Le président péruvien, Alberto Fujimori, se décrit lui-même comme l’homme «dont la main ne vacille jamais» dans les moments difficiles, ajoutant qu’il est en outre «méthodique et calculateur». Reconduit à la tête de l’État pour un troisième mandat consécutif de cinq ans, il a confié qu’il considérait la politique avant tout «comme un jeu d’échecs». Soumis à une très forte pression internationale, notamment de la part des États-Unis et de l’Organisation des États américains (OEA) qui a finalement renoncé à sa mission d’observation estimant que le processus électoral n’était «ni libre, ni juste», il ne s’est jamais départi de son apparence impassible, un peu comme si tout cela ne le concernait pas. À aucun moment, il n’a non plus donné l’impression d’avoir été affecté par son premier demi-échec électoral qu’a constitué l’obligation de se soumettre à un second tour après avoir manqué sa réélection de seulement 11 000 voix sur un total de 12 millions de suffrages exprimés. Élu pour la première fois en 1990 à la faveur d’une situation politique complexe qui fit de lui «l’homme providentiel» des déçus de la politique et de la gauche, il s’est imposé dix ans après comme une figure marquante mais contestée de l’histoire du Pérou et de l’Amérique latine. Quand il entamera probablement son 3e mandat le 28 juillet prochain (jour de la Fête nationale), il sera le plus ancien chef d’État en exercice du continent après le président cubain Fidel Castro. Il a déjà commencé à acquérir une stature régionale en résolvant deux contentieux frontaliers séculaires avec l’Équateur et le Chili, et en entretenant de bonnes relations avec le Venezuela et Cuba. La pression et les critiques de la communauté internationale dont il est la cible ne peuvent que le conforter dans cette image dans un sous-continent toujours très «antigringo». Dans un entretien accordé la semaine dernière, il avait confié que les situations difficiles n’étaient pas pour lui déplaire. Cependant, le président sortant écarte l’idée que les conditions de sa réélection puissent provoquer une crise durable dans les relations entre son pays et les États-Unis et quelques pays européens. « Le plus latin des Japonais » Né le 28 juillet 1938, jour de la Fête nationale, de parents japonais modestes arrivés depuis peu au Pérou, il se veut, lui «el chino» (terme familier qui désigne tous les immigrés asiatiques), aussi péruvien que les «cholos» (les Indiens et les métis). Il n’hésite pas dans ses meetings, tous organisés dans les quartiers populaires, à flatter la fibre nationale de son auditoire. À l’occasion de cette campagne électorale menée tambour battant, il a inventé un nouveau style de discours et de communication politique. Au lieu de faire un exposé sur son bilan et ses projets, il entrelarde ses propos, menés sur un ton de conversation banale, de pauses de «techno-cumbia», un genre musical qui fait fureur dans les banlieues pauvres. Quand il parle de lui, c’est toujours à la 3e personne. «El Chino (…)», dit-il en s’adressant à la foule, «(…) vous le savez, lui, il tient parole. Il fait ce qu’il dit. C’est pour cela qu’il ne fait pas plein de promesses comme les autres candidats qui ne sont jamais venus ici vous voir. C’est en travaillant ensemble que nous allons bâtir ce pays», aime-t-il à répéter. Réputé austère, travailleur, obstiné, ceux qui l’ont approché affirment qu’il sait être gouailleur et taquin. Ils disent qu’il est «le plus latin des Japonais».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président péruvien, Alberto Fujimori, se décrit lui-même comme l’homme «dont la main ne vacille jamais» dans les moments difficiles, ajoutant qu’il est en outre «méthodique et calculateur». Reconduit à la tête de l’État pour un troisième mandat consécutif de cinq ans, il a confié qu’il considérait la politique avant tout «comme un jeu d’échecs». Soumis à une très forte pression internationale, notamment de la part des États-Unis et de l’Organisation des États américains (OEA) qui a finalement renoncé à sa mission d’observation estimant que le processus électoral n’était «ni libre, ni juste», il ne s’est jamais départi de son apparence impassible, un peu comme si tout cela ne le concernait pas. À aucun moment, il n’a non plus donné l’impression d’avoir été affecté par son...