Drapé dans une couverture bleue de la protection civile, un homme tente de réconforter une jeune femme, en l’enlaçant, sur le perron du hall sportif, où sont réunies les familles des otages retenus depuis mercredi après-midi dans la crèche-garderie de Wasserbillig à l’est du Luxembourg par un forcené. Parents, amis, anonymes, tous attendent avec anxiété que le ravisseur libère les enfants et leurs éducatrices. «Oui, j’ai peur», explique Maria, maman d’une petite fille de sept ans dont elle préfère taire le nom. «Avec tous ces enfants dans la salle, si des hommes agressifs interviennent, cela risque d’être dangereux pour tout le monde», remarque-t-elle, avant de reconnaître son impuissance. «On est là, on attend, et je ne sais même pas comment elle va, ma fille (...) On me dit qu’elle dort, qu’elle a mangé, mais je sais pas», poursuit-elle. Un peu plus loin, une autre mère, dont le fils a déjà été libéré, est venue voir s’il y avait du nouveau. Interrogée sur l’état de santé de son enfant, elle refuse de répondre impressionnée par le fort déploiement médiatique autour d’elle. En fin de matinée, deux femmes, le visage crispé, s’éloignent précipitamment du centre d’accueil, ignorant les journalistes. «Vous avez des enfants pris en otages ?», risque l’un d’entre eux. «Ce n’est pas moi, c’est ma cousine», explique l’une d’elles, en désignant de la tête la femme qui la précède, avant de hausser les épaules et d’ajouter «évidemment, c’est dur, qu’est-ce que vous croyez ?». «J’allais parfois chercher mon neveu et ma nièce à la garderie», explique Antonio, qui suit le déroulement de la prise d’otages de la rue. «Je me souviens que la porte est toujours ouverte, c’est pour ça qu’il est rentré si facilement», remarque-t-il. Dans les rues éloignées du centre de ce village proche de la frontière avec l’Allemagne, sous un chaud soleil, des petits groupes de voisins se réunissent sur les trottoirs, les perrons. Des familles observent les allées et venues des policiers derrière leurs fenêtres. Accroupi sur un trottoir, un homme observe attentivement les abords de la crèche à l’aide de ses jumelles qu’il ne quittera qu’au passage en trombe de deux voitures de police. Christine Grizenko, postée depuis jeudi matin derrière une rangée de photographes dans un quartier résidentiel proche de la crèche, regarde de loin le déroulement des opérations et les relèves de policiers. «Toutes les demi-heures, je vais voir la télévision chez moi, histoire de faire le point sur la situation», explique-t-elle. «Je pense surtout à ma belle-fille qui a failli être puéricultrice dans cette crèche», confie-t-elle, en assurant n’avoir pas pu dormir de la nuit : «Je connais des enfants (pris en otages), ceux de voisins, de la coiffeuse», précise-t-elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Drapé dans une couverture bleue de la protection civile, un homme tente de réconforter une jeune femme, en l’enlaçant, sur le perron du hall sportif, où sont réunies les familles des otages retenus depuis mercredi après-midi dans la crèche-garderie de Wasserbillig à l’est du Luxembourg par un forcené. Parents, amis, anonymes, tous attendent avec anxiété que le ravisseur libère les enfants et leurs éducatrices. «Oui, j’ai peur», explique Maria, maman d’une petite fille de sept ans dont elle préfère taire le nom. «Avec tous ces enfants dans la salle, si des hommes agressifs interviennent, cela risque d’être dangereux pour tout le monde», remarque-t-elle, avant de reconnaître son impuissance. «On est là, on attend, et je ne sais même pas comment elle va, ma fille (...) On me dit qu’elle dort, qu’elle a...