Une croissance du PIB en baisse de 7,2 % en 1999, une inflation de 20 %, un chômage supérieur à 15 % et plus de 80 % de pauvres sont les principaux défis auxquels le président vénézuélien Hugo Chavez, qui remet son mandat en jeu dimanche, est confronté. «Il faut admettre qu’il y a une profonde récession au Venezuela et que le chômage est l’un des plus élevés du continent. Mais c’est la conséquence de la crise économique de ces 20 dernières années», argue le chef de l’État. Le pays, où le salaire minimum est d’à peine 183 dollars et qui a connu des inondations meurtrières en décembre dernier, est engagé «dans une guerre pour survivre». Mais il est «sur la bonne voie», a affirmé Hugo Chavez, en mettant l’accent sur une amélioration des indices macroéconomiques au premier trimestre 2000. Selon les statistiques officielles, l’inflation est passée de 29,9 % en 1998 à 20,1 % en 1999 et le déficit budgétaire a été ramené de 7,4 % à 2,8 %. La croissance, qui a chuté de 7,2 % l’an dernier, atteignait 0,3 % au premier trimestre, réactivée par les activités non pétrolières, dont les télécommunications. Le pétrole, avec une production de 2,7 millions de barils/jour, représente 25 % du PIB et 80 % des ressources en devises du pays. Pour l’ensemble de l’année 2000, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance positive de 3,2 % et une baisse de l’inflation à 18,6 %. Néanmoins, le secteur privé se montre pessimiste, reprochant à Hugo Chavez de délaisser la gestion économique au profit des discours politiques. Le Conseil national du commerce et des services (Consecomercio) estime ainsi que le chômage réel est supérieur à 20 % et que le travail clandestin fait vivre 53 % de la population active. «Le président doit réviser sa politique économique», affirme Vicente Brito, président de Fedecamaras, principale centrale patronale. Selon lui, les résultats de la première année au pouvoir de Chavez se sont traduits «par 500 000 chômeurs de plus et la faillite d’environ 20 000 entreprises au niveau national». Janet Kelly, analyste de l’Institut des hautes études de l’administration (IESA, indépendant), souligne que l’économie a connu en 1999 «une profonde récession avec peu de signaux de reprise». Il semble toutefois y «avoir des petites lumières au bout du tunnel» avec «une légère augmentation de la vente automobile, de la consommation d’électricité et du commerce», ajoute-t-elle. Selon Miguel Perez Abad, président des patrons de l’industrie (Fedindustria), l’économie est «totalement arrêtée». «Nous avons eu 14 mois d’importante action politique, mais l’agenda économique est en retard», souligne-t-il. Francisco Arias Cardenas, principal rival de Hugo Chavez à l’élection, reprend largement ce discours. Dans son programme, l’ancien compagnon d’armes du président met l’accent sur la réactivation de l’économie et s’est engagé à «réorienter une révolution où l’on parle moins et agit plus». Bien qu’en tête des sondages, le chef de l’État a senti la menace. «À partir du 28 mai, j’oublierai élections, référendum, nouvelle constitution et je me mettrai à travailler au processus socio-économique», a-t-il assuré. En présentant lundi son programme de gouvernement, il a estimé que ses idées avaient été «peu comprises et déformées» par les analystes économiques. «Nous devons construire sur les ruines dont nous avons hérité», s’est défendu Hugo Chavez en promettant un «développement réel, et non spéculatif, un modèle économique basé sur une conception humaniste».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une croissance du PIB en baisse de 7,2 % en 1999, une inflation de 20 %, un chômage supérieur à 15 % et plus de 80 % de pauvres sont les principaux défis auxquels le président vénézuélien Hugo Chavez, qui remet son mandat en jeu dimanche, est confronté. «Il faut admettre qu’il y a une profonde récession au Venezuela et que le chômage est l’un des plus élevés du continent. Mais c’est la conséquence de la crise économique de ces 20 dernières années», argue le chef de l’État. Le pays, où le salaire minimum est d’à peine 183 dollars et qui a connu des inondations meurtrières en décembre dernier, est engagé «dans une guerre pour survivre». Mais il est «sur la bonne voie», a affirmé Hugo Chavez, en mettant l’accent sur une amélioration des indices macroéconomiques au premier trimestre 2000. Selon les...