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Actualités - Chronologie

L'Asie : un immense terrain de chasse

Du piratage de logiciels en Chine au blanchiment d’argent virtuel dans le Pacifique-Sud, le crime organisé en Asie a vite fait de s’adapter aux nouveaux débouchés que lui offre l’Internet. Un an après «Melissa», l’aventure du virus «ILoveYou» vient de montrer qu’il reste beaucoup à faire en matière de sécurité informatique et de législation. «La croissance exponentielle de l’utilisation de l’Internet va encore étendre le problème, et son caractère international rend nécessaire une coopération internationale», estime Barbara Etter de la police australienne, chargée d’étudier une stratégie pour lutter contre le cybercrime. La principale question avec cette forme de criminalité est d’évaluer exactement l’étendue du problème, ajoute-t-elle. «C’est très difficile à quantifier dans la mesure où les gens qui en sont victimes ne le disent pas, et même parfois ne le savent pas», a-t-elle déclaré. Une récente étude effectuée en Australie montre que 42 % des sociétés qui ont constaté des crimes de ce genre n’en ont pas informé la police. Un autre aspect non négligeable du cybercrime est son impact négatif sur l’économie. Selon une étude de la Citybank, 60 % des consommateurs n’ont pas confiance dans le Net et refusent d’y divulguer les données personnelles de leurs cartes de crédit par exemple, rendant ainsi difficile le développement du commerce informatique. Pourtant, dans le Pacifique-Sud, certains ont vite compris le parti qu’ils pouvaient tirer du e-commerce, et l’on ne compte plus les centres financiers offshore opérant depuis les républiques et royaumes insulaires de la région. Nauru, minuscule république du sud-ouest du Pacifique, compte ainsi 400 banques offshore, le plus souvent de simples boîtes aux lettres électroniques, fortement soupçonnées d’être l’un des plus grands centres de blanchiment d’argent de la mafia russe. Le «Dominion de Melchisédech» et le «Royaume de l’Atoll EnenKio», également promus centres financiers offshore, ont franchi un pas supplémentaire : ils n’existent que dans le cyberespace. Profitant de l’ignorance générale, ils arrivent à vendre des obligations, voire des passeports, aux plus crédules. Aux Philippines, l’affaire du virus «ILoveYou» a montré les lacunes de la législation pour poursuivre le cybercrime. La seule parade légale pour poursuivre un «hacker» dans ce pays est le recours à un article de loi théoriquement destiné à réprimer les fraudes sur les cartes de crédit. En Chine, les «hackers» font des ravages sur 40 % des sites Internet. Les pirates du Web ont trouvé avec le piratage des logiciels et des enregistrements musicaux un nouveau débouché, véritable casse-tête pour les autorités et pour la plupart des éditeurs mondiaux de musique. Pékin a bien annoncé en avril une nouvelle législation «antihackers», mais sans donner vraiment de détails. Le Japon, quant à lui, après 16 cyberattaques réussies et 32 000 tentatives contre des sites gouvernementaux, a mis en place un éventail législatif pour lutter contre les «hackers». 247 crimes informatiques ont été recensés dans le pays en 1999, parmi lesquels la diffusion de matériel pédophile – une activité à laquelle ne seraient pas étrangers les puissants mafieux yakuzas –fraudes et pillages de copyright.
Du piratage de logiciels en Chine au blanchiment d’argent virtuel dans le Pacifique-Sud, le crime organisé en Asie a vite fait de s’adapter aux nouveaux débouchés que lui offre l’Internet. Un an après «Melissa», l’aventure du virus «ILoveYou» vient de montrer qu’il reste beaucoup à faire en matière de sécurité informatique et de législation. «La croissance exponentielle de l’utilisation de l’Internet va encore étendre le problème, et son caractère international rend nécessaire une coopération internationale», estime Barbara Etter de la police australienne, chargée d’étudier une stratégie pour lutter contre le cybercrime. La principale question avec cette forme de criminalité est d’évaluer exactement l’étendue du problème, ajoute-t-elle. «C’est très difficile à quantifier dans la mesure...