Le dollar est resté confiné dans des marges très étroites hier à Beyrouth, dans un marché des changes rendu très calme par le ralentissement de la demande et la réticence de l’offre en cette monnaie, pour la quatrième journée consécutive cette semaine. En effet, la tendance du marché a continué à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL) qui, en maintenant sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de la réticence de l’offre, la devise américaine devait être effectivement négociée au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Pourtant, l’activité est demeurée encore une fois limitée aux besoins commerciaux du marché en cette monnaie, ne dépassant pas au total quelque neuf millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Accès de faiblesse de l’euro et du sterling À l’étranger, l’euro a renoué avec la baisse hier sur les marchés des changes internationaux après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de garder son principal taux directeur (le REFI) inchangé, tandis que la livre sterling tombait sous le seuil psychologique de 1,50 dollar pour la première fois depuis mai 1996. La décision de la BCE de maintenir son taux directeur inchangé à 3,75 % à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs hier a donc pesé sur la tenue de l’euro, alors que les déclarations de son président Wim Duisenberg ont contribué à éviter à la monnaie unique un nouveau plongeon. Selon les cambistes, certains opérateurs, déçus par le statu quo monétaire observé par la BCE, ont estimé devoir vendre un peu d’euros et prendre leurs bénéfices selon leur habitude depuis quelque temps. Pourtant, d’autres opérateurs ont été moins critiques à l’égard de la décision de la BCE, estimant le maintien de ses taux une bonne décision. De plus, le fait que le président de la BCE n’a pas voulu faire de commentaires sur les rumeurs d’intervention a laissé croire qu’il ne s’inquiétait pas de la faiblesse de l’euro, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. Cela d’autant qu’il faisait savoir que les interventions sur les marchés des changes pour soutenir cette monnaie «sont toujours une possibilité». Enfin, l’allusion faite par M. Duisenberg qu’il avait eu des conversations avec son homologue américain Alan Greenspan le week-end dernier lors d’une réunion régulière du groupe des Dix à Bâle (Suisse) sans dévoiler le contenu, est venue aussi alléger les pressions sur l’euro, l’empêchant d’enfoncer le seuil de 0,90 dollar, ont indiqué les cambistes. Cela étant, le billet vert n’a pas pour autant profité du statu quo monétaire européen que du nouvel accès de faiblesse du sterling. Celui-ci est passé sous la barre de 1,50 dollar pour la première fois depuis quatre ans après que le marché eut anticipé une pause dans la politique monétaire du Royaume-Uni contrairement à celle des États-Unis. C’est ainsi qu’à New York, le dollar s’est négocié sur un ton généralement soutenu hier, sauf face au yen, comme suit : – 0,9005 pour un euro contre 0,9065, la veille – 1,5015 pour un sterling contre 1,5055 – 2,1720 DM contre 2,1575. – 7,2845 FF contre 7,2350 – 1,7300 FS contre 1,7195 – 2 150,25 lires contre 2 135,75 – 108,60 yens contre 109,55. Bourse de Beyrouth : marché stable et creux À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été hier à la stabilité, les quelques titres ayant fait l’objet de transactions devaient reproduire leurs derniers cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 67,96 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 155,71 points. Ce mouvement de stabilité s’est déroulé dans un marché creux avec seulement 20 299 actions qui ont changé de mains d’une valeur globale de 119 987 dollars. Wall Street : nette reprise Sur les places boursières internationales, les marchés américains des actions se sont nettement repris hier, après avoir tremblé au cours des trois séances précédentes. Les investisseurs ont repris hier confiance dans les valeurs de la haute technologie et de l’Internet illustrées par le Nasdaq, même si leurs craintes sur la hausse des taux d’intérêt américains n’ont pas été dissipées. Pourtant, l’annonce hier par le département américain de Commerce d’une baisse de 0,2 % des ventes de détail le mois dernier, après une hausse de 0,5 % en mars, a donné aux investisseurs les raisons de penser que les relèvements successifs des taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed) commencent à se répercuter, de même que l’atténuation de l’effet richesse de la Bourse. Cela d’autant que cette baisse des ventes de détail est la première depuis l’été 1998, laissant croire que la volatilité du marché boursier et des taux d’intérêt plus hauts ont commencé à ralentir la consommation, principal facteur de la surchauffe économique. De plus, des analystes ont laissé entendre hier que les boursiers peuvent espérer que les chiffres de l’inflation américaine en avril ne seront pas aussi alarmants qu’ils l’ont été un mois plus tôt et notamment l’indice des prix à la consommation attendu au début de la semaine prochaine et qui avait provoqué le mois dernier le mini-krach du vendredi 14 avril. En outre, les prix à l’importation ont baissé de 1,6 % le mois dernier avec le recul des prix du pétrole, ce qui devrait entraîner un ralentissement de la hausse, sinon un repli limité des prix à la production et des prix à la consommation, estime-t-on dans les milieux financiers. Et d’ajouter que ce phénomène pourrait inciter la Fed, mardi prochain, à ne pas relever son taux directeur d’un demi-point en pourcentage et de se contenter d’une hausse plus modeste. Compte tenu de toutes ces considérations, la haute technologie a été largement plébiscitée par les opérateurs boursiers avec des sursauts de titres qui avaient emmené le marché à la chute sur les trois premières séances de la semaine. Ainsi, Intel, Microsoft et Cisco se sont repris ainsi que Texas Instruments, Motorola et Micron Technologies. Il en est de même des pétrolières qui étaient en hausse et certaines industrielles et pharmaceutiques. En effet, l’indice composite Nasdaq est parvenu à franchir quoique passagèrement le seuil des 3 500 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles faisait un bond d’un plus bas à 10 369,27 points à un plus haut à 10 575,10 points, avant d’afficher en préclôture 10 561,59 points, en hausse de 193,81 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont effacé jeudi après-midi leurs pertes de la mi-journée pour terminer en très nette hausse pour la plupart après le maintien des taux de la BCE et l’annonce aux États-Unis de ventes au détail plus faibles que prévu. Comme l’on s’y attendait, la Banque centrale européenne a annoncé le maintien de ses taux à l’issue de la réunion bimensuelle de son conseil. En clôture, l’indice européen EuroStoxx 50 a gagné 105,92 points, soit 2,09 %, à 5 171,77, tandis que l’Eurotop 300, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a gagné 26,46 %, soit 1,67 %, à 1 610,34. La hausse a atteint 2,38 % pour l’indice FTSE à Londres, 1,95 % à Francfort, 1,88 % à Madrid, 1,86 % à Paris et 1,57 % à Zurich. Les gains sont moins sensibles à Milan (0,96 %), Amsterdam (0,20 %) et Bruxelles. Tokyo : nouvelle et forte rechute La Bourse de Tokyo a clôturé sur une forte baisse de 4,6 % jeudi, sous la barre des 17 000 points pour la première fois depuis sept mois et demi, à la suite du plongeon la veille de l’indice américain à fort contenu technologique Nasdaq. L’indice Nikkei 225 a terminé sur une chute de 819,01 points à 16 882,46 points. C’est la première fois depuis le 27 septembre 1999 que l’indice clôture sous les 17 000 points. Le 27 septembre 1999, l’indice avait terminé à 16 821,06 points. Selon les opérateurs, le recul du Nikkei s’explique essentiellement par le plongeon la veille de l’indice composite américain Nasdaq. D’autres investisseurs ont avancé comme raison la réorganisation de l’indice avec l’entrée de 30 nouvelles valeurs reflétant davantage la «nouvelle économie» et l’Internet. «La raison fondamentale de ce plongeon est l’incertitude sur l’avenir des marchés boursiers américains. Nous sommes entrés dans une spirale dans laquelle les ventes déclenchent d’autres ventes. La chute du Nasdaq a provoqué des ventes massives, surtout de la part des investisseurs étrangers accompagnés des fonds spéculatifs qui ont abandonné les valeurs hi-tech», a souligné Kazue Mayuzumi, analyste de marché senior chez Nikko Securities. Même des titres vedettes comme Sony ou Fujitsu n’ont pas été épargnés par la débâcle. Le groupe spécialiste des investissements en valeurs Internet Softbank mais aussi le géant de la téléphonie mobile NTT DoCoMo étaient en recul. La désaffection n’a toutefois pas été limitée aux valeurs de ce compartiment. «Les investisseurs ont vendu massivement les valeurs technologiques après le plongeon du Nasdaq et cette tendance a contaminé d’autres secteurs comme l’automobile et les actions des maisons de courtage», a indiqué Masaaki Higashida, analyste de marché chez Nomura Securities.
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