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Actualités - Chronologie

Un règne ponctué de querelles avec tous les pays voisins

Hafez el-Assad s’est querellé durant ses 30 ans de pouvoir avec ses voisins irakiens, jordaniens, turcs, des dirigeants libanais et palestiniens, sans parler des Israéliens dont il fut un ennemi implacable. «Le président Assad a passé son temps à s’ingérer dans les affaires de ses voisins pour empêcher que ces derniers ne se mêlent des siennes comme ils avaient l’habitude de le faire depuis l’indépendance de la Syrie en 1946. C’était pour lui un objectif stratégique», a affirmé le politologue Ghassan Salamé. «Il ne faut pas oublier que l’instabilité permanente de son pays jusqu’à son arrivée au pouvoir avait favorisé les ingérences des hachémites, séoudiens, turcs et d’autres. La première chose qu’il a fait c’est d’y mettre fin», a-t-il ajouté Pour d’autres, comme Kamal Joumblatt dans son livre «Je parle pour le Liban», Hafez el-Assad a toujours eu pour ambition de reconstituer la «Grande Syrie» d’avant la Première Guerre mondiale qui englobait la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. «Les dirigeants de Damas ne veulent pas que les Palestiniens oublient les jours qui ont précédé la division du Moyen-Orient en 1919 quand les Libanais, les Palestiniens, les Jordaniens, les Syriens, formaient un seul peuple, celui de la Syrie historique dans ses frontières naturelles», écrivait le dirigeant druze libanais assassiné en 1977. Au sud, Hafez el-Assad s’est montré un adversaire implacable non seulement d’Israël mais aussi du chef de l’OLP Yasser Arafat. «La Palestine (Israël et les territoires palestiniens) n’est pas seulement un élément de la patrie arabe mais représente la majeure partie du sud de la Syrie», avait affirmé le chef de l’État syrien en mars 1974. Il voyait dans l’État hébreu un «usurpateur des terres arabes» et a refusé jusqu’au bout de céder un pouce du plateau du Golan, perdu lors de la guerre israélo-arabe en 1967. Le «vieux lion» de Damas, qui a toujours voulu jouer le rôle de «grand frère» des Palestiniens, ne supportait pas la volonté farouche d’Arafat de maintenir l’indépendance de la centrale palestinienne à l’égard des pays arabes. En 1993, il s’était déchaîné en apprenant que le chef de l’OLP avait négocié avec Israël, sans le prévenir, les accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne. Au sud-est, ses relations ont été extrêmement tendues avec la Jordanie. Assad reprochait au roi Hussein, décédé en février 1999, d’avoir tour à tour hébergé les Frères musulmans, d’être proche de son rival irakien, d’avoir signé une paix séparée avec Israël en 1994. À l’ouest, Hafez el-Assad a réussi à asseoir son autorité au Liban, en défaisant avec ténacité durant les 15 années de guerre civile tous ses adversaires, notamment les partis chrétiens hostiles à la présence de 35 000 de ses soldats au pays du Cèdre. Entre la Syrie et l’Irak, gouvernés par des branches rivales du parti Baas, les relations étaient rompues depuis 1980. Damas avait pris partie en faveur de Téhéran lors de la guerre Irak/Iran (1980-1988), et participé à la coalition internationale qui avait bouté l’Irak hors du Koweit en février 1991. Avec la Turquie au nord, la tension avait failli dégénérer en guerre à l’automne 1998, lorsque les dirigeants turcs avaient menacé d’intervenir militairement en Syrie qu’ils accusaient de soutenir les indépendantistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Hafez el-Assad dénonçait pour sa part le rationnement des eaux de l’Euphrate, qui prend sa source en Turquie avant de traverser la Syrie, et l’accord de coopération militaire entre Israël et la Turquie de février 1996.
Hafez el-Assad s’est querellé durant ses 30 ans de pouvoir avec ses voisins irakiens, jordaniens, turcs, des dirigeants libanais et palestiniens, sans parler des Israéliens dont il fut un ennemi implacable. «Le président Assad a passé son temps à s’ingérer dans les affaires de ses voisins pour empêcher que ces derniers ne se mêlent des siennes comme ils avaient l’habitude de le faire depuis l’indépendance de la Syrie en 1946. C’était pour lui un objectif stratégique», a affirmé le politologue Ghassan Salamé. «Il ne faut pas oublier que l’instabilité permanente de son pays jusqu’à son arrivée au pouvoir avait favorisé les ingérences des hachémites, séoudiens, turcs et d’autres. La première chose qu’il a fait c’est d’y mettre fin», a-t-il ajouté Pour d’autres, comme Kamal Joumblatt dans son...