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Actualités - Chronologie

Les enfants de Kiorastami crèvent l'écran (photo)

Avec trois films en vitrine sur la Croisette, la jeune génération du cinéma iranien, «enfants de la Révolution» ou «enfants de Kiarostami», qui ont de 20 à 37 ans, crève l’écran au Festival de Cannes. Si la benjamine iranienne Samira Makhmalbaf, 20 ans, est la plus visible avec «Le tableau noir» (“Takhté siah”), son (déjà) deuxième long métrage, le Kurde Bahman Ghobadi (31 ans) a fait forte impression avec «Un temps pour l’ivresse des chevaux» (“Zamani barayé masti asbha”), présenté à la Quinzaine des réalisateurs et qui a décroché le prix de la critique internationale Fipresci (Fédération internationale de la presse cinématographique). Comme Hassan Yektapanah (37 ans), dont le premier film «Djomeh» a été sélectionné par Un certain regard, il a été l’assistant de Abbas Kiarostami, le chef de file du cinéma iranien. Quant à Samira, elle a fait ses classes avec son père Mohsen Makhmalbaf. Comparé aux cinémas italien, allemand, espagnol, le 7e Art iranien, dans un pays qui compte environ 62 millions d’habitants, manifeste une vitalité et un dynamisme assez étonnant avec l’apparition à Cannes du premier cinéaste kurde. «Nous sommes les enfants de la révolution», dit Bahman Ghobadi pour expliquer cette «évolution remarquable». Assistant de Kiarostami pour «Le vent nous emportera», tourné dans son Kurdistan natal, le jeune réalisateur a eu beaucoup de mal à terminer son premier long métrage, malgré un coût modeste de 120 000 dollars environ. La noblesse des enfants «Un temps pour l’ivresse des chevaux» raconte l’odyssée poignante de cinq frères et sœurs orphelins vivant dans les montagnes arides proches de l’Irak, dont l’un, handicapé d’une quinzaine d’années, en parait trois ou quatre. Ses frères et sœurs s’occupent de lui avec une sollicitude et un amour touchants. Pour survivre et payer les coûteux médicaments dont il a besoin, les gosses font des petits boulots, pliés en deux sous la charge de fardeaux énormes. Comme leur père, qui a sauté sur une mine en faisant de la contrebande entre l’Iran et l’Irak, ils attendent la neige pour passer clandestinement la frontière, à la merci d’embuscades tendues par les forces de sécurité. Pour maintenir en vie, quelques mois de plus, le petit infirme, sa sœur aînée accepte de se marier à un Irakien prêt à payer l’opération. Mais arrivés à la frontière, la famille du futur époux refuse d’accueillir le malade et son petit frère repart avec lui dans la neige... «Ces enfants ne jouent pas, souligne Bahman Ghobadi. C’est la réalité, ce n’est pas un jeu. Ils ne connaissent pas le cinéma, ils ne savent pas ce qu’est un film. Le jeune infirme a encore, dit-il, une espérance de vie de deux ans, à moins qu’on ne réunisse l’argent pour le faire opérer en Allemagne». Le titre du film est tiré d’une image gravée dans sa mémoire, celle de chevaux auxquels on fait boire de l’alcool «pour qu’ils traversent les montagnes enneigées et supportent le froid». «Dans notre culture, dit-il, le cheval est un animal noble et cette noblesse des chevaux, c’est aussi celle de ces enfants». Le réalisateur a mis deux ans pour tourner, avec une équipe d’amateurs, ce film à la beauté saisissante car il tenait absolument à avoir des paysages de neige et que le moment venu il n’avait plus assez d’argent. Bahman Ghobadi est par ailleurs acteur dans «Le Tableau noir» que Samira Makhmalbaf a également tourné dans le Kurdistan. Il joue l’un de ces instituteurs qui errent à pied sur les sentiers rocailleux des montagnes lunaires, à la recherche d’élèves qui leur permettront de toucher un modeste gagne-pain. Quant à «Djomeh» de Hassan Zyktazpanh, qui fut l’assistant d’Abbas Kiarostami pour «Le goût de la cerise», Palme d’or à Cannes il y a trois ans, il raconte l’histoire d’un jeune émigré afghan, qui tombe amoureux d’une jeune Iranienne et qui est victime des préjugés.
Avec trois films en vitrine sur la Croisette, la jeune génération du cinéma iranien, «enfants de la Révolution» ou «enfants de Kiarostami», qui ont de 20 à 37 ans, crève l’écran au Festival de Cannes. Si la benjamine iranienne Samira Makhmalbaf, 20 ans, est la plus visible avec «Le tableau noir» (“Takhté siah”), son (déjà) deuxième long métrage, le Kurde Bahman Ghobadi (31 ans) a fait forte impression avec «Un temps pour l’ivresse des chevaux» (“Zamani barayé masti asbha”), présenté à la Quinzaine des réalisateurs et qui a décroché le prix de la critique internationale Fipresci (Fédération internationale de la presse cinématographique). Comme Hassan Yektapanah (37 ans), dont le premier film «Djomeh» a été sélectionné par Un certain regard, il a été l’assistant de Abbas Kiarostami, le...