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Actualités - Chronologie

5500 libanais réfugiés en Israël : amertume et inquiétudes

Israël a affirmé hier avoir donné refuge à 5 500 Libanais, qui ont fui leur pays par crainte d’être jugés pour avoir «collaboré avec l’ennemi». Des membres de l’ALS ainsi que leurs familles, quelque trois mille au total, sont entrés hier en Israël. Face à l’affluence, on annonçait l’installation d’un deuxième campement, composé de 300 tentes, en contre-bas du Mont des Béatitudes. Mardi déjà, plus de 2 500 membres de la milice et leurs familles avaient franchi la frontière et avaient été dirigés vers Amnoun (nord d’Israël), décrété «zone militaire fermée». Les ex-miliciens de l’ALS se sont enfuis par crainte de représailles, alors que des centaines d’autres se sont rendus au Hezbollah, notamment à Marjeyoun et à Hasbaya. Sur la situation des Libanais réfugiés en Israël, l’AFP rapporte les témoignages suivants : À Amnoun, une berge du nord-est du lac de Tibériade, terrain des miracles de Jésus-Christ, où il y a deux mois la grande messe du pape Jean-Paul II a été célébrée, des milliers de Libanais, toutes confessions confondues, se sont rassemblés. C’est la première fois depuis la création d’Israël en 1948 qu’un exode se fait en sens inverse et que l’État hébreu accueille des réfugiés arabes. En moins d’une journée, la tranquille plage d’Amnoun – «habituellement fréquentée par les célibataires», selon les voisins – s’est transformée en camp de réfugiés. Beaucoup de Libanais ont été logés dans une station balnéaire sur le lac de Tibériade jusqu’à ce que les procédures d’obtention de visas soient terminées. Les yeux cernés par la fatigue, démunis de tout, ils sont allongés, parfois à même la pelouse. Certains sont endormis sous le soleil impitoyable. Il n’y a que 100 chambres à Amnoun et des repas chauds sont apportés aux «invités du jour» par les salles de fêtes des environs. À l’entrée du centre, des policiers bloquent l’accès, au grand dam de Najim Samir, 19 ans, de la localité druze proche de Beit Jan (nord d’Israël). Il cherche «des proches parmi les miliciens et espère y parvenir grâce à un cousin, qui servait jusqu’à la veille dans l’“Unité de liaison” de l’ALS», dit-il. «Ils font peine à voir, laissés-pour-compte, à l’abandon, loin de chez eux», se plaint-il. Une nouvelle vie ailleurs Un officier de l’ALS s’insurge à l’encontre d’un militaire israélien : «Nous avons été vos alliés durant 25 ans, nous avons fui nos maisons et tout laissé derrière nous, et vous êtes sortis sans nous consulter, vous nous avez trahis». Il souhaite rentrer au pays «pour ne pas souffrir en Israël de discrimination». Un autre jeune réfugié affime : «J’en ai ras-le-bol de la guerre. Je veux voir Jérusalem et m’installer au bord du lac». Sylvia, une Juive marocaine de Tel-Aviv mariée à un milicien, qui veut garder l’anonymat, attend une éventuelle autorisation pour entrer à la plage d’Amnoun. Patriote, elle estime que «les juifs ont bien fait les choses» et qu’«Israël n’a abandonné personne, puisqu’ils sont tous là, dorlotés et choyés». Le policier en faction à l’entrée du camp renchérit : «Les réfugiés croient que c’est la fin du monde, mais pour eux la bonne vie va commencer... en Israël !». La veille, un millier de voitures et des centaines d’autobus luxueux de tourisme avaient convoyé les réfugiés au nord d’Israël, du point de passage de la «Porte de Fatima», jusqu’aux abords de Kfar Nahum (la Caphärnaum biblique). Deux heures de trajet, pour certains en larmes. Chacun des réfugiés a été soumis à un strict contrôle d’identité. Israël craignait que des éléments hostiles, voire des activistes du Hezbollah, ne s’infiltrent parmi eux. Il est photographié et ses coordonnées personnelles sont enregistrées. Il reçoit ensuite un «visa de tourisme» l’autorisant à travailler en Israël, en attendant que son statut soit fixé. Le porte-parole du ministre israélien de l’Intérieur a affirmé que «les réfugiés, membres de l’ALS, et leurs familles, auraient un visa de tourisme mais qu’ils bénéficieront d’un permis de travail». «Ils ont reçu des visas d’un an pour avoir le temps de décider s’ils veulent rester en Israël ou au Liban ou bien commencer une nouvelle vie ailleurs. C’est à eux de choisir», a-t-il dit. «Aujourd’hui, nous avons l’obligation morale et nationale d’aider ces gens qui ont combattu à nos côtés, durant 25 ans, contre le Hezbollah pour prévenir les attaques contre les localités du nord d’Israël», a souligné dans un communiqué le ministre israélien de l’Éducation Yossi Sarid. Il a indiqué que son «ministère avait des plans pour leur offrir des cours de langues et pourvoir à l’éducation des enfants».
Israël a affirmé hier avoir donné refuge à 5 500 Libanais, qui ont fui leur pays par crainte d’être jugés pour avoir «collaboré avec l’ennemi». Des membres de l’ALS ainsi que leurs familles, quelque trois mille au total, sont entrés hier en Israël. Face à l’affluence, on annonçait l’installation d’un deuxième campement, composé de 300 tentes, en contre-bas du Mont des Béatitudes. Mardi déjà, plus de 2 500 membres de la milice et leurs familles avaient franchi la frontière et avaient été dirigés vers Amnoun (nord d’Israël), décrété «zone militaire fermée». Les ex-miliciens de l’ALS se sont enfuis par crainte de représailles, alors que des centaines d’autres se sont rendus au Hezbollah, notamment à Marjeyoun et à Hasbaya. Sur la situation des Libanais réfugiés en Israël, l’AFP rapporte...