandis qu’à Londres, Vodafone AirTouch a pris 0,32 %. British Telecom a, à l’inverse, cédé 1,64 %. Le fabricant de cosmétiques L’Oréal a profité d’achats défensifs (+3,33 %). Son concurrent anglo-néerlandais Unilever a gagné 1,47 % à Londres et 2,96 % à Amsterdam. Les pétrolières étaient bien orientées dans la foulée de la hausse des cours du brut. À Paris, TotalFina Elf a gagné 2,17 %, tandis qu’à Londres, BP Amoco s’est s’adjugé 1,78 % à Oslo. À Paris, STMicroelectronics a terminé en net repli de 6,7 % sur des informations, bien que démenties, au sujet d’une augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars. Tokyo : en baisse avec la haute technologie et les télécoms Les valeurs japonaises ont terminé en repli mardi, particulièrement les télécommunications et les high techs boudées par les investisseurs après les pertes subies la veille par leurs homologues américaines, à l’approche de la publication d’importantes statistiques aux États-Unis. L’indice Nikkei 225 a fini sur une baisse de 65,66 points, soit 0,39 %, à 16 914,95, tandis que le Topix, à plus large base de calcul, perdait 15,15 points, soit 0,96 %, à 1 570,68. Le recul des indices reflète les pertes accusées par des valeurs à forte capitalisation comme Sony Corp, le spécialiste de l’investissement dans Internet Sofbank Corp, et des valeurs liées au géant des télécoms Nippon Telegraph and Telephone Corp (NNT). Des valeurs faisant l’objet d’une demande sélective comme les chantiers navals et l’immobilier ont confirmé leur bonne orientation et, de ce fait, le nombre des valeurs en hausse a pu dépasser celui des baisses. Sur la première section de la cote, on a compté 718 valeurs en hausse contre 563 en baisse, dans un volume d’échanges de 892 millions d’actions après 701 millions la veille. En réaction au recul de 2,76 % lundi de l’indice américain Nasdaq des technologiques, Sony a perdu 2,93 %, à 10 280 yens, et Sofbank a chuté de 8,25 %, à 17 240 yens. NTT a perdu 2,08 %, à 1,41 million de yens, les investisseurs craignant que cette valeur soit affectée par une vente massive des actions que l’État détient encore dans l’ancien monopole. NTT DoCoMo Inc a abandonné pour sa part 4,36 %, à 3,07 millions de yens, une réduction de la part de 51 % actuellement détenue par NTT dans cette filiale de téléphonie mobile ayant également été évoquée. Le marché semble sur le point de se stabiliser, vu la rareté maintenant des valeurs à un niveau attractif, les opérateurs ayant déjà acheté presque toutes les valeurs jusque-là sous-évaluées, a noté un professionnel.
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