Les crises se multiplient sur toute l’étendue du continent africain de la Sierra Leone, à l’Ouest, à la Corne de l’Afrique, à l’Est, menaçant de dégénérer en guerres incontrôlables, alors que l’Onu apparaît de plus en plus impuissante à juguler les conflits. La reprise des hostilités en Sierra Leone où quelque 500 Casques bleus sont détenus par le Front révolutionnaire uni (RUF, rébellion armée), les affrontements entre les armées ougandaise et rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et la reprise annoncée des combats entre l’Éthiopie et l’Érythrée risquent de déstabiliser le continent noir déchiré au total par une quinzaine de conflits meurtriers de différentes natures. Cette situation est d’autant plus dangereuse que toutes les tentatives menées tant par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) que par l’Onu pour contenir, à défaut de régler, ces conflits apparaissent désormais vouées à l’échec. Le chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu, Bernard Miyet, a reconnu cette réalité à demi-mots en déclarant mercredi que la mission des Nations unies en Sierra Leone, la Minusil, «traversait une crise». Les rebelles du RUF, qui avaient signé en juillet 1999 un accord de paix avec le pouvoir pour mettre fin à huit années de guerre civile, ont pris près de 500 Casques bleus en otages et fait mouvement vers la capitale, Freetown. Le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a estimé en substance que la communauté internationale, y compris les Nations unies, n’était pas en mesure de rétablir la paix en Sierre Leone et a souligné que cette «guerre ethnico-économique» ne pouvait avoir de «solution militaire». Il a expliqué que les protagonistes «veulent continuer à se battre notamment pour les diamants». Une autre zone diamantifère, Kisangani, troisième ville de la RDC, est devenue un symbole du déchirement entre l’Ouganda et le Rwanda, théoriquement alliés dans leur soutien aux groupes rebelles qui cherchent à renverser le président Laurent-Désiré Kabila. Kampala et Kigali avaient même annoncé lundi, en accord avec une délégation de l’Onu dirigée par l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Richard Holbrooke, qu’ils acceptaient de se retirer de cette région où ils réclamaient le déploiement d’observateurs de l’Onu. Kigali a accusé mardi l’Ouganda de masser des troupes à la frontière commune des deux pays. M. Holbrooke avait entrepris une tournée dans la région des Grands Lacs pour vérifier si les conditions d’un déploiement de 5 000 Casques bleus et de 500 observateurs militaires en RDC, où sept pays au moins sont militairement impliqués aux côtés de la rébellion ou en appui à Kinshasa, étaient réunies. Les risques encourus par la Minusil en Sierre Leone devraient raviver les réticences du Conseil de sécurité de l’Onu à déployer une force en RDC, alors qu’un récent sommet africain, à Alger, avait encouragé une telle démarche en mettant à la disposition de l’Onu des troupes des deux puissances subsahariennes, l’Afrique du Sud et le Nigeria. M. Holbrooke a également dû faire un constat d’échec dans le conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée en avertissant mercredi, à Asmara, que l’Éthiopie et l’Érythrée étaient sur le point de reprendre les combats. «Nous sommes très proches d’une reprise des hostilités. Le déclenchement d’une nouvelle série de combats constituerait immédiatement la guerre la plus importante sur le continent», a-t-il déclaré peu avant son départ de la capitale érythréenne pour New York.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les crises se multiplient sur toute l’étendue du continent africain de la Sierra Leone, à l’Ouest, à la Corne de l’Afrique, à l’Est, menaçant de dégénérer en guerres incontrôlables, alors que l’Onu apparaît de plus en plus impuissante à juguler les conflits. La reprise des hostilités en Sierra Leone où quelque 500 Casques bleus sont détenus par le Front révolutionnaire uni (RUF, rébellion armée), les affrontements entre les armées ougandaise et rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et la reprise annoncée des combats entre l’Éthiopie et l’Érythrée risquent de déstabiliser le continent noir déchiré au total par une quinzaine de conflits meurtriers de différentes natures. Cette situation est d’autant plus dangereuse que toutes les tentatives menées tant par...