Issu d’une bataille boursière sans précédent en France, le groupe BNP-Paribas, qui va naître officiellement aujourd’hui lors d’une assemblée générale extraordinaire, s’affiche comme un des tout premiers groupes bancaires européens mais reste encore modeste à l’échelle mondiale. Le nouveau numéro un de la banque française – qui arborera pour la première fois son nouveau logo vert émeraude le 29 mai, à l’occasion du début des Internationaux de France de tennis de Roland-Garros – est d’ores et déjà opérationnel et la fusion s’est réalisée sans problème majeur, reconnaissent les analystes. «La fusion ne marche pas mal et les premiers résultats sont au rendez-vous», note Philippe Léonnard, analyste à la société de Bourse Meeschaert-Rousselle. Le groupe a dégagé au premier trimestre 2000 un bénéfice net de 1,35 md d’euros (8,8 mds FF), soit une hausse de 22,4 % par rapport à la même période de 1999 (sur une base proforma). «La fusion marche bien et rapidement : tout n’est pas rose car il y a des frustrations, mais l’ensemble est tiré vers le haut», commente Philippe Ricarte, analyste chez KBC Securities. La Banque nationale de Paris, elle-même issue de la fusion en 1966 de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie (BNCI) et du Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP), rêvait d’un mariage à trois avec Paribas et la Société Générale. Mais cette dernière, qui y était hostile, a réussi à sauver son indépendance l’été dernier. Reste qu’aujourd’hui, BNP-Paribas, fort de 77 000 hommes, est présent dans 83 pays sur les différents métiers de banque de particuliers, banque d’investissement et banque privée. Outre sa prestigieuse banque d’affaires, Paribas recèle plusieurs sociétés de services financiers spécialisés, dont la pépite du crédit à la consommation Cetelem et les banques à distance Cortal et Banque directe. Ce pôle regroupe à lui seul plus de 12 millions de clients particuliers dans les pays de la zone euro. Quant aux 2 100 agences de la BNP en France – qui prendront progressivement d’ici à la fin 2002 les couleurs du nouveau groupe –, elles entendent bien «capitaliser sur cette nouvelle image», a expliqué Alain Moynot, directeur de la banque de détail en France.
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