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Actualités - Chronologie

Indonésie Extrémistes et modérés débattent d'un éventuel gouvernement papou en exil

Les extrémistes papous se sont mesurés hier aux modérés sur la question de la formation d’un gouvernement en exil, au cours du congrès de la Papouasie occidentale qui se tient à Jayapura. Une telle décision serait considérée comme une déclaration de guerre par Djakarta, qui refuse de discuter de l’indépendance de la province d’Irian Jaya, riche en ressources naturelles et contrôlée par l’Indonésie depuis 1963. «Si nous décidons la mise en place d’un gouvernement en exil ou d’un gouvernement de transition, l’Indonésie nous tuera», affirme Ismail Rja Bauw, membre du praesidium du Mouvement papou, organisateur du congrès dans la capitale provinciale que les autorités indonésiennes ont, apparemment, au moins temporairement abandonnée depuis lundi aux militants indépendantistes. Le vote que les organisateurs ont été forcés d’accepter, à la demande de l’assistance, pourrait, selon des informations de bonne source, intervenir rapidement. Mais la décision de savoir qui sera autorisé à y participer faisait elle-même l’objet d’âpres débats. Pour trouver une solution, une session réduite du congrès devait être tenue à huis clos. «Nous savons qui sont parmi nous les collaborateurs de Djakarta et nous tenons cette session à huis clos pour les mettre à l’écart. Nous n’avons pas besoin de ces fauteurs de troubles», indique M. Bauw, un vétéran qui a suivi à New York, durant la deuxième moitié des années 60, les sessions des Nations unies qui ont abouti à l’intégration de la Papouasie occidentale à l’Indonésie. Si l’indépendance, à en juger par le volume des applaudissements et acclamations, fait l’unanimité parmi les presque 3 000 congressistes comme sans doute dans l’ensemble de la population, les opinions divergent sur les moyens d’y parvenir. Les extrémistes, dont les anciens détenus politiques et les représentants de l’Organisation Papouasie libre (OPM), le mouvement de guérilla officieusement présent dans la salle, estiment que le congrès ne peut se terminer que par une proclamation formelle de l’indépendance et par l’annonce de la formation d’un gouvernement de transition. Depuis l’ouverture du congrès, des listes de noms circulent d’ailleurs dans les coulisses. Les modérés – dont la majorité des organisateurs de la rencontre – souhaitent, en revanche, une approche légaliste et internationale, mettant l’accent sur l’iniquité de la décision des Nations unies reconnaissant la souveraineté de Djakarta sur la Papouasie occidentale ainsi que sur les violations massives des droits de l’homme commises selon eux par l’armée indonésienne. Beaucoup de ces modérés considèrent avec suspicion certains orateurs au discours particulièrement radical, n’hésitant pas à suggérer qu’ils sont en fait manipulés, voire directement employés par les services de sécurité indonésiens. La session, hier, a commencé avec près de deux heures de retard en raison du renforcement des mesures de sécurité pourtant déjà strictes, décidées en raison de risques de «provocations». Deux personnes qui portaient une arme de poing ont ainsi, selon des sources bien informées, été interceptées, mardi, lors des fouilles systématiques. Ce renforcement de la sécurité est notamment illustré par la présence, aux côtés des membres du service d’ordre du congrès en chemisettes noires frappées du drapeau de la Papouasie occidentale, de guerriers traditionnels, arcs et flèches à la main, nus à l’exception d’une coiffure de plumes et d’un étui leur protégeant le sexe. Jusqu’à présent limitée à des défilés et des danses traditionnelles, la contribution de ces guerriers redoutés, venus des hauts plateaux, ne semble pas négligeable : ils prennent leur rôle au sérieux et personne ne semble prêt à les provoquer.
Les extrémistes papous se sont mesurés hier aux modérés sur la question de la formation d’un gouvernement en exil, au cours du congrès de la Papouasie occidentale qui se tient à Jayapura. Une telle décision serait considérée comme une déclaration de guerre par Djakarta, qui refuse de discuter de l’indépendance de la province d’Irian Jaya, riche en ressources naturelles et contrôlée par l’Indonésie depuis 1963. «Si nous décidons la mise en place d’un gouvernement en exil ou d’un gouvernement de transition, l’Indonésie nous tuera», affirme Ismail Rja Bauw, membre du praesidium du Mouvement papou, organisateur du congrès dans la capitale provinciale que les autorités indonésiennes ont, apparemment, au moins temporairement abandonnée depuis lundi aux militants indépendantistes. Le vote que les...