Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La crise du gouvernement Barak menace de paralyser le processus de paix

Le gouvernement israélien de Ehud Barak tiraillé de toutes parts entre religieux et laïcs est menacé de paralysie pour le processus de paix avec les Palestiniens, estimait hier les commentateurs. Le ministre des Finances Avraham Shohat a parlé à la radio de «crise profonde». «Personne ne sait jusqu’où les choses peuvent dégringoler, le Premier ministre doit trancher, car il n’est pas possible de se demander chaque jour si le gouvernement dispose d’une majorité à la Knesset (Parlement)», a ajouté M. Shohat. Le président du Parlement (travailliste) Avraham Burg a évoqué la «menace d’une anarchie parlementaire, car le gouvernement ne dispose pas d’une majorité, mais il n’y a pas non plus de majorité pour le faire tomber». Le conflit porte sur deux dossiers liés l’un à l’autre : le transfert de plusieurs millions de dollars exigé par le puissant parti ultraorthodoxe Shass pour combler le déficit de son réseau scolaire et le projet de M. Barak de transférer des localités arabes proches de Jérusalem, comme Abou Dis à l’Autorité palestinienne. Sans l’appui du Shass avec ses 17 députés (sur 120), M. Barak ne disposerait plus d’une majorité. Mais le Premier ministre doit également tenir compte de l’aile gauche de son gouvernement menée par le Meretz, un parti laïc (10 députés) dont le chef, le ministre de l’Éducation, Yossi Sarid, a annoncé qu’il ferait sécession si M. Barak cédait aux exigences du Shass. Pour obtenir satisfaction, le chef spirituel du Shass, le rabbin Ovadia Yossef, continuait de son côté à maintenir le suspens sur l’attitude de son parti si la question d’Abou Dis était mise sur le tapis. «Le conseil des Sages de la Torah présidé par le rabbin Yossef ne s’est pas encore prononcé sur Abou Dis», a affirmé le ministre de la Santé Shlomo Benizri. Ce responsable du Shass a averti que son parti «allait rendre la vie amère au Premier ministre» si les crédits n’étaient pas débloqués. M. Barak a donné son accord de principe, mais la somme n’a pas encore été débloquée. Selon le commentateur de la radio, M. Barak entend obtenir au préalable l’engagement formel du Shass qu’il soutiendra désormais le processus de paix, un pas que ce parti refuse de faire en se contentant de promesses. «Nous serons des partenaires fidèles et crédibles lorsque nous aurons obtenu ce qui nous revient», a affirmé le chef politique du Shass Éli Ishaï, ministre du Travail. Pour ajouter à la confusion, des dissensions sont apparues au Parti travailliste lors d’une rencontre samedi au domicile de M. Barak près de Tel-Aviv. Certains ministres souhaitent que M. Barak plie face au Shass, quitte à provoquer un départ du Meretz, tandis que d’autres estiment que M. Barak risque de faire un marché de dupes et que le Shass ne soutiendra pas les initiatives de paix une fois qu’il aura obtenu satisfaction, a indiqué le commentateur de la radio Yoram Dekel. De plus, deux formations de la majorité, le Parti national religieux (5 députés) et Israël Be Aliah (4 députés), un parti russophone, ont menacé de rejoindre l’opposition si Abou Dis était transféré. Les chefs des deux partis Yitzhak Lévy, ministre des Transports et Nathan Chtcharansky, ministre de l’Intérieur, devaient participer à une manifestation organisée lundi par les colons et l’opposition de droite contre les «concessions» du gouvernement aux Palestiniens.
Le gouvernement israélien de Ehud Barak tiraillé de toutes parts entre religieux et laïcs est menacé de paralysie pour le processus de paix avec les Palestiniens, estimait hier les commentateurs. Le ministre des Finances Avraham Shohat a parlé à la radio de «crise profonde». «Personne ne sait jusqu’où les choses peuvent dégringoler, le Premier ministre doit trancher, car il n’est pas possible de se demander chaque jour si le gouvernement dispose d’une majorité à la Knesset (Parlement)», a ajouté M. Shohat. Le président du Parlement (travailliste) Avraham Burg a évoqué la «menace d’une anarchie parlementaire, car le gouvernement ne dispose pas d’une majorité, mais il n’y a pas non plus de majorité pour le faire tomber». Le conflit porte sur deux dossiers liés l’un à l’autre : le transfert de...