Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Pour les jeunes japonais, l'emploi à vie ne fait plus le bonheur

Entrer dans un grand groupe et y travailler jusqu’à la retraite n’est plus le modèle dont rêvent les jeunes Japonais, qui préfèrent combattre le chômage en dénichant des petits boulots ou en créant leur société. Trouver un emploi n’est plus une sinécure au Japon. Depuis deux ans, le taux de chômage tutoie les 5 % et la plupart des géants de l’économie nippone, de NEC à Toyota, n’embauchent plus qu’au compte-gouttes à la sortie des universités. À la fin avril, un mois après la fin de l’année universitaire, 240 000 étudiants n’avaient pas encore trouvé d’emploi, selon les statistiques gouvernementales. Et le taux de chômage, en très léger retrait à 4,8 %, s’élevait encore à 9,9 % pour les hommes de 15 à 24 ans et à 9,1 % pour les femmes du même âge. Cette raréfaction de travail, impensable il y a dix ans, a contribué à donner naissance aux «freeters», un nouveau mot tiré de l’abréviation des mots anglais «free» (libre) et allemand «arbeiter» (travail). Le nombre de ces «travailleurs indépendants» ne cesse d’augmenter : d’environ 500 000 au début des années 80, ils sont près de 1,5 million aujourd’hui, selon l’Institut japonais du travail. Les «freeters» trouvent des emplois à temps partiel dans les services, comme la restauration ou la distribution. Ainsi, Morimoto Takazao, 19 ans, en cumule deux, l’un durant la journée, l’autre le soir, à Tokyo. «Je n’ai jamais gardé le même boulot plus de trois mois. J’arrête lorsqu’il ne me convient pas. En fait, mon rêve est de devenir musicien», explique-t-il. Ce phénomène n’est pas unique au Japon mais son ampleur prend une dimension particulière parce qu’il s’oppose totalement à celui sur lequel le Japon a bâti sa prospérité de l’après-guerre. De nombreux jeunes deviennent en effet «freeters» par rejet du monde des «salarymen», ces employés de bureau au costume sombre qui se consacrent totalement à leur entreprise et patientent avant de monter les échelons à l’ancienneté. «Les “salarymen” n’ont plus une image très positive auprès des jeunes», constate Kenichi Kawasaki, professeur de sociologie à l’Université Komazawa à Tokyo. Plutôt que de jurer fidélité à leur entreprise, «les jeunes préfèrent l’indépendance et profiter de la vie, même s’ils perdent une certaine sécurité», explique-t-il. Le pourcentage d’étudiants espérant être embauchés à temps complet est ainsi tombé à 66 %, un record à la baisse, selon une étude gouvernementale menée en février. Volontairement ou non, le nombre d’employés à temps partiel s’est d’ailleurs accru en avril pour le 44e mois consécutif pour atteindre 5,1 millions, soit 250 000 de plus qu’un an auparavant. Parallèlement, 440 000 emplois à plein temps ont été supprimés, portant leur total à 46,3 millions. Les Japonais «sont en train de tourner le dos au concept traditionnel qui lie la réussite et le bonheur à la sortie d’une université prestigieuse et à l’embauche dans une grande entreprise», soulignait récemment la société de relations publiques Dentsu dans une étude sur les nouveaux modes de vie. Comme aux États-Unis ou en Europe, les nouvelles technologies font rêver et la jeunesse trouve ses modèles parmi les créateurs de start-up ayant réussi, comme Masayoshi Son, le fondateur de Softbank (logiciels et Internet), devenu l’un des hommes les plus riches de l’archipel.
Entrer dans un grand groupe et y travailler jusqu’à la retraite n’est plus le modèle dont rêvent les jeunes Japonais, qui préfèrent combattre le chômage en dénichant des petits boulots ou en créant leur société. Trouver un emploi n’est plus une sinécure au Japon. Depuis deux ans, le taux de chômage tutoie les 5 % et la plupart des géants de l’économie nippone, de NEC à Toyota, n’embauchent plus qu’au compte-gouttes à la sortie des universités. À la fin avril, un mois après la fin de l’année universitaire, 240 000 étudiants n’avaient pas encore trouvé d’emploi, selon les statistiques gouvernementales. Et le taux de chômage, en très léger retrait à 4,8 %, s’élevait encore à 9,9 % pour les hommes de 15 à 24 ans et à 9,1 % pour les femmes du même âge. Cette raréfaction de travail,...