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Actualités - Reportages

Nocturnes... Mousbah, libre comme l'oiseau (photo)

Mousbah, oiseau de nuit qui évolue sur les planches d’une boîte – de nuit – célèbre s’envole dans la cage dorée de la notoriété. Oiseau libre, qui a imposé son style, ses préférences et sa danse comme une liberté légitime dont il serait le seul auteur, il échappe à toutes les règles sans jamais battre de l’aile. Mousbah Baalbaki?». Connais pas. Et Mousbah ? «Mousbaaaah Amor», J’adore… (Soupir). Ils sont nombreux, les ladies and gentlemen à se retrouver en fin de semaine au Amor y Libertad pour y écouter de la bonne musique live et regarder, que dis-je, admirer Mousbah épouser la scène pour quinze minutes d’union libre. Il a la musique dans le sang, la danse dans les veines… Lorsqu’il parle, lorsqu’il marche, il danse déjà. Expressions qui lui viennent du ventre et puis du cœur. Qui lui viennent de partout. Tenue de jour Mercredi. 19 heures. New York. Un café où Mousbah se sent chez lui. Un moment où il se sent bien ; la nuit et ses prémices l’inspirent. Ses grands yeux qui semblent tout saisir – surtout dans le noir – et son sourire éclatant illuminent le coin sombre qui l’attend. Un subtile parfum souligne sa présence. Casquette sur la tête, sweat, jeans et tennis, Mousbah Baalbaki est en tenue de sport, loin des costumes de scène spécialement conçus par et pour lui. Il a sa propre façon d’entrer dans ce café, un peu comme s’il entrait en scène ; avec cette même élégance. Quand il se déplace dans ces lieux où tout le monde le connaît, il glisse et navigue de table en table, entraînant dans sa danse son mètre quatre-vingts et son corps parfaitement balancé. Mousbah se met enfin à parler, ses mains prennent alors la relève. «Je n’aime pas le jour, le bruit, les embouteillages, la lumière. Le soir, tout semble plus calme, plus romantique et beau». Mousbah est né – une nuit – de 1972, «après deux sœurs», a fait des études en «communication art» au BUC, esquissé ses premiers pas sous les projecteurs des défilés de mode, avant de renaître une deuxième fois dans les boîtes à danser, et surtout le B018 dont il devient un habitué. Les premières fois, il se lève timidement danser. «Je ne savais pas alors que j’étais un danseur et que j’en ferais un métier !» puis, de moins en moins timidement, transformant sa table en piste de danse ; autour de ses premières planches, le cercle ne cesse de s’élargir. À 1 heure trente du matin, les vendredis et samedis, il fait une apparition insolite, comme un serpent sorti un moment de son panier au son d’une musique ensorcelante, pour le devenir à son tour. Tour de magie... remarqué par Michel Eleftériadès, producteur de spectacles et propriétaire du Amor y Libertad. «Il m’a engagé quelques mois plus tard». Depuis ce jour, Mousbah est – «en tenue de ville» – rédacteur de mode pour le magazine Society. Et se prépare corps et âme pour ses apparitions scéniques, ses «une heure trente du matin, les vendredis et samedis». Pour ce faire, un programme à suivre. Réveil vers midi. (Soupir. Sourire). Nescafé – Jogging pour rester en forme. Boulot. Répétitions deux fois par semaine. Et régime alimentaire à respecter. (Gros soupir). «C’est un problème, j’adore manger et je me prive beaucoup !». À partir de lundi, il pense déjà à son habit de scène – et angoisse. Choisit les tissus, les accessoires, invente des modèles et dépose ses idées et ses attentes chez son couturier personnel. «Sur scène, je peux être excentrique, car c’est un espace où je suis libre. Je présente de l’art à des gens venus spécialement me voir. Je leur dois d’être parfait». Mousbah assis derrière une table danse encore des yeux, des mots… Chorégraphie murmurée, «j’aime la danse pour la danse. Et puis accrocher le regard des gens. C’est important de séduire sans être vulgaire». Défi difficile, pour un homme dans une société orientale, défi relevé puisqu’il prépare un CD et un vidéo-clip, Ana Ismi Mousbah (je m’appelle Mousbah) produits par Michel Eleftériadès et prévus pour le mois de juin figure dans des documentaires tournés pour des télévisions étrangères, répond enfin aux questions de revues internationales. Tenue de soirée Samedi. Une heure 29 du matin. La salle est pleine à craquer, flottant dans une ambiance moite de cigarettes à moitié consommées, de verres à moitié vides. Les noctambules impatients sont réunis autour des tables alignées au pied de la piste, trône d’un roi qui se fait attendre, une longue minute encore. Une heure 30, «mesdames et messieurs, ladies and gentlemen, saidati sadati, dit le présentateur d’une voix allant en crescendo, the one and only, Moooousbaah!» Applaudissements suivis d’un court silence. Même les glaçons – qui fondent – disparaissent en silence. Musique. Mousbah apparaît enfin, sorti des coulisses de nulle part, venu d’ailleurs. Un bras – infiniment long – qui se tend, des doigts qui dévoilent un à un son regard maquillé, rendu mystérieusement inaccessible. Chemise en soie blanche, pantalon serré noir et veste en léopard, le danseur étale son corps sur la scène offerte. Mime qui bouge du ventre, des hanches, le geste saccadé, découpé ou brusquement lisse comme des vagues sur le sable, il ne voit plus personne, n’entend plus rien. Les plus audacieux se lèvent, des femmes, surtout, et s’approchent de la scène jalousement protégée par un tendre colosse, Ibrahim. «Sur scène, je ne vois plus rien. Je suis parti… Je ne suis pas insolent, mais je n’ai pas honte. Je dégage ma frustration». Durant quinze minutes lourdement comptabilisées, car si courtes, Mousbah se livre corps et âme, pour une représentation unique, «chacune de mes apparitions est une chorégraphie particulière. Chaque semaine, je porte un costume différent. Je danse autrement». Bras et jambes déliées, le magicien hypnotiseur – hypnotisé – est heureux. «J’ai un plaisir à faire plaisir». Le plaisir est partagé. Le danseur-étoile, étoile filante, s’est échappé, laissant derrière lui une traînée de poudre aux yeux éblouis.
Mousbah, oiseau de nuit qui évolue sur les planches d’une boîte – de nuit – célèbre s’envole dans la cage dorée de la notoriété. Oiseau libre, qui a imposé son style, ses préférences et sa danse comme une liberté légitime dont il serait le seul auteur, il échappe à toutes les règles sans jamais battre de l’aile. Mousbah Baalbaki?». Connais pas. Et Mousbah ? «Mousbaaaah Amor», J’adore… (Soupir). Ils sont nombreux, les ladies and gentlemen à se retrouver en fin de semaine au Amor y Libertad pour y écouter de la bonne musique live et regarder, que dis-je, admirer Mousbah épouser la scène pour quinze minutes d’union libre. Il a la musique dans le sang, la danse dans les veines… Lorsqu’il parle, lorsqu’il marche, il danse déjà. Expressions qui lui viennent du ventre et puis du cœur. Qui lui...